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      Cannes 2016: Les courts métrages en compétition officielle

      Les 10 courts métrages de 15 minutes avaient la chance de concourir pour la palme d’or du film court qui sera remise lors de la Cérémonie de clôture dimanche 22 mai. La sélection officielle compte un seul film français, celui de Felix Moati, et surtout un film espagnol de loin notre favori pour remporter la palme. Voici quelques mots sur ces courts métrages que nous avons vu ce mercredi 18 mai.

      TIMECODE: Film espagnol de Junajo Gimenez
      Time CodeSi ce film mérite le prix, c’est bel et bien par son originalité, car l’entièreté du propos tient dans une série d’enregistrements vidéos (d’un parking sous-terrain) dont la garde est relayée par un homme et une femme. Dans ce lieu surveillé par Luna et Diego qui ne font que se croiser quotidiennement, (il travaille la nuit et elle le jour), elle va lancer la communication par messages interposé grâce aux enregistrements des caméras vidéos. Un jeu de ping-pong qui devient un dialogue visuel et corporel enrichi de danse moderne aussi bien chorégraphiées que sexy. Du placement judicieux de son titre aux plans inventifs et soignés à la perfection, le réalisateur espagnol donne une pleine vie à ce petit bijoux artistique qui est sans conteste notre coup de cœur des courts métrages en compétition.

       

      LA LAINE SUR LE DOS: Film Franco-Tunisien de Lofti achour
      Il donne à voir un grand père et son petit fils arrêtés en compagnie de leurs moutons en plein désert tunisien. Les 2 policiers usent de leur vice pour se faire de l’argent sur le dos de ce paysan gratuitement. Petit film drôle et touchant, tourné dans un lieu unique et agréable à regarder.

       

      DREAMLANDS: Film britannique de Sara Bunlop
      dreamlands cannes 2016Pixie, 17 ans, habite dans une ville côtière d’Angleterre. Avec ses amis, ils parlent de sexe et de relations aussi froides que débridées. Avec l’arrivé de Blondie, le nouveau de la bande, elle découvre que ces relations peuvent générer de nouveaux sentiments. Avec une bande-son électro-pop omniprésente dans un film très soigneux aidé d’une magnifique photographie, on se laisse vite emporter par les aventures de cette jeunesse anglaise en mal de sensations.

       

      IMAGO: Film philippin de Reymund Gutierrez
      Filmé à l’épaule dans les rues pauvres du pays, ce court-métrage se complait à montrer toute la misère d’une femme, proposant ses services pour enterrer des fœtus morts à la sortie des maternités afin de faire vivre sa famille. Entre des images immondes, insoutenables et une esthétique proche du néant, on est vite mal à l’aise et on attend que ça se termine.

       

      LA JEUNE FILLE QUI DANSAIT AVEC LE DIABLE: film brésilien de Joao Paolo Miranda Maria
      Hormis un plan d’ouverture faisant la part belle à la noirceur, difficile de percevoir dans ce long exercice de style suivant le quotidien d’une adolescente entre amis et famille, un quelconque intérêt tant le propos, en plus d’être vide, ne ménage que très peu son spectateur.

       

      APRES SUZANNE: Film français de Felix Moati avec Vincent Lacoste et François Morelapres suzanne cannes 2016
      On aurait pu croire que la France, berceau historique du festival et du cinéma ait quelque chose à revendre sitôt qu’il est question de cinéma. Ça ne sera malheureusement ici pas le cas, la faute à un un court-métrage à l’histoire banale, peu aidé par un format privilégiant à outrance les gros plans, mais heureusement servis par des comédiens en grande forme (mention spéciale à Vincent Lacoste).

       

      MADRE: Film Colombiano-Suédois de Simon Mesa Soto
      Déjà crédité d’une Palme d’Or en 2014 dans la catégorie court-métrage, Simon Mesa Soto s’impose sans surprises comme le grand favori. Et autant dire qu’avec pareil sujet, cela semble pratiquement acquis. Illustrant la détresse sociale et un contexte économique peu flatteur, le court-métrage suit le quotidien d’une jeune colombienne de 16 ans, quittant son quartier  pour aller passer le casting d’un film pornographique. Si la mise en scène, pudique, apporte une certaine originalité à l’ouvrage, dommage que le rythme ne suive pas la cadence et s’enlise dans un classicisme assez lourdaud.

       

      4:15 P.M LA FIN DU MONDE: Film roumain de Catalin Rotaru et Gabi Virginia Sarga
      Dans ce court-métrage, on y retrouve un mystérieux auto-stoppeur qui se révèle être Jésus-Christ, et qui serait revenu sur Terre afin d’annoncer la fin du monde imminente censée survenir à l’heure fatidique énoncée par le titre. 15 minutes avant l’échéance, le pauvre bougre se retrouve embarqué dans une voiture au conducteur très peu chaleureux, qui semble traîner un paquet de remords. Si l’on pouvait juger naïvement au début que la tonalité du court irait vers la franche rigolade, quelle a été la surprise de le voir brusquement bifurquer vers une ambiance sombre si ce n’est austère. On notera le montage astucieux en diable qui décuple la tension, montant crescendo pour un final choc laissant pantois. On ne serait d’ailleurs pas étonné de le voir figurer sur le podium.


      IL SILENZIO: Film italien d’Ali Asgari et Farnooch Samadiil silencio cannes 2016

      A bien des égards, ce court italien s’imposera comme l’un des favoris au palmarès. On y suit le destin d’une enfant et de sa mère kurdes dans un hopital italien. Cette dernière se voit diagnostiquer un cancer du sein en phase terminale. Face à la barrière de la langue qui rend impossible pour la mère de connaitre son état de santé, c’est à sa fille, bilingue en anglais que revient la lourde tache de lui annoncer le verdict. Fort, poignant et résolument intimiste, nul doute qu’on a là le film le plus personnel et captivant de la sélection.

       

      FIGHT ON A SWEDISH BEACH: Film de Simon Vahlne
      Pour terminer, parlons de ce qui pourrait s’apparenter au plus inutile des courts-métrages contenus au sein de la compétition. Outre de laisser profondément dubitatif, ce court ne ressemble à aucun autre en se focalisant sur une dispute entre des jeunes fauteurs de troubles et un père de famille en vacances au bord d’une plage suédoise. Crédité d’un format somme toute étrange (le format portrait commun à bon nombre de smartphones), ce petit film suédois ne semble guère vouloir impressionner par son histoire mais davantage par son regard porté sur les réseaux sociaux.

      Le verdict aura lieu dimanche à partir de 19h lors de la cérémonie de clôture du 69ème Festival de Cannes.

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