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      Intégrale Ghost Rider (1972-1974) : Le premier tome publié par Panini

      Déjà adapté deux fois au cinéma sans compter une apparition dans les séries, le personnage du Ghost Rider méritait bien une intégrale en comics. C’est chose faite par ce premier tome publié par Panini. Faites chauffer la gomme pour suivre le motard fantôme.

      Un début en quatrième vitesse

      Le premier épisode vous plonge dans l’ambiance d’un film d’horreur. Dans une première page sur une rue sous la pluie, le lecteur découvre un effrayant biker avec en guise de tête un crâne enflammé. Alors que la voix off dramatise cette apparition, le chopper file sur l’asphalte d’une métropole passant devant un crime en cours au coin de la rue. Les truands veulent tuer ce témoin gênant mais rapidement, ce sont eux qui vont fuir devant ce squelette. C’est lui qui va nous expliquer comment il a été maudit pour devenir chaque nuit le Ghost Rider ? Le cascadeur Johnny Blaze est un homme tourmenté à qui il arrive de nombreuses mésaventures. Père mort dans un spectacle et pas de mère. Il est adopté par un ami cascadeur dans le cirque. Sa mère adoptive meurt dans un accident de moto et, avant de s’éteindre, il lui promet de ne pas refaire de spectacle. Il tombe amoureux de sa sœur adoptive. Son père adoptif est atteint d’une maladie incurable alors que la famille est aux portes de la gloire. Désespéré, Il fait appel au démon. Logique pour un gitan mais, bien entendu, le pacte faustien tourne mal.

      Ghost Rider le motard de Marvel

      On est en plein dans le mélodrame personnel alors que le monde extérieur est sombre. Les rues sont sales et la violence à chaque coin de rue. Le dessin de Mike Ploog est à l’avenant. Par des formes très précises, l’artiste recours à des images fortes comme la transmutation du squelette enflammé qui retrouve figure humaine sur un fond rouge sang. L’encrage renforce l’ambiance sombre. Mais il ne reste qu’une poignée d’épisodes avant de laisser la place à Tom Sutton, Jim Mooney, Herb Trimpe et Ross Andru avec parfois moins de talent.

      Une suite pleine de virages

      Le deuxième épisode reste dans les traces du début en mêlant le crime et le satanisme. De nuit, le Ghost Rider affronte un gang de bikers, les Serviteurs de Satan. Cependant, en quête de relation sociale, il accepte de rejoindre le gang. C’est une excuse scénaristique pour décrire la vie et les règles d’un gang. Mais le diable rôde aussi. C’est l’amour pour Roxanne – comme Cyrano de Bergerac – qui empêche Johnny de devenir un serviteur servile du Maître. Le combat final du premier run se termine en apothéose en enfer. On peut cependant regretter que les couleurs trop vives fassent parfois sortir le lecteur du récit censé être démoniaque et violent.

      C’est aussi le récit d’un trouillard. Johnny refuse de faire les spectacles, fuit sa famille pour cacher sa situation et en tant que Ghost Rider, il ne cherche pas la confrontation mais fuit à plusieurs reprises. Ce sont les problèmes qui le trouvent et non l’inverse. Pourtant, le motard se retrouve fréquemment impliqué dans des courses-poursuites au milieu d’obstacles de voltige puis contre une voiture de police. Il va progressivement apprendre l’héroïsme.

      Comme toujours chez Marvel, le personnage principal a toujours également une vie personnelle. De jour, Johnny Blaze est un artiste de cirque itinérant capables des réaliser des cascades uniques au monde. On découvre donc l’envers des spectacles de cascades par la jalousie entre un technicien et Johnny. Les voyages permettent à la fois à Johnny de cacher sa condition mais le confrontent à des démons variés comme un immense serpent amérindien.

      L’histoire éditoriale

      La transformation en Ghost Rider

      Dans l’introduction, le scénariste et éditeur Roy Thomas montre comment tout part d’une chanson western dans les années 50. Les paroles donnent envie à une petite maison d’édition de créer le personnage mais qui n’a rien à voir avec l’anti-héros actuel. En effet, le premier Ghost Rider est un cowboy qui utilise des gadgets pour se faire passer pour un fantôme et rendre la justice. Quand les droits passent dans le domaine public en 1967, le directeur éditorial de Marvel, Stan Lee, récupère le nom pour en faire une série de courte durée. C’est en 1972 que le scénariste Gary Friedrich propose de reprendre le nom pour en faire un vilain à moto. L’éditeur Thomas veut aller plus loin et en faire un héros. Le lien avec films de bikers est explicite. Les deux conçoivent l’origine avec le dessinateur Mike Ploog. Il est aujourd’hui très amusant de découvrir cette vie de bureau chez Marvel qui n’existe plus car tous les créatifs travaillent de chez eux. Ghost Rider débute dans une revue anthologique, Marvel Spotlight, pour tester la popularité du personnage. Le succès étant au rendez-vous, Johnny Blaze file dans une série solo. Ce succès se prolongera comme le montre en bonus les couvertures majeures de la série jusqu’à une date très récente mais aussi des crayonnés des premiers épisodes.

      Ce premier volume de l’intégrale Ghost Rider vous mène à tout allure vers l’enfer. Dans un scénario certes vintage mais très amusant à lire, cet anti-héros se retrouve plongé dans des débats moraux personnels mais menacé par des satanistes ou des bikers, il n’a jamais le temps de les résoudre.

      Si vous aimez les récits d’horreur, vous pouvez retrouver notre chronique sur Faithless et sur l’univers fantastique d’Archie comics, Vampironica.

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