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      « Conduite interdite », la liberté qui bouillonne

      Avec Conduite Interdite, Chloé Vary nous permet de nous glisser un instant dans l’abaya d’une femme saoudienne, contrainte chaque jour mais vibrante de liberté.

      A l’heure où l’Arabie Saoudite est élue à la Commission des droits des femmes de l’ONU, il est bon de se rappeler ce que vivre en tant que femme en Arabie Saoudite signifie au jour le jour. Avec le personnage de Nour, le lecteur ou la lectrice peut s’y projeter, entrant sur la pointe des pieds dans ce pays où la justice a condamné un jeune de 17 ans (au moment des faits) à être crucifié pour avoir critiqué l’État sur son blog.

      Retour d’Occident

      Le déclencheur, pour Nour, c’est un voyage. En Angleterre, elle a pu goûter à une liberté qui lui était jusque là inconnue et inaccessible. Elle y fait l’expérience d’une société et d’une réalité différentes, en particulier sur les questions d’égalité des sexes. Dès lors, c’est décidé : il n’y aura pas de retour en arrière. Problème : elle est bel et bien de retour dans son pays. Pays qu’elle aime, mais dans lequel elle est considérée comme mineure sa vie entière, passant de la tutelle de son père à celle de son mari.

      Ce retour met en exergue ses droits, sa condition, son existence dans l’espace public d’une nouvelle manière. Ses liens avec sa mère, ses amies, s’en trouvent modifiés. On assiste à ces moments touchants, à des échanges pudiquement dévoilés entre Nour et sa mère. Elles parlent de sujets cruciaux, avec tout ce paradoxe : comment parler de ce qui n’a pas le droit d’exister ?

       

      L’évolution, la mobilisation

      Nour refuse de se soumettre. Mais que faire face au sexisme d’Etat, à la Mutawa (comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice), qui se charge de le faire appliquer avec zèle ? Paradoxalement, se trouver un mari est un premier moyen. A plus grande échelle, comme souvent, c’est le collectif qui fait la force. Nour a vent de femmes qui se réunissent pour discuter, échanger, construire une nouvelle vision de leur pays et se mobiliser pour leurs droits. « Des Saoudiennes qui, simplement, tentaient de vivre ».

      Il n’est pas question ici d’héroïsme hollywoodien, ou d’icônes. Ce sont des femmes, avec leurs vies, leurs envies, leurs joies, leurs difficultés… et leur envie de se révolter. Ne plus craindre. Ne plus avoir honte. Exister. Manifester.

      Ces femmes, chacun et chacune peut s’y identifier. Elles sont inspirantes car elles sont vraies. Elles viennent avec leurs sourires et leurs peurs, et leur envie d’avancer. Et elles y parviennent, petit pas par petit pas. Ensemble. En cela, tout le monde peut s’en inspirer.

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