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      L’insurgée de Varsovie révèle un passé en ruine

      Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand la ville de Varsovie se révolte contre les nazis, une femme émerge des décombres pour défendre la liberté. Suivez-la dans L’insurgée de Varsovie, publié par Delcourt.

      Histoire et Destins

      L’insurgée de Varsovie en flammes

      L’insurgée de Varsovie est le deuxième volume de la série Histoire et Destins qui suit des personnages restés dans l’ombre mais plongés dans les tourments de différentes guerres. Dans le premier tome, le célèbre commandant Massoud permettait de découvrir son garde du corps pendant la guerre d’Afghanistan. Dans L’insurgée de Varsovie, le lecteur est plongé dans un évènement méconnu de la Seconde guerre mondiale. En 1944, la résistance polonaise se soulève pour libérer Varsovie en espérant que l’Armée rouge qui approche vienne les aider. Au bout de deux mois, la situation devient dramatique car ces civils révoltés manquent d’armes ou de munitions. Pourtant, ils et elles tiennent bon. Au milieu des hommes, la jeune Maria Sabina Devrim, se bat pour la ville. Elle est même chargée de sortir de Varsovie pourtant entourée par l’ennemi afin de trouver de l’aide. Le siège de Varsovie n’est cependant que le début de son calvaire car les Alliés russes sont loin d’être fiables…

      L’enfer au quotidien

      Les civils résistent dans L’insurgée de Varsovie

      Jean-Pierre Pécau est devenu un scénariste clé de la bd historique et le prouve dans L’insurgée de Varsovie. Il fait rentrer avec brio le lecteur dans une ville en ruines en suivant un bombardier anglais puis dans une cave servant de refuge à une cellule de résistance. On sent un groupe au bout du rouleau. Ce sont les enfants qui prennent les armes. A peine plus âgée, Sabina les guide dans un quartier ravagé pour retrouver un container envoyé par les Alliés. Si elle mène des actions héroïques, ses paroles sont aussi très justes. Elle sort du manichéisme de la propagande. Oui, des polonaises sont tombées amoureuses d’allemands. De plus, les Polonais n’ont pas fait preuve de solidarité quand leurs concitoyens juifs étaient persécutés puis massacrés dans le ghetto. La haine est le sentiment le plus partagé contre des ennemis mais pas seulement dans L’insurgée de Varsovie. Pour être au plus près de l’Histoire, on sent en fin de volume que le scénariste se base sur les paroles de Maria Sabina Devrim, vivant depuis la fin de la guerre en France.

      Le dessinateur serbe Dragan Paunovic a un style réaliste qui retranscrit justement le décor apocalyptique de Varsovie assiégée. Des parties entières de la ville sont vidées de leur population et les rues à traverser en évitant les snippers paraissent gigantesques. On peut également saluer sa précision dans la représentation des tanks, des avions et des uniformes. Il est soutenu par le coloriste Bertrand Denoulet pour rendre une ambiance à la fois infernale et réaliste. Cette volonté pédagogique se retrouve dans le texte à la fin du volume qui replace l’insurrection de Varsovie et la vie de Sabina Devrim dans le contexte de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Paunovic nous montre l’héroïsme alors que Pécau raconte le quotidien d’un pays soumis au joug nazi. Tout le pays semble désorganisé : les enfants ne vont plus à l’école. Il n’y a quasiment plus de militaires polonais vivants mais les civils ne savent comment prendre le relais.

      Découvrez un épisode tragique de la Seconde Guerre mondiale dans L’insurgée de Varsovie. Avec Jean-Pierre Pécau et Dragan Paunovic, vous n’êtes plus en 2021 mais dans une cave en Pologne au milieu de résistants pris au piège. Par cette bd, les deux artistes rendent enfin hommage à ce moment encore trop peu connu.

      Si vous êtes amateurs de bd historiques, vous pouvez retrouver d’autres chroniques sur 18 Brumaire et L’étoile de Koursk écrits également par Jean-Pierre Pécau.

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