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      L’Éternel Retour du Baron de Crac

      Grâce au cinéma, le Baron de Münchhausen, ou Baron de Crac de notre côté du Rhin, demeure une figure toujours populaire auprès d’un public à chaque fois renouvelé. Il revient en bande dessinée chez Delcourt sous un jour inhabituel grâce à la plume et au pinceau de Jean-Luc Masbou, dessinateur de l’incontournable et indispensable De cape et de crocs.

      Qu’allait-il donc se passer après De cape et de crocs pour ses brillants auteurs ? Alain Ayroles, scénariste de la série avait déjà répondu à la question l’année dernière aux côtés du non moins talentueux Juanjo Guarnido, dessinateur de Blacksad (Dargaud), en publiant une des merveilles de 2019, Les Indes fourbes. Un an plus tard, c’est donc au tour de Masbou de se rappeler à notre bon souvenir en nous peignant la vie de l’inénarrable Baron Karl Friedrich Hieronymus de Münchhausen (1720-1797). Car, et c’est un fait peu connu, le Baron a réellement existé.

      Le Baron revu et corrigé par lui-même

      Au lieu de nous servir une énième version des péripéties burlesques du Baron, Masbou a choisi cette fois de nous montrer la vie de ce personnage historique revenu profiter de la paisible vie de châtelain après avoir raccroché son épée de mercenaire… jusqu’au jour où un marchand ambulant arrive dans le village voisin avec un exemplaire du livre narrant ses rocambolesques aventures. Le Baron va alors se poser en commentateur de sa propre biographie, ce qui ne manquera jamais de susciter l’amusement. On a même parfois l’impression d’apercevoir un goupil ou un janissaire connu au coin de l’une ou l’autre case.

      L’Auteur s’amuse… le lecteur itou

      Dès les premières pages, on sent que Masbou se délecte à mettre son récit en images. On retrouve la patte familière qui nous avait enchanté durant les dix tomes (plus deux) de De cape et de crocs. Mais le dessinateur use aussi de styles variés pour illustrer des parties spécifiques (dessin naïf, monochromie, sanguine…) Son histoire n’est pas en reste, et n’est pas superficielle comme certains auraient pu l’appréhender. Derrière l’humour et la fantaisie, il y a une réelle proposition sur le vieillissement du héros qui n’a plus de combats à mener et qui doit affronter le reste de sa vie dans la paix du quotidien et de la routine.

      Le Baron est un bel album de soixante-quatre planches merveilleuses qui ravira non seulement les connaisseurs de l’auteur mais également ceux qui le découvriront par ce biais. Gageons que ce beau livre (à la fin duquel on trouve quelques dessins préparatoires et autres crayonnés – un peu illisibles, il est vrai) trouvera une place de choix aux pieds des conifères de décembre (artificiels ou pas).

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