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    Le grand scénariste de science-fiction, Leo, vous ouvre les portes de son nouvel univers dans le premier acte de Demain. Partez aux États-Unis dans les années 1950 et en France dans un futur proche pendant que des évènements étranges se produisent.

    Un duo confirmé

    Luis Eduardo de Oliveira, dit Leo, est un créateur de planète. Depuis Aldébaran, le scénariste et dessinateur a apporté un nouveau regard sur le futur. Dans ses différents mondes, la nature n’est plus un décor mais le sujet principal. Le lecteur se passionne sur une faune et une flore impossibles sur Terre et le plus souvent en mutation formant des paysages totalement neufs. Fort de ce succès, il a proposé plusieurs autres séries élargissant ce concept. Chez Delcourt, il s’est associé avec Rodolphe dans Centaurus et Europa. En ce début d’année, ils lancent ensemble une nouvelle série assez différente : Demain. Dans les premières pages, ce titre semble très mal choisi…

    Deux espaces pour deux récits

    Le début de ces auteurs majeurs de la bande dessinée de SF est surprenant : un groupe d’étudiants et d’étudiantes vit dans l’ambiance innocente des années 1950 aux États-Unis. La suite est encore plus perturbante. Le lecteur passe sans transition dans un village des Alpes françaises. Une famille affamée est menacée par un groupe paramilitaire. Le père reçoit, pour avoir soigné l’un des soldats, une pièce de 500 euros. Rien à voir avec le présent. Demain s’inscrit donc dans le genre de l’anticipation, un futur de science-fiction mais proche du présent. Il y a certes de nouveaux véhicules et une situation politique différente mais on ne voit pas de navettes spatiales et de canons lasers. Demain propose également une vision sombre du futur. Une jeune fille devient une femme désabusée en découvrant la dureté du monde : la loi des juges a laissé place au bruit des armes. L’état de guerre est permanent et sans véritable camp. La pauvreté est donc largement répandue. Chacun vit pour soi sans esprit communautaire.

    Mais Demain navigue entre les genres. Dans les pages sur le passé, Leo et Rodolphe construisent une bd d’horreur par une disparition dans des maisons abandonnées lors d’une soirée entre étudiants. Une étrangeté s’installe progressivement dans ce récit en suivant en parallèle deux lignes temporelles apparemment sans lien. Quelle est cette pièce mystérieuse dans la maison abandonnée du passé ? Pourquoi l’Europe n’a plus de médecins et d’où viennent ces animaux mutants dans le futur ? Ce ne sont que les premières questions qui viennent à l’esprit du lecteur mais, autant aux États-Unis qu’en France, le quotidien est rempli d’éléments absurdes. On n’est pas dans Star Trek mais dans l’Incal. C’est d’ailleurs par le rêve que les personnages en apprennent plus. Deux adolescents des deux époques que tout semble séparer et qui pourtant se retrouvent dans leurs songes.

    Le duo de scénariste fait appel pour Demain au dessin classique de Louis Alloing. On pense à des tenants de la ligne claire réinventée dans les années 80 comme Ted Benoît. Si la représentation des visages peut décevoir, Alloing vous offre de très beaux décors en particulier l’architecture d’une ville américaine et les voitures.

    Leo, avec Rodolphe, nous ouvre les portes d’une série onirique dans Demain. Ce premier acte propose une histoire volontairement floue qui déstabilise mais l’ambiance étrange semble annoncer un passage progressif dans un autre monde. En effet, le livre se termine par un rapprochement progressif des deux récits.

    Si vous cherchez d’autres récits de science-fiction, vous pouvez trouver les chroniques de Kill Tête-de-Chien et American Ronin.

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