Annecy 2018 – « Parvana, une enfance en Afghanistan » (en compétition) de Nora Twoney

Annecy 2018 – « Parvana, une enfance en Afghanistan » (en compétition) de Nora Twoney

Note

Annecy 2018 – « Parvana, une enfance en Afghanistan » (en compétition) de Nora Twoney

Réalisation

Personnages

Animation

Scénario

Summary:
Une histoire prenante qui vient défendre la condition de la femme à travers le monde.

78%

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Parvana, une jeunesse en Afghanistan, réalisé par Nora Twoney, raconte le destin d’une petite fille dans le monde actuel qui l’entoure. Film politique, Parvana veut mettre en avant la condition de la femme dans ce pays. En compétition, le long métrage de Nora Twoney fait partie des favoris au grand prix du Festival d’Annecy. En salles le 27 juin.

Une animation fluide et grandiose 

Parvana rappelle parfois l’animation de certains de ses prédécesseurs comme Le Chat du Rabin ou Princes d’Egypte. Dans un mélange d’influences orientales et une technique très occidentale, l’animation de Parvana est sublime. Les traits des visages sont travaillés, les formes variées et les personnages différents les uns des autres. De ses superbes yeux bleus, la jeune Parvana est une protagoniste terriblement attachante. Une petite fille forte et indépendante qui n’est pas du genre à se laisser abattre. Les décors sont, eux aussi, éblouissants. Nora Twoney nous montre les paysages désertiques de l’Afghanistan ; superbes mais arides. Le pays est superbe à travers l’animation, à l’image du marché de Kaboul vivant. Une véritable ambiance se dégage. Les émotions sont variées entre dépaysement, angoisse et tendresse.  La réalisatrice décide également de ponctuer son histoire d’une sous intrigue qui concerne le frère du personnage. Ce-dernier, décédé, reprend vie dans une histoire contée par la petite fille. Celle-ci, parallèle avec l’action principale, utilise une animation plus rudimentaire. Des apartés souvent très drôles qui ponctuent le film d’une sous intrigue psychologique mais également vecteur d’une rupture de rythme bienvenue. Avec énormément de psychologie et de subtilité, la cinéaste dresse le portrait de la jeunesse féminine en Afghanistan. A travers les pas de cette petite fille, Nora Twoney dresse le constat d’une triste réalité. L’émotion est évidemment au rendez-vous sans jamais tomber dans le pathos. 

Quand l’animation est au service de la femme

Le message de Nora Twoney est clair : donner l’indépendance à la femme Afghane. Sans leur voile intégral, une femme n’a pas le droit de sortir sans être accompagnée d’un homme, elle ne peut faire ses courses seule, ne peut donc pas vivre sans une figure masculine. Quand le père de Parvana est enfermé, elle se retrouve seule avec sa mère, sa sœur et son petit frère. Aucun d’eux n’est autonome. Les femmes ne peuvent sortir seules. Ainsi, aucun moyen de subvenir à leurs besoins. Parvana va donc être contrainte de se transformer en jeune garçon pour pouvoir sortir et trouver des vivres pour sa famille. La cinéaste met en avant le sacrifice enfantin que Parvana est obligée de faire. Pas d’enfance en Afghanistan. Avec son personnage indépendant, fort et intelligent, la cinéaste veut mettre la femme à l’égale de l’homme, démontrer que tout ce traditionalisme religieux obscur est obsolète. La femme doit trouver son indépendance pleine et entière même en Afghanistan. Parvana, une jeunesse en Afghanistan est une oeuvre pédagogique qui utilise l’animation pour toucher un large public. Pour les plus jeunes comme pour les plus vieux, le long métrage s’adresse aux nouvelles générations avec un message fort : c’est à vous de changer les choses. Cette condition d’infériorité féminine doit cesser. 

On vous conseille fortement Parvana, une jeunesse en Afghanistan, en salles le 27 juin. Parmi les favoris de ce festival d’Annecy, le film de Nora Twoney pourrait bien repartir avec la statuette.

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