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      Critique « The Strangers » de Na Hong-Jin

      Réalisé par Na Hong-Jin, The Strangers, est le nouveau film du papa de The Murderer. Le long métrage coréen raconte la vie d’un petit village bouleversée par une série de meurtres insolites. Des histoires de fantômes étranges commencent à émerger de l’inquiétude ambiante.

      Un début inattendu qui prend à contre pied le spectateur 

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      The Strangers suit le quotidien de Jong-Goo, policier quarantenaire, père d’une petite fille. Le petit village dans lequel il habite, est en proie à une terreur nouvelle. Les gens meurent dans des circonstances étranges, la plupart du temps abattus par leurs proches. D’autres voient dans les bois des apparitions terrifiantes d’un homme aux yeux injectés de sang qui se nourrit de carcasses. Jong-Goo se retrouve au milieu de ce foutoir, incompétent et impuissant devant tant de folie. The Strangers est un thriller intense qui lorgne subtilement à la lisière du fantastique. Na Hong-Jin déstabilise constamment son public. Il incorpore au début de son long métrage des cassures comiques inattendues au milieu de séquences inquiétantes. Le public hésite entre le rire et l’inquiétude. Pour souligner l’incompétence de la police et l’impuissance de Jong-Goo, Na Hong-Jin se moque joyeusement des forces de l’ordre, les décrivant comme de véritables incapables, les mettant dans des situations burlesques dignes presque de Charlot. Le public rit, puis s’arrête. La violence est de plus en plus crue, les situations deviennent très tendues, les protagonistes mystérieux, et le danger est omniprésent et non identifié. Na Hong-Jin met son public au milieu d’une véritable jungle, où la réalité et le fantastique se confondent, dans une mise en scène lancinante et inquiétante.

      Un thriller grandiose et oppressant 

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      Le danger semble venir d’un nouvel arrivant au village, un vieil homme japonais mystérieux. Celui-ci va être le principal suspect des différents meurtres. The Strangers a son lot de rebondissements et de twists délectables. Le scénario, brillamment écrit, ballade le spectateur dans des directions mouvantes, changeantes au gré de l’histoire, les surprises vont bon train et le danger survient toujours là où on ne l’attend pas. Dans une Corée traditionnelle, Na Hong-Jin nous offre un réalisme poussé à l’extrême. Ici pas de héros, pas de miracle, pas de hasard, le scénario avance irrémédiablement vers la fin dramatique qu’il laisse présager, le protagoniste se retrouve constamment dépassé par les événements, incapable de dominer les nombreuses fatalités qui l’accablent. Na Hong-Jin parle ainsi de discrimination, punition, péché et religion. Lorsque le long métrage décide de tomber dans la dimension fantastique, Na Hong-Jin pose des questions spirituelles intéressantes, il laisse le choix à son spectateur de croire ou non à ce qu’il se passe sous ses yeux. Il met en avant une Eglise impuissante devant les tragédies qui s’enchaînent, il met en place un véritable combat de croyances et d’instincts, où chaque décision compte et peut s’avérer primordiale. Les personnages ont les nerfs durs, combattent leurs propres doutes pour abattre l’ennemi. Jeu d’échec puissant et acéré, The Strangers offre une conclusion mémorable et une rencontre avec le diable à faire frémir les démons de Conjuring.

       

      Sublimé par une mise en scène grandiose, The Strangers est un thriller obsédant, profond, terriblement froid et violent. Les personnages passionnants sont interprétés par des acteurs convaincants, et Na Hong-Jin signe un long métrage intelligent et transcendant jusqu’à un final absolument renversant.  

       

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