Critique « Secret Weapons » (Bliss Comics) : nouvelle arme fatale de son éditeur

Critique « Secret Weapons » (Bliss Comics) : nouvelle arme fatale de son éditeur

JustFocus continue à vous présenter l’univers de Valiant Entertainment et cette fois-ci, nous prenons les armes pour la Secret Weapons édité par Bliss comics.

Des super-héros ratés

Livewire, une enquêtrice gouvernementale qui peut contrôler les machines, est envoyé au fin fond de l’Oklahoma car on a découvert une base secrète abandonnés de psiotiques (humains dotés de capacités extraordinaires vu dans Harbinger mais très aléatoires). Ce centre de formation de psiotiques rassemblait les seconds couteaux qui ne sont pas assez intéressants pour aller dans les équipes principales. Ces ados ont fui car l’humanité les pourchasse. Livewire décide de les retrouver et de les aider.Cette histoire est écrite par le scénariste de Premier contact Eric Heisserer qui est aussi en charge d’écrire les prochains films adaptant les comics Valiant. On sent d’aileurs cette influence dans les dialogues – des références à Hitchcock et à Mary Poppins – et une base dans un vieux cinéma.

À la recherche des psiotiques perdus ?

Les ados de Secret Weapons ne sont pas assez puissants pour la fondation Harbinger – un hologramme d’Harada, le gourou de la Fondation les traite de ratéset ils sont donc dans un centre secondaire en Oklahoma – le trou perdu des États-Unis en fait. Ce centre d’exclusion – Le Saule – était au départ une fondation pour cacher les mères célibataires. Secret Weapons est peu la version Valiant des Nouveaux mutants chez Marvel ou des Teen Titans chez Marvel.

Des loosers... pas tant que ça

Heisserer invente de très fun noms de pouvoirs – Nicole Finch est ornitopathe (elle parle aux oiseaux), Martin Tyus est phosphène (il peut rendre lumineux l’objet qu’il touche), Avichal Malakar est statufieur (il peut se transformer en statue). Faibles séparément, ces psiotiques deviennent forts en équipe. Cette équipe multiculturelle – un asiatique, un black, un sikh ce qui est très rare en BD – permet à l’auteur de fustiger l’ignorance et l’exclusion de minorités.

Chacun de ces personnages a une personnalité affirmée. Owen Cho ajoute une touche d’humour aux scènes de combat car il peut faire apparaître des objets mais sans aucun contrôle, comme si sa timidité l’empêchait d’évoluer. Nicole, un des personnages les plus touchant du groupe, était l’autiste du groupe à l’école – ce n’est seulement qu’à la fin qu’on lit ce qui lui disent les oiseaux– alors qu’Avichal, snob, étudie et écoute Radiohead. Au fil des épisodes, ces amis se rassemblent en période de danger autour de leur nouveau mentor, Livewire. Ils en deviennent très touchants – Pas d’Avengers rassemblement ici mais leur cri de ralliement est un hug. Ils doivent lutter contre le Réparateur, un associé d’Harada devenu encore plus psychopathe sans le contrôle d’Harada.

Ce récit permet également de découvrir un peu plus Livewire aux pouvoirs intéressants et à la personnalité de plus en plus intéressante dans Harbinger. Cette fidèle d’un gourou s’émancipe et cherche à éviter à ces ados les souffrances qu’elle a subies.

Les quatre épisodes sont suivis de deux épisodes sur les origines de Nicole et d’Owen. On y voit la construction du costume de Nicole avec les gants et les cheveux dans une ambiance à la Riverdale mais avec des pouvoirs à la fin. On change d’ambiance avec le très drôle sur Owen. On part d’une brocante et on découvre l’origine de chaque objet qu’Owen a fait apparaître par erreur mais surtout chaque objet est un moyen de découvrir ses sentiments et son passé.

Un choc visuel

Un chef d'équipe protectrice

 

Une seule équipe créative est en charge de cette série limitée qui peut facilement se lire si on ne connaît rien de l’univers Valiant. En ouvrant le livre, ce qui est le plus frappant est le style de Raúl Allén (Hawkeye, Bloodshot Reborn) et Patricia Martín. La page est organisée en grille comme dans le style franco-belge mais les petites cases montrent parfois le décor ou l’action et parfois les deux sont juxtaposés. Chaque page est différente et certaines sont de vraies expériences de narration visuelle. Bien que l’action soit plus rapide, cela fait penser à Chris Ware par ce brio narratif et par l’attention aux architectures. Les couleurs ne visent pas le réalisme photographique mais ont un sens graphique dans la page. Ce sont souvent des couleurs flashys qui correspondent bien à ce récit sur des adolescents. Il y a une vraie réflexion de ce couple dans la vie car les décors sont souvent d’une seule couleur ce qui influence les émotions du lecteur alors que les personnages sont d’une autre couleur. Ces décors d’Allén sont également très simples alors que les visages de Martín sont expressifs – on y reconnaît l’influence de Frank Quitely. Ce contraste permet de se concentrer sur les personnages et l’action. Ce n’est cependant jamais lassant car la couleur dominante varie selon la case ou la page.

Dans une case de course-poursuite, on suit l’action sur une case avec le déplacement de Nicole. Cette action figée sur une case est superbe. Allénet Martín réussisse à faire parcourir la ville sur une case. Ce récit est très agréable à lire et en relisant la BD, on se rend compte combien cette belle organisation par page est très complexe.

Bliss comics nous gratifie d’une superbe édition avec tout un cahier créatif en bonus– les expérimentations de départ et l’explication des designs des personnages par plusieurs créatif de Valiant, des interviews et un texte du scénariste et des dessinateurs, les couvertures alternatives, des dessins avant la colorisation.

On peut donc dire que Secret Weapons est une très bonne porte d’accès pour découvrir cette maison d’édition qui monte. Cela permet aux fans de comics de se rendre compte que Valiant a fait des gros efforts sur les dessinateurs.

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