Chill & Cult : découvrez « American Nightmare » sur Netflix

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Dans un futur pas si lointain, le gouvernement américain a décidé d’autoriser une purge chaque année, permettant à tout citoyen américain d’extérioriser sa haine et de commettre des meurtres pendant 12 heures, sans être inquiété par la justice. American Nightmare nous propose donc un concept original, mais qui débouche sur un film pas génial. Focus !

Une idée de départ terrifiante

Il n’est pas rare de voir des films qui allèchent le spectateur par un concept intriguant avant de le décevoir par ses choix narratifs. American Nightmare, du réalisateur James DeMonaco, fait partie de ces films-là. Le point de départ du long métrage était pourtant idéal pour un film d’horreur : Rendre légal le crime pendant 12 heures était le meilleur moyen pour le cinéaste d’installer une tension permanente chez les spectateurs en les plongeant dans un monde où n’importe qui peut devenir un criminel.

american nightmare the purge ethan hawke

Le film nous raconte l’histoire de la famille Sandin, qui se prépare à la purge comme chaque année. Cette famille, plutôt aisée, n’a aucune tendance meurtrière et dispose même d’une véritable forteresse imprenable, leur maison étant barricadée et très sécurisée. Mais quand le petit dernier de la famille va décider de faire entrer un SDF apeuré chez lui, il signe, sans le savoir, le début de la purge pour ses proches. Le groupe de purgeurs souhaitant tuer le SDF va vouloir le récupérer, sans quoi il s’introduirait dans la maison afin d’abattre toute la famille. Commence alors un cas de conscience où la mort des uns peut faire les affaires des autres.

Un traitement pas à la hauteur

Le pitch de départ laissait à croire que le film allait proposer une critique sociale importante et une diatribe sur la violence aux Etats-Unis. Le film commence directement par une énumération des « bienfaits » de la purge, arguant qu’elle a permise une baisse considérable du pourcentage des crimes sur le sol américain, ainsi qu’un chômage en net recul. Pour une grande majorité des américains dans le film, la purge est nécessaire et bénéfique. Et c’est à partir de cette donnée que le film développe son idée la plus intéressante. Là où le film tente de se démarquer, c’est quand il joue la carte de la dé-conscientisation du crime. Pendant ces 12 heures, commettre un meurtre semble être le remède à tous les maux. Il n’est pas seulement l’expression physique de la rancœur et de la haine d’un individu mais fait finalement aussi les affaires des plus riches et du gouvernement, dont les membres sont d’ailleurs épargnés d’office pendant la purge.

James Sendin, patriarche de la famille visée par des purgeurs, est aussi, de manière indirecte, un des bénéficiaires de la purge annuelle. Vendeur de véritables arsenaux de sécurité haut de gamme, il permet à qui peut l’acheter de se protéger des actes terrifiants de cette nuit. Il a bâti sa richesse principalement grâce à ce concept de purge puisqu’il est le meilleur vendeur de dispositifs sécuritaires. Alors même si il n’éprouve pas le besoin de passer à l’acte, la simple invention de cette nuit criminelle lui permet de mettre à l’abri sa famille. Financièrement tout du moins puisque la mort rôdera quand même dans sa maison.

american nightmare the purge Rhys Wakefield

Mais passé ce constat, American Nightmare nous propose un film d’horreur des plus classiques, un sous-genre qu’on appelle le home-invasion. L’histoire n’est pas des plus originales et c’est en ça que le film déçoit le plus. Le schéma narratif est basique et n’utilise en rien son concept initial pour devenir intéressant. Finalement, cette histoire d’intrus dans une maison a été maintes fois utilisée dans le cinéma d’horreur. 

En tant que film d’horreur pur, il fonctionne plutôt bien avec son lot de jump-scares, passages obligés du genre, mais il n’est pas assez déstabilisant pour le spectateur. La menace est présente certes, mais le déroulement du métrage est sans véritables surprises, ce qui fait que l’artificialité de certaines scènes peut agacer.

On ira pas jusqu’à dire qu’American Nightmare est un cauchemar ou que le film est une véritable purge comme certains confrères critiques, mais il est vraiment regrettable de voir James DeMonaco rendre une copie aussi peu stimulante. Cela reste néanmoins un film d’horreur plutôt correct.