Chill & Cult : découvrez « Drive », thriller sauvage et magnétique, sur Netflix

Chill & Cult : découvrez « Drive », thriller sauvage et magnétique, sur Netflix

Chill & Cult : découvrez « Drive », thriller sauvage et magnétique, sur Netflix

Réalisation

Scénario

Photographie

Acteurs

Summary:
En chauffeur sans nom, Ryan Gosling excelle ; "Drive" parvient à trouver avec son personnage une humilité inédite, dans un thriller violent et envoûtant, à voir absolument.

78%

Furieusement percutant

Défi difficile que de faire un énième film de bagnole en 2011 ; Nicolas Winding Refn ne bouleverse pas les codes du genre avec Drive, mais les réutilise pour en faire un thriller à la fois patient et maîtrisé, porté par un personnage magnétique qui donne à l’oeuvre une humilité inédite. Un film brut et envoûtant, à (re)découvrir sur Netflix.

Drive ne saurait se résumer à une esthétique néo-néon et une BO rétro signée Kavinsky ; dès les premières séquences du film et la première course poursuite, le ton est donné. On est ici loin des blockbusters éreintants, avec des voitures qui enchaînent les cascades improbables et une caméra acrobate : l’image de Nicolas Winding Refn suit avec une simplicité presque déconcertante la première course de notre chauffeur sans nom, et nous embarque dans un silence pesant et un suspens étouffant dans les fins fonds de la ville, de sa ville. Ce chauffeur, brillamment interprété par Ryan Gosling, est dans la lumière du jour un cascadeur de film, et un pilote aguerri ; mais c’est dans l’ombre qu’il prend toute sa profondeur, en homme de la nuit qui épaule des braqueurs en les conduisant hors de danger. 

Lorsqu’il rencontre Irène et son fils, puis son mari qui sort de prison, notre pilote se trouve obligé de sortir de cette ombre, porté par un instinct héroïque de prendre soin de ceux qu’il aime. L’amour croît dans des moments de grâce aussi beaux que silencieux, sur des lumières chaudes et des musiques entraînantes. A partir de là s’installe une dualité, entre romance et violence, entre le chauffeur de l’ombre et l’homme violent. Car si la première heure du film est assez calme et sereine, la seconde enchaîne les scènes enragées et sanglantes, dans un traitement très cru de l’image ; Drive nous laisse comme un goût de sang dans la bouche. La fuite en avant du héros, puis la fuite tout court, sont toujours mises en scène dans des plans qui prennent le temps de poser la situation, qui fascinent par leur lenteur et dans lesquels on attarde notre regard. La photographie, nuancée entre la chaleur des lumières et la beauté froide de la nuit, donne au tout une identité visuelle très forte et captivante, en parfait accord avec le genre.

Drive n’exploite aucune réelle trouvaille, mais réutilise avec une efficacité monstrueuse. Le rythme est sans cesse haletant, même lors des scènes où le temps se pose, et le tout donne à l’oeuvre ce suspens captivant, qui nous tient du début à la fin. Mais la plus grande réussite de Drive tient dans son personnage principal et dans sa manière de mettre en scène son humilité. La caméra ne se lasse pas (et nous non plus) de suivre son héros de dos, de le placer sans cesse au coeur de l’image tout en le laissant dans une ombre qui lui est si familière. 

Cette humilité se ressent dans tous ces moments où ce personnage passe de la lumière à l’ombre, où l’on ne voit plus son visage, pour finir magistralement dans un plan où sa souffrance n’est que plus forte car mise en scène par son ombre elle-même. Même si certaines scènes de la fin sont passées assez rapidement, alors que le spectateur est habitué à cette lenteur prenante, Nicolas Winding Refn parvient à dégager par son oeuvre un traitement inédit de ce genre tellement vu et revu, grâce au charme de son personnage et à la beauté de sa mise en scène.

Drive ne réinvente pas le genre, mais le transforme habilement dans un film tout public très maîtrisé et abouti : les scènes de silence où les regards se croisent précèdent des moments d’une rare violence dans un enchaînement parfait et puissant, et le tout donne à l’oeuvre un rythme impressionnant par sa justesse et son savant mélange entre sa beauté froide et sa mélancolie chaude. A (re)voir dès maintenant sur Netflix.

 

Bande-annonce Drive de Nicolas Winding Refn :

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