More
    More

      Chill & Cult : découvrez « The Darjeeling Limited » sur Netflix

      A l’occasion de la sortie de L’Île aux chiens, retour sur l’un des films les plus hauts en couleur de Wes Anderson : The Darjeeling Limited. Voyage initiatique au cœur de l’Inde, ce film peint l’histoire de trois frères dans des aventures à peine croyables et des décors somptueux, le tout rythmé par une superbe BO. A voir et à revoir.

      Un voyage initiatique burlesque et touchant

      Premières images du film : Bill Murray court après le train nommé « The Darjeeling Limited », et le loupe. Déjà tout un symbole pour le réalisateur, qui se sépare de son acteur fétiche (Bill Murray avait joué dans ses trois précédents films, Rushmore, La Famille Tenenbaum et La Vie Aquatique). A la place, c’est Peter (Adrien Brody) qui prend place à bord du train pour rejoindre ses deux frères, Francis (Owen Wilson) et Jack (Jason Schwartzman). Commence alors un voyage à travers l’Inde pendant lequel les trois frères vont réapprendre à se connaître à travers de multiples épreuves.

      On peut déjà noter l’excellent casting, le jeu d’acteur et les dialogues, qui permettent au spectateur, dès les vingt premières minutes du film, de cerner les personnages et de les comprendre. Les trois frères semblent de prime abord différents en tout point : ils ne mangent jamais la même chose, font les prières différemment, sont incapables de se faire confiance. Puis au fur et à mesure du voyage, leur passé commun se dévoile, avec ses douleurs et ses blessures. D’où toute la symbolique de la fuite, montrée de manière évidente par ce train qui ne s’arrête que lorsqu’il est perdu et derrière lequel les protagonistes n’auront de cesse de courir, et de manière moins évidente par la fuite dans la religion, le passé, l’amour ou encore la mort.

      La mort du père est l’élément central de ce voyage. Francis, Peter et Jack n’arrivent pas à grandir sans lui, à dépasser cette peur de vivre sans l’être aimé et de la solitude. Anderson représente ce passé par un élément présent tout au long du film, visuellement comme symboliquement très marquant : les valises du père. On s’en sert pour ranger, cacher, placer des souvenirs, et on finit par les laisser sur le quai, comme des cendres jetées dans les eaux indiennes.

      Wes Anderson, talentueux peintre des images mouvantes 

      La filmographie de Wes Anderson est marquée par son identité visuelle très personnelle, qui joue sans cesse avec les couleurs et la géométrie. The Darjeeling Limited est un pas de plus vers cette esthétique « andersonnienne ». Robert D. Yeoman, son directeur de la photographie, dresse des frises superbement colorées et illuminées durant tout le film, comme des peintures sans fin. Le tout est accompagné d’une merveilleuse BO, que l’émission Blow Up d’Arte met à l’honneur ici.

      Comment évoquer l’image de ce film sans parler des couleurs ? Jaune, bleu et rouge s’entremêlent et se superposent dans pratiquement chacune des images, et confèrent une gaîté inéluctable à la photographie de Wes Anderson. Les longs travellings latéraux, comme autant de peintures qui semblent infinies, ainsi que les nombreux ralentis, racontent ce cheminement initiatique merveilleux ; les lumières crépusculaires et les nuits sombres parcourent poétiquement ces décors géométriques fabuleux.

      On pourrait trouver à chacune des couleurs une signification, et leur donner un sens ; mais pourquoi ne pas se contenter de ce ressenti qu’elles procurent, et de la beauté de l’image ? Attardons-nous juste un peu sur l’usage de la couleur rouge ; cette couleur semble être une représentation comme spirituelle du père, une présence qui accompagne les frères dans ce voyage. Elle est tout d’abord associée au père lors du flash-back, avec cette voiture rouge que Peter veut absolument récupérer ; puis elle suit tour à tour chacun des personnages, avec les colliers de fleurs, le tilak, le carnet de Jack ou même le sang du jeune indien. Finalement, le film se conclut lorsque les frères montent à bord du train nommé « Bengal Lancer », un train orné de rouge et d’orange. Le père est ainsi partout, en tant qu’aide vers l’émancipation et la liberté. 

      Avec The Darjeeling Limited, Wes Anderson nous emmène une fois de plus dans son univers incroyablement coloré et merveilleux, accompagné par des personnages sincères et touchants. N’hésitez pas, et embarquez pour ce fantastique voyage.

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

      Publicité