More
    More

      Adventureman : La fin et tout ce qui s’ensuit

      Adventureman, le plus puissant super-héros des États-Unis, va mystérieusement disparaître alors que le conflit avec l’Allemagne nazie s’annonçait. Des décennies plus tard, tout le monde semble l’avoir oublié sauf Claire et son fils Tommy qui veulent découvrir la solution de ce mystère.

      Un début (de fin) spectaculaire

      Éditée par Glénat, la très belle couverture mat et brillante incite à ouvrir le livre qui démarre par l’attaque massive de multiples dirigeables dans un New-York des années 30-40. L’heure est arrivée pour Adventureman et ses alliés d’affronter leur Némésis, le Baron Bizarre. On sent de suite l’inspiration des super-héros quand la situation de l’équipe d’Adventureman est si catastrophique que chacun boit le super-sérum. Cependant, comme d’habitude, le bien va l’emporter… mais pas cette fois : Adventureman est vaincu et le Baron Bizarre a gagné…. Enfin c’est ce que raconte la dernière page que Tommy vient de finir. Frustré par cette fin, le garçon demande à Claire, sa mère célibataire, d’en savoir plus. Celle-ci semble désemparée car il n’y a pas d’autres livres…jusqu’à ce qu’une femme mystérieuse lui confie une édition inédite des récits d’Adventureman… cette lecture va transformer la vie de cette femme qui adorait la routine et refusait l’action car la curiosité la pousse à aller vérifier ce que décrit le livre. La fin et tout ce qui s’ensuit est donc un hymne à l’imagination. Depuis le contact avec ce livre, Claire voit des signes sur les cartes et sur les immeubles qui n’existent pas pour les autres. Claire va sauver des gens grâce aux récits d’Adventureman.

      Adventureman à New York

      Une fiction sur le pulp

      Ce début montre bien le caractère parodique de ce scénario de Matt Fraction qui rend hommage aux pulp, ces récits d’aventures bon marché vendus avant et après la Seconde guerre mondiale dans tous les coins de rues des villes américaines. Cette influence est marquée par les personnages principaux. Adventureman est non seulement une masse de muscles mais aussi un scientifique de génie. Il est entouré par une équipe aux spécialités dignes d’un roman populaire avec un magicien en smoking et un mage indien. Ils s’opposent à un sorcier et à sa bande composée de nazis démoniaques et d’une pirate. Adventureman est un bel hommage par les personnages, les décors mais aussi les parodies des romans écrits par Matt Fraction.

      On sent également que le dessinateur Terry Dodson se passionne pour cette période. Il s’amuse à dessiner des intérieurs remplis des meubles Art Déco. Les couleurs chaudes et cotonneuses avec colorisation numérique renforcent l’élément fun du scénario. Un dossier complet de croquis de Dodson est accompagné des riches commentaires de Fraction pour comprendre les racines et les buts de ce titre. Cependant, le dessin est parfois bâclé dans l’encrage mais il pourrait s’agir du changement de format. En effet, le format franco-belge de l’édition française signifie que l’on a agrandi les dessins.

      Un pulp modernisé

      Adventureman un dessin charmant

      Le scénariste n’est cependant pas dupe des problèmes que posent aujourd’hui ces récits (le racisme, la misogynie). Il diversifie donc l’équipe d’Adventureman et fait le choix d’une héroïne principale. Claire est une mère célibataire sourde et juive qui vit dans une maison du XIXe siècle. Elle adore profiter de son handicap pour s’isoler du monde quand elle déconnecte ses appareils auditifs lors du sabbat avec son père et ses six sœurs. En effet, elle vit dans une famille nombreuse adoptée mais elle se sent nulle. Elle n’est pas archiviste, avocate ou scientifique mais elle a repris la librairie d’occasion de sa mère. Fraction et Dodson apportent aussi un décalage par les anachronismes : une femme en robe de deuil du XIXe siècle se fait kidnapper par des hommes composés d’une nuée d’insectes. L’écriture permet de retrouver ce qui a disparu, ce qui est caché au commun des mortels.

      Adventureman est un récit fun qui reprend certains codes du pulp mais joue aussi avec en les modernisant. Claire est en colère quand son fils ne répond pas à ses sms en classe mais l’héroïne grandit à la fois symboliquement et physiquement par l’expérience. De plus, le tome rassemblant les quatre premiers épisodes de la série ménage le suspens par sa fin abrupte d’épisode.

      Vous pouvez retrouver la généalogie des pulp sur notre site et une version plus européenne de ce genre avec Nathanaëlle.

      0

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

      Publicité