We Only Find Them When They’re Dead ou le combat d’un dieu

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Le monde incroyable de We Only Find Them When They’re Dead s’étend dans ce deuxième tome. Vous êtes lassés des fondamentalistes de tous bords, que diriez-vous de manger un dieu ?

Une négociation au pied d’un dieuL'ambassadrice de We Only Find Them When They’re Dead

Cette suite de We Only Find Them When They’re Dead n’est pas une suite mais un bond dans le futur. L’action débute en 2414 et donc cinquante ans après la fin du volume précédent. Le capitaine Malick a pu rentrer dans le monde des dieux. S’il n’a pu revenir vivant, son corps est revenu sous une forme gigantesque. L’univers en est bouleversé avec l’apparition de différentes sectes. Pour les Adorateurs, les Moissonneurs doivent cesser d’exploiter les corps des dieux. Aux limites de la civilisation, l’Envolée de Malick est un anneau de stations spatiales autour du corps de Malick. Cependant, la crise énergétique se renforce. Les dieux ou déesses morts n’apparaissent plus, on manque de cristal sacré pour faire fonctionner les robots. Marlyn Chen, une ambassadrice des Mondes Internes vient négocier la paix. Enfin, on pourrait le croire…

We Only Find Them When They’re Dead bouleverse discrètement les habitudes de la sf. Une femme est au centre de ce volume après un homme gay d’âge mûr. Chen représente la dernière chance pour son gouvernement mais également pour l’univers. Hélas, la solution semble bien loin car tout le monde ment et agit en fonction de ses intérêt et non d’idéaux.

Les plus purs sont les religieux mais ils sont totalement obtus et tuent si on déroge au dogme. Dans le débuts de We Only Find Them When They’re Dead la religion avait cédé le pas devant la science. Ici c’est l’inverse. Les Adorateurs refusent la technologie. Pour Black Bristow, le monde a été damné pour avoir dépecé les dieux. Al Ewing introduit des nuances entre les religieux suite à un schisme. Les disciples de l’Envolée honorent l’exemple du capitaine Malick en tant qu’homme. Au contraire, les Malickistes l’ont divinisé. Ces radicaux ont tué pour protéger leur dieu et refusent toute nuance. Le langage est affecté par ce changement religieux. Les mots haineux sur la consommation de viande des dieux fait penser à certains vegans fanatiques. Entendre les mots prononcés par les dieux rend d’ailleurs malade. Les Malickistes sont monothéistes tandis que les adorateurs sont polythéistes. Ils veulent protéger les cadavres de tous les dieux.

Retour vers le futur du futurLa colorisation rouge de We Only Find Them When They’re Dead

Ce nouveau tome de We Only Find Them When They’re Dead pose aussi un problème au scénariste Al Ewing et au dessinateur Simone di Meo : comment représenter le futur de la science-fiction ? Ils s’en sortent admirablement en évitant la surenchère. La navette privée avec l’ambassadrice Chen est dirigée par une intelligence artificielle et plus loin des moteurs judicieusement placés feront un meilleur travail qu’Hercule. Ce passage ne pourrait être crédible sans le talent de Simone di Meo. Malgré la complexité temporelle et les nombreux personnages, la lecture est très lisible. Son dessin est toujours aussi époustouflant car ces splendides double-pages des paysages spatiaux. Renforçant les liens avec le cinémas, la mise en page se structure autour de cases rectangulaires horizontales comme en CinémaScope. Illustrant le fanatisme de cette période, la colorisation choisit un rouge sang très présent. Soit on est plongé dans un autre monde, soit on en est exclu.

Plus globalement, We Only Find Them When They’re Dead est une série sur le temps. Après les multiples voyages dans le temps du premier tome, ce deuxième volume peut paraître plus linéaire mais les questions du passé, de la mémoire et de l’héritage restent au centre. Le capitaine Malick survit par la mémoire faisant de lui une légende. On est également dans la mémoire du premier tome. Un retour dans le passé comble le fossé entre les deux tomes. Jason Hauer, le dernier membre survivant de l’équipage du capitaine Malik, revient. Le petit-ami de Malick est devenu un élu car il a connu le sauveur. Dans la station des Adorateurs, il mène une vie luxueuse de prisonnier.

Dans ce deuxième volume, We Only Find Them When They’re Dead s’affirme comme un récit de science-fiction radical. Plutôt que de proposer un récit linéaire autour de quelques personnages, Al Ewing et Simone di Meo changent d’époque et de thème dans chaque livre. Cependant, tout se déroule dans un même univers et vu la profondeur de celui-ci, le lecteur a hâte de voir arriver la suite

Vous pouvez retrouver sur ces liens les chroniques sur Tortues Ninja et Power Rangers du même dessinateur et Invisible Kingdom une autre série de science-fiction chez HiComics.