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      The Watchmen : de l’autre coté du miroir

      Les monde parallèles sont monnaie courante dans l’univers des comics américain, un moyen pour les auteurs de recommencer à zéro. Si certains de ces mondes sont purement fictionnels, certains s’inspirent de faits réels afin de paraitre plus réaliste. C’est le cas de l’univers de Watchmen dont nous allons vous parler aujourd’hui !

      Un monde a part

      Lorsqu’en 1986, DC comics publie Watchmen, il apparait d’emblée plus mature et réaliste que ses prédécesseur. Né de l’alliance du scénariste Alan Moore, récompensé pour son travail sur des œuvres comme V pour Vendetta, et du dessinateur Dave Gibbons, Watchmen a tout d’un grand comic.

      Watchmen met en scène un univers sombre et torturé, à la fois proche et différent de celui que nous connaissons. Le récit se déroule à New York, dans un 1985 où le président Nixon en est à son cinquième mandat et où l’holocauste nucléaire se précise de jour en jour.

      Watchmen pourrait se résumer en une question : à quoi ressemblerait le monde si les super-héros étaient une réalité ? C’est en abordant la question de la façon la plus réaliste possible qu’Alan Moore a créé son univers.

      Des héros atypiques

      Ici pas de Superman ou de Batman, mais des héros uniques, noirs et torturés, évoluant dans une société en crise. Aussi, les justiciers masqués ne sont plus que des reliques du passé, cherchant leur place dans un monde qui les a rejetés. Parmi les rares héros survivants, certains ont décidé de servir leur pays, comme le Comédien, tandis que d’autres continuent d’œuvrer dans l’ombre, comme Rorschach.

      A travers ses héros, Alan Moore critique la société. S’inspirant de la défunte ligue de héros de chez Charlton Comics, les Mighty Crusaders, les auteurs ont créé des héros atypiques tels que le Hibou, le Juge masqué, Miss Jupiter ou encore Bill Dollars.

      Tantôt sombre, tantôt coloré, Watchmen dévoile au fil de ses pages un monde torturé à l’image de la société des année 70-80, déchiré par les conflits périphériques et par les tensions mondiales exercées entre l’URSS et les Etats-Unis.

      La menace de l’atome

      Dans Watchmen, comme durant la guerre froide, l’arme atomique est au centre du récit. Celle-ci prend même forme humaine via la personne du Dr Manhattan !

      Victime d’un accident, le physicien Jonathan Osterman devient quasi omnipotent et peut influer sur la matière au niveau atomique. Tenant son nom du projet Manhattan, le projet de recherche ayant conduit à la fabrication de la première bombe atomique, le héros se présente donc comme une arme de dissuasion nucléaire.

      Dieu existe et il est Américain. Si, après avoir médité quelques instants cet énoncé, vous commencez à vous sentir glacé d’effroi, ne vous inquiétez pas. Devant un tel concept, ressentir une terreur religieuse intense et écrasante signifie simplement que vous conservez encore votre équilibre mental.

      Si dans Watchmen les Américains ont gagné la guerre du Vietnam, c’est uniquement parce que le super-héros à la peau bleue fait partie intégrante du dispositif militaire américain. C’est un dieu parmi les mortels, comme peut en témoigner la scène du film Watchmen, sorti en 2009, où l’on voit des soldats vietnamiens se livrer au héros et s’agenouiller à ses pieds comme des religieux priant une divinité. 

      Manhattan incarne donc la peur de l’arme nucléaire dans une Amérique à l’avenir incertain, mais il représente également un avenir tourné vers l’espace et bercé par les prouesses technologiques.

      Une justice sans visage

      Dans l’ombre de Manhattan gravitent divers autres héros, des individus qui ont choisi d’agir pour le bien commun. Parmi eux, il y a Rorschach, un justicier masqué aux méthodes violentes et implacable.

      Vêtue d’un impair et d’un vieux chapeau usé, Rorschach semble être le seul à voir le monde tel qu’il est vraiment. L’enquête qu’il mène sur le meurtre du Comédien constitue le fil conducteur de l’histoire de Watchmen et, dès le début du récit, le lecteur peut cerner le caractère atypique de cet antihéros sans visage.

      Ce matin, carcasse de chien dans ruelle, trace de pneu sur ventre éclaté. Cette ville me craint. J’ai vu son vrai visage. […] quand enfin les égouts refouleront, toute la vermine sera noyée. Toute l’ordure accumulée de leur sexe et de leurs meurtres moussera jusqu’à leur cou, et toutes les putes et les politiciens lèveront la tête, criant “sauvez-nous !“…et d’en haut je regarderai et chuchoterai “non »

      Issu d’un milieu défavorisé, le personnage apparait comme l’incarnation du peuple américain dans un monde paranoïaque et dépourvu de moralité. Il est la colère contenue du citoyen moyen contre les inégalités du gouvernement en place.

      Mais Rorschach est également le reflet de l’état psychologique d’une époque, tirant son nom du célèbre test d’évaluation psychologique des taches d’encres. Les taches mouvantes de son masque font donc du personnage une sorte de miroir : chaque individu, peut se voir, se révéler à lui-même, dans les taches de son visage !

      Plus qu’un comic, Watchmen apparaît comme le reflet déformé d’une société en crise. C’est dans le climat d’hostilité des années 80 qu’Alan Moore a créé son univers de super-héros sombre et réaliste. Aussi, il y a glissé de nombreuses critiques visant le gouvernement américain, notamment sur la guerre du Vietnam. The Watchmen, un comic que l’on vous recommande !

      Goblinleader96
      Collectionneur de comics depuis l'enfance, je suis également l'auteur d'un mémoire sur la représentation historiques dans les comic books américain. L'univers geek c'est mon rayon, les super-héros c'est mon truc, mais pas que !

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