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      Genius un robot pas comme les autres

      Max se sent seul car son père le néglige. Qu’à cela ne tienne, il suffit d’acheter l’androïde Genius. Une solution facile mais ce robot sera-t-il le meilleur ami de l’Homme ?

      Un avenir si proche

      Si le pitch laisse penser au départ à un pur récit de science-fiction, la suite est bien différente comme le prouve le dessinateur. Le lecteur comprend que l’on est dans le futur par quelques détails (les voitures, l’architecture) mais Stéphane Hirlemann évite les décors très futuristes. Il préfère se concentrer sur les expressions des personnages nous faisant rentrer par leurs émotions dans ce récit sensible.

      le début de Genius

      Genius ne cherche pas à explorer l’univers mais à rentrer dans les sentiments humains. Le scénariste Sergio Salma imagine un futur proche où les robots sont aussi banals qu’un four. Tout part d’ailleurs d’une publicité de Personnal Robotics. Le père de Max devant être souvent absent de la maison, il est donc tout à fait logique qu’il achète un robot pour tenir compagnie à son fils. Mais c’est aussi pour rassurer le père qui doit élever seul son fils Max. il pense bien faire car le garçon est passionné par ces machines mais son fils aurait préféré voir son père plus souvent. Le robot est pourtant conçu comme l’ami idéal : toujours disponible et jamais récalcitrant. Mieux, il ne dort jamais.

      Un robot imparfait, un ado glacial

      Cependant, l’androïde débutant est maladroit – nous faisant sourire de ses erreurs. Il veut se faire aimer mais il s’y prend mal. Il serre trop fort Max dès leur première rencontre et le réveille en pleine nuit pour vérifier que tout va bien. Il lui fait même une déclaration d’amour. Les changements à distance de la compagnie ne sont pas plus au point car, en fonction des réglages, Genius devient hautain ou pleure. Cela se passe si mal qu’il risque de retourner à l’usine. Genius ne supporte pas cette idée et redouble d’efforts devenant omniprésent. Dépassant son programme, Genius devient unique comme le montre tout un épisode vu à travers ses yeux. Il est loin du servile assistant. Paradoxalement, tous ces défauts très humains plaisent au lecteur. On est conquis bien plus vite que l’adolescent. Seule la douceur de Genius va faire changer d’avis l’adolescent. Cette ambiance vient également de la coloriste Albertine Ralenti qui évite les couleurs flashy devenues une banalité dans la bd jeunesse pour proposer des tons plus mat. Max est aussi touchant que l’androïde. Il vit dans une immense maison luxueuse mais se sent délaissé. Progressivement, l’androïde devient pour lui une présence rassurante puis un compagnon. On voit donc une amitié naître car chacun fait un pas vers l’autre. Max voudrait que son père s’occupe plus de lui et Genius va intervenir. Le robot ayant été adopté, une famille à trois se forme.

      Un robot Genius maladroit

      Les temps changent

      Genius pose la question du changement, central à l’adolescence. En effet, contrairement à la plupart des bd jeunesse, les personnages vieilliront à chaque tome. Max rentre dans la puberté, il va grandir mais son robot n’a pas été conçu ainsi. Pourtant, comme un humain, son corps se transforme et il éprouve même des sentiments. On retrouve là des codes des récits futuristes comme ceux d’Isaac Asimov ou des films tel A.I. de Spielberg dont on croise l’affiche dans un coin de case… Ce récit est donc plus dense qu’il n’y paraît proposant même une courte leçon illustrée sur l’histoire de la robotique. Publié par Glénat dans sa collection Tchô !, ce premier volume reprend des récits courts en partie publié dans son magazine jeunesse. Cependant, chaque courte histoire est un chapitre de l’album. On peut les lire à part même, si à la suite, on comprend l’évolution des trois personnages principaux.

      Avec Genius, Glénat propose un récit très surprenant. Loin du froid futurisme, le lecteur jeune ou un peu moins est conquis par l’émotion. A l’image de la rencontre avec un nouvel ami, cette série perturbe au début puis on ne peut plus s’en passer et le temps paraît trop vite une fois que c’est fini. On attend vite de la retrouver l’été prochain.

      Si les récits young adults vous intéressent, vous pouvez consulter nos chroniques sur Phobos et Strange Academy.

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