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      Un Soufflement de narines suivi d’un éclat de rire

      Pataquès est une collection spécialisée dans les courts récits d’humour chez Delcourt. Avec Soufflement de narines, J. Personne nous fait rire avec la philo. Improbable ?

      Bergson en ombre chinoise

      Une paternité contrariée dans Soufflement de narines

      Le philosophe français Henri Bergson proposait en 1900 une philosophie du rire, une œuvre passionnante mais qui faisait rarement sourire. Plus d’un siècle après, J. Personne propose un regard ironique sur le monde que Bergson n’aurait pas renié. Une femme tente d’ailleurs de philosopher mais se perd d’une manière ridicule dans ses doutes. Ce Soufflement de narines est en effet à la fois le réflexe physique précédant le rire et la forme du visage en cas de dépit. Ce titre montre bien le programme des 180 strips (des histoires en quelques cases) : rire de la frustration. La thérapie ne fonctionne pas mais on connaît au moins la cause de l’échec. Les personnages sont le plus souvent en crise car on retrouve plusieurs séances sur le divan… y compris pour des animaux de compagnie. Hommes et femmes portent un regard désabusé sur le monde. L’amour tourne mal quand la poésie d’une déclaration d’amour est détruite en trois mots. Le couple partage la dépression plus que l’amour. Ces êtres sont seuls ou alors ils n’arrivent pas à communiquer entre eux. La paternité et la maternité sont une expérience à ne pas renouveler. Il faut dire que ces enfants attendent juste un héritage de leurs parents.

      Le rire quotidien

      Une parole encombrante dans Soufflement de narines

      Soufflement de Narines ne se limite pas aux grandes questions existentielles mais s’intéresse aussi aux relations humaines, à la poésie ou à la peinture. Tel Bartleby, le refus de choisir, de s’engager domine. On philosophe mais en restant dans un canapé. Le sens de la vie est plus compliqué à trouver que la sortie d’un labyrinthe. C’est seulement par les mots que Personne peut faire naître un rire. Le lecteur sourit parfois d’un dialogue basé sur un aphorisme. L’absurde n’est jamais très loin comme ce lion de la couverture miaulant tel un petit chaton. Le dessin peut parfois être source d’un sourire comme lorsque cette bulle voile la face d’un homme voulant dire la vérité. J. Personne utilise un style sobre et neutre pour que le lecteur se focalise sur le texte. Ce ne sont que des personnages en ombres chinoises sur un fond colorié sans décor. Ce choix crée des silhouettes universelles. Le lecteur ne reconnaît que le genre de personnage sans pouvoir identifier un personnage récurrent ou une classe sociale même s’ils sont le plus souvent en costume afin d’évoquer les relations de travail sans doute entre cadres. J. Personne joue de ce cadre rigide et le rend même encore plus contraignant car des positions corporelles ou des situations reviennent et rythment la lecture comme ce père parlant à son fils. Dans les soufflements, il reprend des figures connues comme Superman ou Guillaume Tell.

      L’auteur est certes Personne mais il pourrait se faire un nom avec ce premier volume du Soufflement de narines. Ce volume est aussi fugace qu’un rire mais des pages vous marquent l’esprit comme un mantra… en attendant la suite.

      Si les bandes dessinées d’humour vous intéressent, vous pouvez retrouver les chroniques sur Axolot et La sale vérité sur les contes de fée.

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