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    La religion c’est l’avenir de l’entreprise dans Startup Yahvé

    Tout va mal dans l’entreprise Olympe, Yahvé est arrivé et le monothéisme veut l’exclusivité du marché de la foi. Découvrez dans Startup Yahvé publié par Delcourt les réactions des dieux et des déesses.

    Trouvez un storytelling divinLe problème monothéiste dans Startup Yahvé

    Avec Startup Yahvé, le scénariste, dessinateur et coloriste Thierry Chavant propose une suite de courts récits humoristiques en partant d’un concept pour le moins farfelu : si la religion est un commerce, comment réagiraient les dieux polythéistes à l’émergence d’une religion monothéiste ?

    Même si on sourit beaucoup, Startup Yahvé est aussi un folle leçon d’histoire. On comprend le changement radical avec l’émergence d’un dieu unique. Le polythéisme est un système ouvert qui accueille facilement des dieux étrangers, mélange les dieux existants ou en crée de nouveaux. Le monothéisme refuse ce syncrétisme pour une fermeture car dieu devient alors exclusif et omniscient. Thierry Chavant, sans doute très documenté, montre bien qu’au départ, les frontières sont troubles entre juifs et chrétiens. Il s’amuse des futurs débats théologiques – mais aussi militaires – sur la trinité et l’immaculée conception. Ces concepts très compliqués sont rendus avec humour. Un texte sacré définissant le canon – les règles à respecter – est un outil de contrôle des masses.

    Startup Yahvé est donc également une critique de la religion. La vision pessimiste de l’humanité est souvent réduite en ridicule et la création de l’enfer est destinée à forcer les Hommes à croire. Le christianisme étant misogyne et le sexe devenant un péché, des déesses deviennent des Pussy Riots. On retrouve dans le dessin précis de Thierry Chavant cette parodie car il s’inspire de l’architecture baroque et néoclassique pour représenter l’Olympe.

    Après le judaïsme, la situation devient encore plus compliquée avec le christianisme. Des temples sont réutilisés en églises. Les fidèles deviennent si nombreux que l’empire romain devient chrétien. Des dieux orientaux se plaignent de ce réseautage. Face à la concurrence de Yahvé, certains dieux choisissent la reconversion. Le dieu oriental Baal devient le roi de l’enfer Belzebuth et fait une émission sur internet pour vanter sa nouvelle carrière brûlante. Un dieu du Tonnerre, envisage à une carrière chez Marvel. D’autres réagissent plus collectivement face aux tentative d’expulsion de l’Olympe en faisant appel à un avocat puis en formant un syndicat.

    Oubliez la famille, rentrer dans l’open space

    En effet, Thierry Chavant renforce l’étrangeté du concept de départ en plaçant la religion dans le monde de l’entreprise d’où le titre de Startup Yahvé. L’humour est au cœur de la Startup Yahvé et dans chaque détail jusqu’à une note sur la marque déposée. On peut le découvrir dès la page de garde avec un organigramme des dieux. Les divinités veulent adapter leur stratégie markéting pour retrouver leur part d’audience et leur clientèle de fidèles. Le groupe gréco-romain a déjà connu des fusions car il a assimilé des déesses mésopotamienne et égyptiennes, des dieux vikings et même des démons. L’auteur en profite pour jouer avec les codes culturels de ces différents panthéons. Comme il faut bien trouver du travail, Lilith et Apollon acceptent de jouer pour les studios Yahvé. Cependant, le tournage du péché originel se passe mal et, dans les sketchs suivants, la scène devient de plus en plus drôle sous l’effet des transformations successives.

    Thierry Chavant se moque du jargon marketing en attribuant à Yahvé un acronyme sans aucun sens. Un prophète devient une force de vente pour recruter des nouveaux adeptes et un archange explique le concept du monothéisme lors d’une réunion TED. Les branche locales du christianisme sont des succursales s’adaptant aux goûts locaux. A l’inverse, un briefing régulier est chahuté car personne n’écoute et tout le monde se moque du spécialiste.

    Avec Startup Yahvé, la collection Pataquès, gage de qualité dans l’humour, s’enrichit d’un nouveau panthéon. Le concept double de Thierry Chavant brille par son originalité et fait très souvent sourire. Le dessin sert parfaitement le propos. Ce tome est donc une réussite même s’il n’est pas sûr qu’il tienne sur d’autres volumes.

    Vous pouvez retrouver sur le site d’autres titres de la très bonne collection Pataquès avec La vie de ma mort et Un soufflement de narines.

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