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      Critique DVD « Carol » de Todd Haynes

      Primé au dernier Festival de Cannes, Carol, du réalisateur américain Todd Haynes, se fait le pari de dresser la photographie d’une passion saphique en pleine Amérique des années 50. Si l’académisme guette, la sensualité à la fois contenue et ouatée de l’ensemble et le talent des ses deux comédiennes, Cate Blanchett et Rooney Mara, suffisent pour rendre le film comme l’un des incontournables de ce début d’année.

      LE FILM

      Au sein d’un cru cannois 2015 se faisant l’écho du réveil de la figure féminine (ne serait-ce que dans Sicario avec le personnage d’Emily Blunt ; ou Macbeth voyant apparaitre une Marion Cotillard transfigurée par la haine), la perspective de voir la naissance d’une romance dans l’Amérique des années 50, à la fois ouatée et contenue, entre Cate Blanchett et Rooney Mara paraissait diablement alléchante. Fort heureusement, de ce postulat déjà très vendeur, Carol se nantit d’un réalisateur ô combien confirmé en la personne de Todd Haynes (Mildred Pierce). Si sa popularité n’atteint pas l’égal de ses muses, son CV, qui atteste déjà de nombreux coups d’éclats (on pense à Velvet Goldmine ou I’m Not There) est toutefois représentatif d’un penchant pour les récits donnant cours à l’enfermement et à la captivité.

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      En bref, tout le crédo de ce Carol, qui en confrontant une société américaine puritaine et très pudique face à deux femmes succombant à un amour aux airs d’interdit, esquisse les contours d’une prison, à la fois morale et physique. Magnifiée par une photographie rendant compte du grain caractéristique de l’époque et une musique signée Carter Burwell, rappelant à bien des égards les mélodrames de Douglas Sirk (dont est friand Haynes), le film se plait à représenter non sans piquant une société aux airs de prison dorée, dans laquelle Thérèse (Rooney Mara) essaie tant bien que mal de trouver sa voie et de survivre, la faute à l’opprobre lui étant jetée de par son orientation sexuelle, et qui l’incitera, toutes proportions gardées, à drastiquement évoluer.

      LE DVD

      Forcément, au vu de l’expérience vécue en salle, on attendait vivement sa sortie en DVD/Blu-Ray pour voir si le travail d’orfèvre d’Ed Lachmann (le directeur de la photographie) allait se voir respecté. Et sans surprises, le distributeur TF1 Vidéo a serti le DVD d’une qualité irréprochable, parvenant à restituer le format cinéma 1.85, tout en proposant les pistes audios avec un son 5.1.

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      La case bonus n’est quant à elle pas en reste puisque elle contient plusieurs interviews, ainsi qu’un making off, qui saisit le difficile tournage du film, supposé se dérouler à New York mais tourné en réalité à Cincinnati. On apprendra de ces supports que le tournage fut une expérience hautement sensitive et que le tandem d’actrices, très en phase, a apprécié la collaboration avec Todd Haynes, qu’elles n’hésiteront pas à décrire comme étant quelqu’un de très généreux et à l’immense sympathie.

      Bonus

      – Making-off
      – Interview avec le réalisateur Todd Haynes
      – Interview avec Cate Blanchett
      – Interview avec Rooney Mara

       

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