Critique « 365 DNI » de Barbara Bialowas : le film Netflix qui fait polémique !

365 DNI est un film dramatique polonais réalisé par Barbara Bialowas. Il est disponible sur la plateforme Netflix depuis le 9 Juin 2020. Adapté du premier livre d’une trilogie écrite par l’auteure Blanka Lipinska, ce film crée la polémique depuis quelques semaines sur la toile. Et pour cause, le film est accusé de promouvoir la culture du viol. Focus ! 

Une oeuvre fastidieuse et mal ficelée

« Massimo est membre de la mafia sicilienne et Laura est une directrice des ventes en Pologne. Cette dernière ne se doute pas de ce qui l’attend lors d’un voyage en Sicile destiné à sauver son couple : Massimo la kidnappe et lui donne 365 jours pour qu’elle tombe amoureuse de lui. »

Voici le scénario du film. Classique et peu novateur, mais dans tous les cas, le film ne prétend pas révolutionner le genre. Et heureusement d’ailleurs. Le scénario est quasi-inexistant et rempli d’incohérences cinématographiques, notamment des faux raccords et des facilités scénaristiques qui peuvent déranger le spectateur lors du visionnage. Pour défendre l’oeuvre, le scénario n’est pas vraiment le point central du film, si tant est qu’il y en ait un. En effet, le scénario, les personnages … Tout est cliché à souhait.

Le film tourne essentiellement autour de deux personnages : Massimo et Laura. Pendant presque une heure, on ne voit qu’eux deux à l’écran. En bref, 365 DNI n’est pas un bon film de cinéma. Malheureusement, ce n’est pas le seul problème.

Des personnages trop clichés et problématiques

Concernant les personnages, nous allons nous concentrer sur les deux principaux : Massimo et Laura.

Commençons par Laura. Son rôle ne se résume qu’à une chose : Massimo. Le personnage n’a aucun fond, elle sert juste de faire valoir sexuel sans aucune logique. On aurait presque envie de rentrer dans l’écran et la raisonner un bon coup. Elle ne vit que pour son ravisseur et cette situation lui sied à merveille.

La réalisatrice nous dépeint la une image controversée de la femme. Soumise, traitée comme un vulgaire bout de viande, peuvent en témoigner les regards insistants de tous les hommes qu’elles croisent.

Ensuite vient Massimo. C’est un mafieux multimillionnaire, plutôt bel homme, très caractériel (limite violent) et qui n’aime pas qu’on lui résiste. Malgré tout ses avantages, Massimo n’est qu’un prédateur sexuel près à séquestrer une femme dans sa demeure pendant 1 an pour qu’elle tombe amoureuse de lui. Des traits de caractères beaucoup trop glorifiés tout au long du film à travers les yeux de Laura.

On nous dépeint un homme dérangé, violent et mégalomane, mais Laura reste à ses côtés (spoiler : elle l’épouse) car il lui paye des belles robes et lui fait découvrir la vie de luxe.

Scène tiré du film 365 DNI

Un film dans l’ère du temps ?

Alors… Par où commencer ? 365 DNI ou 365 Days surfe ouvertement sur la vague des films érotiques à succès. Popularisé par la saga 50 nuances de Grey, le genre connait une forte hausse auprès du jeune public. Si 50 nuances de Grey peut déranger, 365 Days va beaucoup plus loin en faisant clairement l’apologie du viol, de harcèlement et une flopée de mauvais agissements qui gangrènent notre société depuis trop longtemps maintenant.

En regardant ce film, on peut se dire que le but de l’oeuvre est de dénoncer ces agissements en montrant explicitement le problème. Non ! 365 Days est à prendre au premier degrés (malheureusement). Au fur et mesure que les minutes passent, nous faisons face à une succession de malaises. Déjà que le film est mauvais cinématographiquement parlant, il se leste de messages dont on n’avait pas besoin.

Scène tiré du film 365 DNI

Alors que beaucoup de femmes luttent noblement pour faire valoir l’égalité homme femme, dénoncent harcèlement dont elles peuvent être victimes ou encore dénoncent les viols et attouchements qu’elles ont subit (#Metoo, #Balancetonporc…), ce film crache clairement à la figure de la cause féministe.

Dès la première rencontre entre les protagonistes, on fait face à un attouchement de la part de Massimo. En effet, après lui avoir dit qu’il allait la garder 365 jours , il dit à Laura qu’il ne la touchera pas sans son accord… Dit-il la main posé sur son sein. Voila un exemple parmi tant d’autres présents dans le film. Il faudrait songer à expliquer le terme « consentement » à notre ami italien.

Une pétition pour supprimer le film

Alors que le film a cartonné en Pologne le jour de sa sortie et a figuré numéro 1 des tendances Netflix, le film est dorénavant visé par une pétition pour qu’il soit retiré de la plateforme. Après Split, c’est 365 DNI qui se voit au bord de la suppression. En effet, le collectif féministe Soeurcière a lancé l’alerte concernant le film en l’accusant de promouvoir la culture du viol.

C’est étonnant la part de Netflix de proposer un contenu de ce genre. En effet, la plateforme est connue pour son contenu plutôt progressiste et pédagogique pour les jeunes, par exemple la série 13 reasons why. Cependant, tous les goûts sont dans la nature et le film s’est hissé numéro 1 des tendances. C’est donc un joli coup de la part de la plateforme de VOD américaine.

Toutefois, 365 DNI  reste une oeuvre de fiction donc à prendre avec un certain recul. Elle ne marquera pas les esprits cinématographiquement parlant, mais le film à tout de même réussi à faire parler de lui. Le fait que ce soit une oeuvre écrite par une femme et réalisée également par une femme semble montrer que certaines femmes peuvent s’identifier à ce genre d’histoires et fantasmer sur le personnage qu’incarne Massimo. De quoi remettre en cause la vision féministe dépeinte par Hollywood depuis quelques années ? 

A lire également : Tyler Rake, le producteur accusé de viols et de kidnapping. 

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