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      2 pépites du cinéma d’horreur outre-Atlantique que vous n’avez pas vu cette année

      Comme The Green Knight devenu un symbole de la déroute de la distribution française, nombreux sont les films à ne pas avoir eu droit à une sortie dans nos salles. Souvent minimisé voire brocardé, un genre en a considérablement souffert. Pourtant de taille à produire de véritables chefs-d’œuvre contemporains, le cinéma d’horreur a payé les frais d’une année sordide pour l’exploitation hexagonale. Pourtant, les deux films furent présentés durant l’édition en ligne du dernier Festival international du film fantastique de Gérardmer.

      Bad Dreams (Come True) de Anthony Scott Burns

      Julia Sarah Stone, Come True / Copperheart Entertainment

      Présenté hors compétition au Festival du Film de Gérardmer 2021, le deuxième film de Anthony Scott Burns n’aura pas eu droit à une sortie sur grand écran. Sinistre destin tant le canadien, officiant sur plusieurs départements du film, nous plonge dans une expérience sensorielle et visuelle taillée pour les salles obscures.

      À mi-chemin entre l’épouvante et la science-fiction, Bad Dreams nous immerge dans les cauchemars d’une jeune lycéenne, Julia Sarah Stone dans un rôle hypnotisant, acceptant d’être l’objet d’étude d’un institut scientifique analysant les rêves. Épousant l’adolescence avec des thématiques contemporaines, Anthony Scott Burns fait le choix d’inscrire son récit dans une certaine modernité enrobée d’une direction artistique rétro-futuriste. Le cinéaste pousse tous les curseurs au maximum avec une maitrise éclatante s’appuyant notamment sur une bande originale à la fois gracieuse et dérangeante, composé par le duo de synthpop Electric Youth et lui-même sous le pseudonyme Pilotpriest. Un univers fascinant dont la genèse dura de nombreuses années, un long processus de création qui se ressent dans Bad Dreams tant l’expérimentation artistique semble répondre à des intentions ingénieusement élaborées. En effet, le métrage se révélera être un curieux alliage cinématographique à mesure de son avancement, composé de références du genre et de compositions visuelles et sonores très originales, le réalisateur s’appuyant notamment sur des séquences cauchemardesques entièrement réalisées en animation 3D.

      Injustement éclipsé en ce mois de juillet dernier pour sa sortie VOD, on ne peut que vous conseiller ce film. S’inscrivant dans un genre souvent malmené mais réservant aussi son lot de films audacieux et sensoriels, Bad Dreams en fait assurément partie.

      The Dark and the Wicked de Bryan Bertino

      Michael Abbott Jr. & Marin Ireland, The Dark and the Wicked / Unbroken Pictures

      Vous connaissez probablement Bryan Bertino pour son premier film The Strangers. Écrit lorsqu’il n’était encore qu’un électro de cinéma, Bertino fut finalement pressenti pour le mettre en scène acceptant la lourde tâche de le réaliser avec de très faibles moyens. Finalement, rapportant près de dix fois son budget avec sa distribution internationale, The Strangers devint un film culte aux USA.

      Aujourd’hui, le texan, avant tout producteur, n’a rien perdu de sa sensibilité d’auteur, bien qu’ayant réalisé des films aux ambitions relatives ces dernières années. Il nous le prouve avec The Dark and the Wicked, déployant une esthétique tout en retenue filmant un Texas âpre et usé, le cinéaste prend à rebond ses compères du cinéma horrifique américain. Son quatrième film se révélera être un long et terrifiant voyage initiatique sur la solitude et l’isolation dans l’Amérique profonde. Reprenant l’archétype du diable vengeur américain, Bryan Bertino nous emmène vers un drame nécrosé teinté de silences angoissants et d’images de pure terreur psychologique. The Dark and the Wicked, avant d’être un film s’attaquant aux peurs profondes, est un film sur l’isolement quand vient la mort. Pour filmer le mal, notion enraciné du cinéma américain, le réalisateur fait appel à une imagerie et une atmosphère authentiques et profondément personnelles. Au-delà du travail minutieux apporté à l’aspect plastique, impossible de ne pas louer une identité sonore ahurissante et un casting impeccable, Marin Ireland en tête.

      À bien des égards, The Dark and the Wicked s’impose comme l’un des meilleurs films d’horreur de ces dernières années. Un film à découvrir en exclusivité sur la plateforme Shadowz depuis le 18 juin dernier.

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