Critique "De Gaulle" de Gabriel Le Bomin : un biopic extrêmement académique

Critique « De Gaulle » de Gabriel Le Bomin : un biopic extrêmement académique

Initialement, De Gaulle est sorti le 4 mars 2020. Mais avec une fermeture des cinémas le 13 mars, la durée d’exploitation a été de courte durée. Pour parer à ce manque à gagner, SND décide de ressortir le film dans les salles depuis le 22 juin dernier. L’occasion de revenir sur ce biopic de Gabriel Le Bomin.

Gabriel Le Bomin s’est récemment illustré à travers Nos Patriotes ou encore Tout contre elle. Mais avec De Gaulle, il change de registre et propose un biopic très précis sur l’histoire du général. Pour l’occasion, il s’entoure d’un casting quatre étoiles avec Lambert Wilson dans la peau du général De Gaulle, Isabelle Carré dans celui de son épouse Yvonne de Gaulle, ou encore Olivier Gourmet dans les habits du président Paul Reynaud.

Un biopic classique mais précis

De Gaulle ne propose clairement rien de novateur. Gabriel Le Bomin préfère tomber dans le biopic ultra classique, jouant la sécurité et laissant peu de place à la créativité et l’originalité. De Gaulle, c’est un peu la page Wikipédia du général mise en scène. Un film documenté, précis, qui retrace toute une période de la vie de cette grande figure française mais sans aucun zeste de folie. De Gaulle est un film terriblement académique. Difficile de faire plus scolaire tant le film reprend tous les carcans de son genre. La mise en scène est plutôt platonique, ne proposant aucune inventivité.

Critique "De Gaulle" de Gabriel Le Bomin : un biopic extrêmement académique

Bref, vous avez compris le tableau; De Gaulle est un long-métrage précis, pédagogue et informatif, mais extrêmement classique. Gabriel Le Bomin coche les cases du cahier des charges sans réellement réfléchir à la manière dont il peut magnifier son approche esthétique et créative. De Gaulle est, certes, un film soigné, que ce soit dans sa photographie ou dans ce qu’il raconte, mais jamais il ne se dégage de son statut de biopic conventionnel.

Un choix temporel intéressant

Là, où Gabriel Le Bomin est intelligent, c’est dans ce qu’il choisit de raconter. De Gaulle se démarque de ses pairs grâce à la période choisie. Le cinéaste préfère se concentrer sur une petite mais importante étape de sa carrière plutôt que de retracer l’entièreté de sa vie. Et le choix est clairvoyant. Gabriel Le Bomin se focalise sur le tout début de la guerre. Il fait débuter son film en mai 1940, lorsque le conflit s’intensifie. Ainsi, par ce prisme, De Gaulle permet de montrer la monté en puissance du général. Le film permet de raconter comment cette figure politique s’est débrouillée dans une situation aussi complexe. Le réalisateur montre comment De Gaulle est devenue l’icône qu’on connaît aujourd’hui. Ainsi, ce choix de réduire la timeline à cet instant précis du conflit est l’intérêt premier du métrage. C’est grâce à ce détail que le film se démarque un minimum des innombrables autres biopics sur De Gaulle. Préférant donc se concentrer sur une époque funeste qui a pourtant fait grandir De Gaulle.

Quant à Lamber Wilson, il campe un général De Gaulle solide. L’acteur est plutôt convaincant dans les habits de cet homme politique emblématique. Sans en faire trop, Lambert Wilson parvient à trouver le juste équilibre entre son propre style et la représentation universelle de De Gaulle.

De Gaulle est donc un biopic relativement classique mais plutôt efficace. Une reconstitution intéressante, plutôt sage, mais totalement maîtrisée. Lambert Wilson campe un général solide.

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