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      Critique « Vivarium » de Lorcan Finnegan : terrible plongée dans l’uniformisation de notre société

      Vivarium est la claque de cette semaine. Réalisé par Lorcan Finnegan, qui propose ici son deuxième long métrage, le film réunit Jesse Eisenberg et Imogen Poots. À la recherche de leur première maison, ce jeune couple effectue une visite en compagnie d’un mystérieux agent immobilier et se retrouve pris au piège dans un étrange lotissement.

      Vivarium est une petite pépite très créative. Le cinéaste y aborde beaucoup de thématiques relatives au couple et à la société. Le duo est transcendant et porte sur ses épaules un long-métrage intelligent et déroutant, qui vaut assurément le détour.

      L’histoire d’un couple…

      Vivarium est un long-métrage oppressant, un véritable film d’horreur pour tous les jeunes couples qui veulent s’installer. Lorcan Finnegan dépeint l’enfer de l’enfermement, la solitude du couple, à travers un récit ultra créatif. Le cinéaste livre une fable sociale corrosive et lancinante, qui se réfère à de nombreux maîtres du fantastique. Il ne se cache pas derrière une fausse modestie, une fausse subtilité, dès le départ il annonce la couleur. Vivarium est bourré de symboles, d’indices, de faux semblants. Le cinéaste accompagne son spectateur et ce dès le début, lorsqu’il fait un parallèle évident et pourtant intelligent avec le coucou, cet horrible oiseau qui pond ses œufs dans les nids d’autrui. Une métaphore qui en dit long sur le film, de même que son titre, très révélateur.

      Critique Vivarium de Lorcan Finnegan : terrible plongée dans l'uniformisation de notre société

      Par ce procédé, Lorcan Finnegan ne ment pas sur sa marchandise. Il emporte le public dans un film déroutant, asphyxiant et lancinant, presque nihiliste. Un véritable cauchemar, qui dépeint la solitude inhérente à la condition du couple. Il met en place la métaphore de la vie à deux, qui se dirige inlassablement vers l’isolement, la tristesse, la séparation. Par le prisme du foyer, ici matérialisé par des lotissements uniformes, mais également via l’arrivée d’un enfant, ici très étrange, Finnegan met en place tout le florilège des étapes inévitables de la vie de couple. Étapes qui envoient directement le duo à sa perte. En témoigne quelques allégories évidentes, comme le personnage de Jesse Eisenberg, qui creuse sa propre tombe tout au long du film. Bref ! Vivarium est une vision pessimiste et passionnante de l’évolution d’un couple à travers le temps, ici condensée en quelques instants.

      …mais également celle d’une société

      Lorcan Finnegan aborde également l’uniformisation sociétale. Par l’angle du couple, il entre ensuite dans une représentation pessimiste de notre société moderne. Il examine la banalisation et le formatage de nos coutumes, de notre façon de vivre, à travers ces lotissements tous identiques. Véritable labyrinthe contemporain, la critique est évidente : attention à la standardisation de notre société. Et pour ça, il y va des poncifs habituels avec lesquels il joue habillement : pelouse synthétique, nuages tous identiques, maisons homogènes, tout respire le toc. Une manière de mettre en lumière la superficialité de notre monde moderne. Avec ces concepts, le cinéaste n’hésite pas à humblement emprunter à The Truman Show, où Jim Carrey est au centre d’une expérience sociale et humaine. Jesse Eisenberg et Imogen Poots semblent avoir atterri dans le même type d’exercice macabre.

      Critique Vivarium de Lorcan Finnegan : terrible plongée dans l'uniformisation de notre société

      Vivarium n’hésite pas non plus à s’inspirer du classique La 4ème Dimension. Le film se place en digne héritier de cette série culte, qui ne semble avoir aucun secret pour Lorcan Finnegan. Ce dernier lui rend hommage et la modernise avec beaucoup de talent, en offrant un « mind-fuck » presque métaphysique. Avec une approche froide, métallique, presque désincarnée, le cinéaste propose un film très personnel, déroutant et terrifiant de part sa simplicité apparente.

      Un long-métrage qui veut mettre en exergue la manière dont notre société s’endort sans même s’en rendre compte. Démontrer comment elle est endoctrinée par la publicité, par la mondialisation et la globalisation d’une culture entière. Un peuple qui ne réfléchit plus, qui ne contrôle plus rien. Une nation, victime des décisions des puissants, impalpables et pourtant seuls maîtres à bord. Lorcan Finnegan propose un parallèle logique entre son film et l’impuissance des Hommes. Dans cette thématique, le réalisateur rend hommage sans se cacher à L’Invasion des Profanateurs de Sépultures ou à L’Invasion de Los Angeles. Il utilise en effet des figures désincarnées, vides, automatiques, dans la droite lignée des films précédemment cités. C’est évidemment une thématique de grand remplacement, ici, parfaitement traitée.

      Bref ! Vivarium est la claque de cette semaine, qui joue habillement entre horreur, science-fiction, second degré et satire sociale. Un film qui porte à la réflexion, déroutant et passionnant. Une vision désenchantée et nihiliste de notre société, et plus largement de l’existence humaine… 

      Bande-annonce Vivarium 

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