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      Critique « High Rise » de Ben Wheatley.

      Avec High Rise, dont la sortie est prévue le 6 Avril, Ben Wheatley atteste de sa maturité cinématographique à travers une adaptation détonnante du célèbre roman éponyme de J.G Balard. Difficile de rester indifférent à ce film que l’on peut aisément ranger dans la catégorie des très bonnes surprises de l’année 2016. 

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      Banlieue londonienne, fin des années soixante-dix. Robert Laing, un élégant médecin à l’insolence anglaise brillamment interprété par Tom Hiddleston, emménage dans une grande tour tout juste achevée qui s’érige au milieu de nulle part. Conçue comme un véritable organe de vie autonome, puisque disposant du nécessaire pour survivre en parfaite autarcie, du supermarché au cabinet médical, et s’organisant selon une hiérarchie sociale symboliquement représentée par les étages, dont les plus élevés sont habités par une bourgeoisie décadente anesthésiée par l’ennui, avec en son sommet le fief de l’architecte Royal de ladite tour, sorte de figure patriarcale divine. Mais le petit microcosme formé dans l’immeuble où se concentre l’intrigue se retrouve aux proies d’une fracture sociale qui très vite créer un véritable clivage entre deux clans, qui se confrontent alors dans un véhément déchaînement de passions. Les habitants sombrent dans une décadence extrême, et leur quotidien se voit rythmé par des émeutes et des fêtes, aussi violentes les unes que les autres, sur fond de corruption, orgies et meurtres sanglants en tout genre.

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      A travers un esthétisme travaillé et épuré sur fond de satire sociale dystopique, High Rise pousse à repenser la place de l’homme dans une société en crise d’autorité. Qu’advient-il lorsqu’une communauté livrée à elle même décide de se soulever? Porté par un jeu d’acteur sincère et juste, l’aspect psychologique des personnages donne une portée toute autre au récit tandis que l’on observe les changements radicaux qui s’opèrent en eux face à une absence totale d’autorité de la sorte. Enfin, un univers visuel explosif mais poétique combiné à ce qu’il faut d’absurde empêcheront le film de sombrer dans le mauvais goût salace. 

      Si les précédents films de Wheatley pouvaient sembler moins aboutis, High Rise s’en démarque clairement en se teintant d’une originalité subtile et d’un humour anglais piquant, qui donne au film une véritable épaisseur tant sur le fond que la forme.

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