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      L’étoile de Koursk, un livre au cœur du conflit

      Que diriez-vous de rentrer dans un tank pendant une bataille ? La série militaire Machines de guerre chez les éditions Delcourt fait le choix très original de ne pas mettre en avant une personne ou une guerre mais un tank. Dans L’étoile de Koursk, vous découvrez l’histoire du meilleur char soviétique.

      L’histoire d’un tank

      Le scénariste Jean-Pierre Pécau s’est spécialisé dans les bd historique en particulier l’aspect technique. Après l’aviation dans Indochine, il nous détaille l’évolution des tanks dans L’étoile de Koursk. Au milieu des multiples bd sur la Seconde Guerre mondiale, Jean-Pierre Pécau a en effet décliné cette idée originale en quatre tomes et ce volume est le deuxième sur un char soviétique. Les illustrateurs Senad Mavric et Filip Andronik se chargent de l’ensemble de la série et la précision de chaque case est parfaitement adaptée à ce récit. Ils sont soutenus dans leur volonté de réalisme par le coloriste Jean Verney. Cette volonté de coller au plus près de la réalité historique se retrouve dans le cahier technique et la biographie très complets en fin de volume.

      L’étoile de Koursk en voyage

      Par ce biais technique, le lecteur pénètre la complexité de la guerre et comprend les échecs soviétiques au début de l’affrontement contre l’Allemagne. Pécau ne fait pas l’apologie de l’armée soviétique. Plus que le matériel défaillant, c’est la tactique qui pose problème. L’état-major borné persiste en 1941 à attaquer avec les tanks en file indienne au lieu de profiter de la maniabilité de T34 pour être en ligne. L’armée ne décide pas seule mais doit composer avec la puissance du NKVD, les services secrets. Le scénario sait transmettre des idées complexes en expliquant par exemple pourquoi les parois sont inclinées. On découvre aussi l’envers de la guerre quand Aleksandra, l’héroïne, est nommée conseillère technique à Tankograd, la ville où sont construits les chars. Elle va aider à concevoir le T34. Il est au départ méconnu, mais par un coup d’éclat,8 il démontre ses capacités : un convoi de T34 expérimentaux fera 800 km pour aller à une parade à Moscou. En effet, il a ainsi démontré qu’il était capable de mener des attaques en profondeur.

      L’histoire d’une soldate

      L’étoile de Koursk est également la biographie d’une femme dans l’armée rouge. Il n’était pas si exceptionnel d’avoir des femmes soldat en Union soviétique mais le récit est basé sur la vie réelle et unique d’Aleksandra Samusenko, la première femme à piloter un T34. Elle a également été reconnue héroïne de l’union soviétique en détruisant trois tanks allemands à la bataille de Koursk. On découvre que cette femme est un vétéran car elle combat depuis la Guerre d’Espagne où elle était volontaire dans les légions internationales. Cette longue expérience sur le front lui fait comprendre les défauts des premiers chars utilisés en 1941, le T-30. En effet, ses chenilles ne sont pas assez larges pour grimper les collines dans la neige. Elle veut faire plus et rentrer dans l’école des tanks mais il n’y a jamais eu de femme à suivre cette formation.

      L’étoile de Koursk de la défaite à la victoire

      L’étoile de Koursk montre aussi que la vie de cette femme ne tient parfois qu’à une parole. Franche, elle doit mesurer ce qu’elle dit car, volontaire pendant la Guerre d’Espagne, elle est suspecte pour le NKVD. En effet, la plupart de ces vétérans ont été mis de côté au début de la Seconde Guerre mondiale. Femme, elle doit faire ses preuves vis-à-vis des hommes. Elle rencontre Staline qui, convaincu de l’intérêt de ce tank, lance la construction de masse. Admise à l’école des chars, elle comprend que la vérité peut être dangereuse comme pour un professeur exécuté pour trotskisme.

      Par L’étoile de Koursk, Jean-Pierre Pécau, Senad Mavric et Filip Andronik racontent avec clarté l’histoire d’un tank. En effet, le char russe T34 fut souvent analysé comme le meilleur char de la Seconde Guerre mondiale. Les auteurs montrent aussi que des femmes ont eu un rôle leur de cette guerre.

      Vous pouvez retrouver notre chronique sur Indochine du même scénariste sur ce lien.

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