La prochaine fois que tu mordras la poussière : la quête du sens

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Panayotis Pascot pour La prochaine fois que tu mordras la poussière (éditions Stock) © Crédit photo : Alice Moitié

Phénomène de cette rentrée littéraire, Panayotis Pascot se met à nue à l’occasion de la sortie de son premier ouvrage, La prochaine que tu mordras la poussière, publié aux éditions Stock.

panayotis pascot 1 alice moitie La prochaine fois que tu mordras la poussière : la quête du sens
© Crédit photo : Alice Moitié

Est-ce qu’écrire tue ? C’est ce qui semble être l’avis, ou en tout cas l’espoir de Panayotis Pascot qui, avec son premier livre, se donne un objectif clair : « C’est l’histoire de quelqu’un qui cherche à tuer. Soi, ou le père, finalement ça revient au même. »

Comédien et humoriste, Panayotis Pascot s’est d’abord fait connaître grâce à ses chroniques au Petit Journal de Canal+ et sur Quotidien, avant d’écrire son premier seul en scène, Presque. Pourtant, loin de la jeune vedette que l’on connaît, La prochaine fois que tu mordras la poussière met à l’écrit un jeune homme vulnérable, éprouvé par le passage à l’âge adulte, mais surtout hanté par le fantôme encore vivant de son père.

Apprenant que son père est condamné par la maladie, Pascot se met à écrire, dans une sorte d’urgence (« Mon père nous a annoncé qu’il n’allait pas tarder à mourir et je me suis mis à écrire. »). De ce point de départ, le jeune auteur se lance dans une vaste exploration de ses réflexions sur son lien au patriarche, mais aussi sur ses premiers rapports intimes, sa difficulté à se laisser aimer, sa santé mentale et sa dépression mélancolique. En bref, sur son expérience altérée de la vie.

On est alors entraînés par ces flots de pensée, allant toujours plus loin dans les abysses d’une vie aussi chancelante que fragile. Les premiers émois, les succès professionnels, les souvenirs d’enfance, les liens familiaux : tout est à la fois source de disruption, comme s’il n’était pas adapté à vivre ces expériences banales, mais aussi et surtout de réparation, où l’écriture n’aide pas seulement à panser les blessures, mais à rafistoler, à rassembler et se réapproprier les moments passés qu’on n’a pas vécu.

Plus qu’un témoignage ou qu’une lettre ouverte, ce livre est surtout une quête de la sensation, du sens, un apprentissage du laisser vivre. C’est par son style épuré et acéré que Pascot s’engage dans son véritable dessein, celui de capturer ce qui le traverse, en empilant des mots sur ce qu’il ressent. L’écriture devient alors un geste salutaire, le moyen de ressentir, de se rappeler ce que c’est de ressentir, en outre « apprendre à être vécu. »

Bref, La prochaine fois que tu mordras la poussière apparaît comme un manifeste, un appel à soi et aux autres, que non seulement la vie mérite d’être vécu, mais qu’elle n’aura du sens seulement si on accepte qu’elle nous atteigne.