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    Critique « Halloween » de David Gordon Green : Michael Myers est bien de retour !

    Après une très longue saga de 10 films, dont John Carpenter est l’instigateur en 1978, Michael Myers est de retour dans un nouveau film sobrement intitulé : Halloween. John Carpenter est de retour à la production, mais la réalisation est donnée à David Gordon Green (Joe). Si Rob Zombie a tenté de rebooter la franchise en 2007 puis 2010 en retournant aux origines du mal, David Gordon Green fait table rase du passé et revient directement après le premier film, comme si tous les autres long métrages n’avaient jamais existé.

    Halloween de retour en 2018

    L’action du premier Halloween prend place en 1978 et met en scène l’affrontement de la jeune Laurie Strode face au psychopathe Michael Myers. 40 ans plus tard ils sont de retours. Michael Myers s’est échappé et compte bien prendre sa revanche. Comme pour les récents retours de franchises comme Alien ou Predator, les studios effacent leurs réguliers dérapages, suppriment ces immondices, pour rétropédaler directement aux origines. En l’occurrence, ici, 8 film passent à la trappe, pour retourner là où tout à commencer, directement après l’immense classique de Carpenter. Les studios américains aiment bien jouer avec notre nostalgie, en offrant des œuvres mélancoliques qui répondent elles-même à leur origine. Halloween est un exemple parfait de la manière dont Hollywood joue avec nos souvenirs et notre capital sympathie. Mais là où parfois cela ne sert qu’à jeter encore un peu plus de discrédibilité sur une oeuvre, Halloween est une réussite totale.


    David Gordon Green offre un très grand rôle à Jamie Lee Curtis en grande forme. Le personnage ne s’est toujours pas remis de son traumatisme de sa rencontre avec le terrible tueur. C’est un personnage vieillissant, une icone fatiguée, au bout de la route, comme Hollywood aime les dépeindre en ce moment. C’est une époque où les symboles s’effondrent et c’est relativement jouissif. Après Logan, ou Han Solo, Laurie Straude va-t-elle rejoindre ces monstres sacrés du cinéma ? En tout cas David Gordon Green présente un personnage principal fatigué, paranoïaque, mais prêt à recevoir le diable. Cette fois Laurie Straude est déterminée à mettre la pâtée à Michael Myers. Jamie Lee Curtis est touchante et imposante dans ce rôle culte qu’elle réinvente, quelque part entre une force brutale et une fragilité psychologique passionnante. Le rapport enfant/mère est parfaitement exploité et démontre comment les démons personnels influencent une éducation, comment la protection peut annihiler le bien être et l’amour. Bref les thématiques abordées sont très réussies. Mais est-ce que cet Halloween fait vraiment peur ?

    Une réussite totale : un des meilleurs retours depuis Mad Max : Fury Road 

    Halloween : la nuit des masques est sans doute le slasher le plus culte de l’histoire du cinéma. David Gordon Green le sait et joue avec cette mythologie. Il la développe, la réinvente sans jamais la dénaturer. Dès le départ quand le fameux masque de Michael Myers est de retour, dans une scène visuellement impressionnante, premier aperçu du meurtrier, les frissons parcourront l’échine des amateurs du cinéma horrifique de Carpenter. Le tueur psychopathe est bien de retour. David Gordon Green offre une réalisation textuellement sublime. Il magnifie ce méchant culte, lui redonne un blason, lui offre ses instants les plus violents et le délivre de tout sentimentalisme. Froid et précis, Michael Myers est une masse que rien n’arrête, inébranlable et inflexible, rien ne l’émeut, rien ne le touche, cet individu est abandonnée par toute émotion sauf l’excitation de tuer. Ainsi, Laurie Staude et Michael Myers sont réétudiés, et passionnent totalement. Une confrontation dantesque, où la proie devient prédateur, et où quelques références habiles au premier film apparaissent.


    Finalement la grande force de cet Halloween c’est qu’il s’agit d’un slasher classique. David Gordon Green ne cherche pas à tomber dans la surenchère ou à proposer à tout prix des nouveautés. La saga Halloween est tellement parcourue par de nombreux navets, que le cinéaste se contente de faire simple : une confrontation violente entre deux antagonistes. Les effets horrifiques ne sont pas ultra novateurs, mais la froideur d’exécution est crispante. Le long métrage n’est pas effroyable, la peur est d’avantage primaire. L’esprit du spectateur sait qu’un ennemi mortel se cache quelque part, un prédateur prêt à bondir. Au delà des effets horrifiques c’est cette tension que fait la puissance du film. L’assemblée est en éveil total, les sens affûtés, prêt à être surprise par Michael Myers. C’est cette tension qui permet à Halloween de sortir du lot, et la violence de ses scènes d’action, très réalistes. Bien entendu la photographie du cinéaste est encore une fois splendide.

    Ce nouvel Halloween est une réussite totale et incontestablement le meilleur opus de la saga. David Gordon Green infuse une ambiance pesante et sous tension du début à la fin et mystifie une légende des années 80. Les références à Carpenter ne manquent pas mais le cinéaste parvient à insuffler sa propre vision d’artiste. La nostalgie fait le reste.

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