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      Critique de Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, nouveau Burton

      Miss Peregrine et les Enfants Particuliers fut annoncé comme le grand retour de Tim Burton. Porté par Eva Green et Samuel L Jackson, le long métrage raconte comment un jeune enfant va entrer dans un monde parallèle encré dans le passé et rencontrer des individus doués de particularités significatives.

      Un retour aux sources ?

      Miss Peregrine

      Avec ces dernières années des longs métrages moins personnels et d’une qualité moindre, Tim Burton s’est attiré les foudres de ses fans de la première heure. Avec Dark Shadows ou Alice au Pays des Merveilles, le cinéaste s’est éloigné de ce qui caractérisait si bien son univers dominé par des œuvres comme Big Fish, Beetlejuice et bien évidemment Edward aux Mains d’Argent. De retour en demi-teinte l’année dernière avec Big Eyes, Miss Peregrine était le moyen pour Burton de renouer avec son monde perdu.

      Pari réussi ? Hé bien oui et non. Le roi du gothique tente effectivement un retour aux sources en présentant une histoire qui coïncide complètement avec son esprit déjanté. Avec cette adaptation d’un livre sorti en 2011 signé Ransom Riggs, Burton peut effectivement jouer avec son imaginaire en présentant un monde féerique, poétique, gothique et inquiétant peuplé de monstres et d’individus particuliers en tout genre. Que ce soit dans l’esthétique des personnages très simple et à la fois si complexe, directement issue de l’imaginaire collectif, dans les décors colorés, délabrés, en parfaites adéquations avec le traitement de l’histoire et enfin dans l’image, une photographie somptueuse magnifiant une esthétique recherchée, Miss Peregrine rempli son cahier des charges. Incorporant une discrète romance entre deux individus que tout oppose à la manière de Edward aux Mains d’Argent, Burton cherche clairement à renouer avec ses démons passés et retourner dans son univers particulier. Et le maître y parvient à de nombreuses reprises à travers par exemple le design des méchants, les Sépulcreux, véritables apparitions démoniaques, à travers les techniques de réalisation cherchant à récupérer un réalisme poussé à son maximum comme l’affirme Frazer Churchill, le superviseur des effets visuels, qui a aidé à créer l’apparence unique des Sépulcreux, en se basant sur des images de grandes silhouettes émaciées dotées de dents acérées, de petits yeux, d’une peau à l’apparence maladive et dépourvues de visage :

      « Le tout ressemble à un cauchemar d’enfant. Cela a constitué le point de départ pour la conception visuelle. Nous voulions que les Sépulcreux ressemblent encore un peu aux humains qu’ils avaient été dans le passé. Ils sont juste assez monstrueux pour être effrayants ».

      Un Sépulcreux
      Un Sépulcreux

      Burton offre également une palette de personnages assez prenants et surtout interprétés par des comédiens de talent. D’abord Miss Peregrine, cassante, autoritaire et déterminée, elle est également compréhensive, protectrice et compatissante. Eva Green parvient à transfigurer ce paradoxe avec beaucoup de verve et de classe, notamment par des jeux de regard séduisants et transcendants. Vient ensuite le grand méchant de l’histoire, Mr Baron, interprété par Samuel L Jackson, toujours très fidèle à lui-même dans un jeu où se mélangent hargne, classe, malice et talent brute. Il fait de son personnage un méchant drôle, charismatique et inquiétant en quelques mimiques et rictus propres à son style, appuyés par des dialogues savoureux. Quant au jeune héros de l’histoire, c’est Asa Butterfield, 19 ans, qui prête ses traits, ayant déjà auparavant fait ses preuves dans Hugo Cabret de Scorsese et La Stratégie Ender face à Harrison Ford.

       

      Des défauts persistants ?

      Eva Green
      Eva Green

      Burton s’est tourné depuis quelques années vers un cinéma d’avantage dicté par le divertissement. Depuis Charlie et la Chocolaterie, ce cinéaste s’est légèrement enfermé dans une paresse qui se ressent parfois dans ses films. Mal introduites, certaines situations font pâles figures, à la limite du ridicule. Miss Peregrine ne fait pas exception à la règle puisque Burton fait entrer son héros dans l’autre monde de manière légèrement abstraite, sans véritable explication. De même la présentation des personnages et la manière dont il les exploite demeurent légèrement décevantes de par leur simplicité déconcertante. De même Burton se perd dans ses paradoxes temporels, ne posant pas suffisamment bien la situation pour que l’auditoire ait toutes les cartes en mains.

      Reste que Miss Peregrine et les Enfants Particuliers est un divertissement haut de gamme, jouant habilement avec les clichés et l’imaginaire collectif. Agrémenté çà et là de quelques prouesses visuelles somptueuses, telle que la chute de la bombe et le retour en arrière accrocheur, ou le combat final entre une armée particulière et les Sépulcreux, scène complètement jouissive, à la fois drôle et bad-ass, Miss Peregrine et les Enfants Particuliers est un joli conte pour des enfants qui se sentent en marge de leurs camarades. Une manière idéaliste d’expliquer que leur monde va évoluer, que la maturité leur apportera délivrance et assurance.

       

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