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      Critique de La Folle Histoire de Max et Léon

      La Folle Histoire de Max et Léon fût présentée par certains comme la comédie française de l’année. Réalisé par Jonathan Barré, le long métrage a surtout suscité l’engouement pour ses deux interprètes : David Marsais et Grégoire Ludig, connus pour leur sketch sur Youtube sous le nom du Palmalshow. Situant leur intrigue pendant la seconde guerre mondiale, le film suit deux feignants cherchant à éviter les ennuis coûte que coûte, sans toutefois y arriver. 

      Un long métrage qui peine à démarrer mais parvenant à trouver son identité :

      Durant les vingt premières minutes, le spectateur va se demander ce qu’il fait dans la salle, ce qu’il est en train de regarder. Le long métrage peine effectivement à se lancer. Les premiers instants sont réellement pénibles. Les vannes ne fonctionnent pas, l’humour puéril des deux compères s’exprime sans trouver sa cible, se perdant dans des mimiques, gestuelles et disputes complètements obsolètes. Une manière pour David Marsais et Grégoire Ludig d’introduire leurs personnages pour les non-initiés. Pour autant, les adaptes de leurs sketchs s’ennuieront devant un humour vieille France. Les enjeux, les décors, et les personnages sont introduits de façon formelle et à grand coup de références lourdes sur la situation sociale, culturelle et idéologique de l’époque. Ainsi La Folle Histoire de Max et Léon rame et n’a rien de folle ? bien au contraire. A force de changement de situations, de contextes, de décors, de personnages et de costumes, David Marsais et Grégoire Ludig finissent par trouver leur rythme de manière étonnement juste. Aidés par des personnages secondaires, pour certains savoureux, et les caméos en tout genres de Kyan Khojandi, Bernard Farcy (le commissaire de Taxi), en passant par Nicolas Marié, David Marsais et Grégoire Ludig se retrouvent plutôt bien entourés. C’est surtout là que l’écriture de leurs blagues, le comique de situation et quelques répliques commencent à être pertinents. Ainsi le Palmalshow nous offre quelques instants de bonheur à l’image de la scène où ils se retrouvent sous THC, bien pensée et réellement cocasse, ou encore l’accélération de rythme lors de l’évasion de la prison. De même, le caméo inattendu de Kad Merad dans sa fausse série de l’époque entraîne un fou rire incontrôlable. Pour autant le schéma de Max et Léon demeure ultra classique.

      Un film très académique qui manque de folie :

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      La Folle Histoire de Max et Léon prend un acte narratif très simple, reposant sur un scénario tout cuit et quelque peu pompé sur La Grande VadrouilleDavid Marsais et Grégoire Ludig jouent avec le comique de répétition, disséminant ça et là des vannes récurrentes. L’évolution des protagonistes apparaît aussi très formaliste. Il s’agit là d’un traditionnel changement de l’égoïsme des personnages enfermés dans leur confort, qui vont devoir sortir de leur condition et s’adapter aux situations afin de donner de leur personne pour le bien commun. Evolution classique qui passe par toutes les étapes des Budy movie : personnages opposés qui se complètent, traditionnel déchirement avant réconciliation (même si pour le coup cette partie est très courte), final héroïque… La Folle Histoire de Max et Léon, est très simpliste dans son armature : simple enchaînement de flashs-back comiques avant de tomber dans une seconde partie plus « héroïque ». Le final demeure très décevant, se traduisant par sauvetage bancal des personnages secondaires par nos héros, fade et insipide. Le Palmalshow finit par en faire trop et se perd dans ses propres rouages. La lourdeur prend le pas sur le talent, et le long métrage passe d’une envolée comique prenante à une conclusion formatée et en manque cruelle d’originalité.

      La Folle Histoire de Max et Léon parvient à se créer une identité propre, très second degré, un mélange d’absurde et de comique de situation très encré dans l’univers qu’ils se sont construits sur la toile. Spontanés et honnêtes dans ce qu’ils proposent, on peut néanmoins remettre en doute la légitimité du long métrage, le duo ne trouvant pas une réelle raison de justifier leur passage au format long et se complaisant dans une écriture rassurante, instituée dans les limites de leurs compétences.

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