Critique DVD : Le Grand Jeu, de Nicolas Pariser

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Sorti sur nos écrans en décembre dernier, le premier film de Nicolas Pariser est disponible en DVD et Blu-Ray.

Pierre, écrivain oublié, rencontre Joseph Paskin, qui s’intéresse étrangement à lui. Il se voit proposer une mission par ce mystérieux intermédiaire : celle d’écrire un livre engagé, et va se retrouver plongé dans une magouille politique qui le dépasse.

Pour son premier film, Nicolas Pariser s’entoure d’acteurs de choix, tels que Melvil Poupaud (Laurence Anyways, Un Conte de Noël), André Dussollier (21 Nuits avec Pattie, Tanguy) ou encore Clémence Poésy (Harry Potter) pour retrouver son thème favori : la politique.

Attention, le film n’est pas pas un brûlot, mais plutôt une peinture des mécanismes qui régissent ce monde turbulent. Jamais on ne saura vraiment ce pour quoi Joseph Paskin (inépuisable André Dussollier) se bat, mis à part qu’il veut renverser un ministre, sans prendre en compte ses motivations idéologiques, si toutefois il en a. Mais on sent bien que ce n’est pas le but du réalisateur, qui avait déjà réalisé les courts-métrages « Le Jour où Ségolène a gagné » et « La République », où il n’était pas tant question de défendre les idées de gens de gauche (qui sont pourtant le sujet de ces deux films et maintenant du troisième), mais effectivement d‘analyser, de décortiquer, et de rajouter une bonne part de romanesque.

Le personnage principal du Grand Jeu, interprété par le très bon Melvil Poupaud, est plutôt du genre pessimiste, ou grand idéaliste déçu. Ecrire un livre pour s’engager dans la politique, c’est ce qui va le faire revenir sur le devant de la scène, mais à quel prix ? Simplement redorer son blason, ou attirer le regard de Laura (jouée par Clémence Poesy) ?

Le récit de Nicolas Pariser commence avec une première partie qui s’apparente à un thriller politique, avant de bifurquer vers une bête histoire d’amour un peu regrettable, et de finir sur une course-poursuite un peu bidon il faut bien le dire. Il y a quelques dialogues et quelques scènes dont on sent que le passage de l’écrit au visuel n’est pas des plus heureux, si bien que les acteurs ne savent pas toujours quoi faire (sauf les bons).

En définitive, Le Grand Jeu est un premier film avec quelques défauts, mais qui on l’espère laissera la place à d’autres oeuvres plus maîtrisées. Ce qui ne devrait pas être difficile puisque le long-métrage a reçu le prix Louis-Delluc du premier film. Encourageant pour la suite.

Bac Film sort donc enfin une édition DVD accompagnée de son petit frère Blu-Ray, qui permettent de redécouvrir l’univers de son auteur dans une version correcte (en HD sur le Blu-Ray, bien sûr) et un bande-son étrangement en Dolby 5.1. En plus de ça, Bac nous propose de redécouvrir les premières fictions de Nicolas Pariser, qui chacune montrent déjà son envie de décrire plus que d’expliquer:

Le jour où Ségolène a gagné (13 min) : Retour sur les élections de 2008 à travers la journée d’une militante de gauche, qui se confronte à la conscience politiques des autres. (uniquement sur le Blu-Ray)

La République (30 min) : le Président vient de mourir. La nouvelle n’est pas encore dévoilée que les magouilles politiques pour savoir qui aura quelle place commencent.

Agit Pop (30 min) : Agit Pop, c’est le nom d’un magazine culturel (un peu comme JustFocus, mais en papier) en train de couler (pas du tout comme JustFocus). Pour le dernier jour, il faut boucler le dernier numéro, mais les vieilles querelles resurgissent. Délaissant un temps la politique, le film est absurde mais parvient à rester cohérent (mention spéciale pour les membres de la rubrique Cinéma qui excellent dans le jugement hâtif et dans la rédaction de ‘Top Ten’ en tous genres…)

Un entretien avec Nicolas Pariser, qui nous raconte ses inspirations et son admiration pour les films policiers américains mais aussi son attachement à un esprit et une marque française.