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      7 Deadly Sins un western sanguinolent

      Le western est depuis longtemps – et de plus en plus – un genre populaire de la bd franco-belge mais il est bien plus rare dans la bd américaine. 7 Deadly Sins est donc une sortie importante d’autant plus qu’elle marque l’arrivée d’une nouvelle maison d’édition en France, TKO, grâce à Panini comics. Chargez vos Smith & Wesson car de nombreuses menaces rôdent…

      Des criminels à la rescousse

      Dès la première page, l’action propulse le lecteur en 1867 au Texas. Le comanche Nuage noir et sa tribu (dont l’un est un européen) attaquent des colons puis kidnappent une femme et un enfant. Dans un village proche mais protégé par une milice, le Père Threadgill est choqué de ces violences et en parle à son assistant Antonio. Le prêtre part aider ces victimes. Pendant ce temps, Padre Antonio vient en prison confesser des criminels. Il commence par rencontrer Jericho, un soldat noir du Nord perdu dans le sud. Il était le héros des esclaves pendant la guerre mais il a basculé dans la violence et vient de frapper une tenancière de bordel car elle a vendu ses jumelles à la mort en couches de sa femme. Il est donc placé en cellule avec cinq autres personnes que l’on rencontre dans le premier chapitre de présentation. Ils sont tous condamnés à mort en partance vers la prison : Irish Claire est une braqueuse de banque androgyne, Malene Johnson ancienne esclave enceinte a tué ses anciens propriétaires, Dapper Dudley est la meilleure gâchette de l’ouest dans des spectacles et Hogg Smith gros cannibale a mangé ses compagnons pendant la guerre dans un siège. Avec Antonio, ce sont eux les 7 Deadly Sins, car chacun illustre un péché capital car les six prisonniers sont libérés par l’assistant du prêtre qui les recrute comme mercenaires. Ce n’est pourtant que le premier des nombreux rebondissements. Ces tueurs s’entendent pour fuir ensemble mais, pour autant, ils sont loin  d’être alliés ou amis mais doivent s’entraider dans une quête pour l’or ou le rachat d’un péché alors qu’ils sont pourchassés par des Rangers dans un territoire indien guerre. Le lecteur suit alors une course-poursuite dans le désert au milieu de menaces constantes.

      Un Ouest pas si tranquille dans 7 Deadly Sins

      Une violence omniprésente

      Tout en suivant l’aventure du groupe, on découvre progressivement le passé de chacun par des flashbacks en particulier la vie tragique de Malene. Chacun dans cette troupe a eu une vie sombre et souvent très gore. Des scènes marquent par leur violence car ce récit dévoile la face cachée des films ou des bd des années 50. La vengeance est dans la loi alors que les Indiens sont certes violents mais subissent surtout un génocide. On découvre le contexte de l’après-guerre de sécession. D’ancien soldats du sud ou du nord sont devenus des voleurs. Les esclaves sont libres sans que leur vie change au quotidien car ils doivent continuer à travailler pour leur anciens maîtres pour des salaires de misère et même payer le gîte et le couvert. En fait, ils sont tellement endettés qu’ils passent leur vie à rembourser leur patron. De plus, ce monde est celui d’après les mythes de l’ouest. Comme le dit un personnage, il n’y a plus de place pour les héros. Cette violence coule des cases car le dessin du russe Artyom Trakhanov est assez différent du réalisme super héroïque que l’on trouve habituellement en bd. Par les visages caricaturés, on est étrangement proche de la bd d’humour franco-belge dans certaines cases. Ailleurs, les visages sont grimaçants et parcourus de balafres. On pense aussi aux caricaturistes du XIXe siècle comme Daumier.

      Un western entre tradition et XXIe siècle

      Tze Chun est au départ un scénariste de cinéma et cela se ressent dans la lecture. Avec ce groupe hétéroclite et peu fiable, on pense aux Sept mercenaires. On retrouve les codes du western classique et du western spaghetti mais le scénariste les bouscule par des problématiques plus modernes. Le prêtre n’est pas un saint homme mais il a un coffre-fort débordant d’or et paie les Texas Rangers pour être tranquille. Même si le genre majeur du comics actuel est celui des super-héros, on apprend dans la très bonne introduction retraçant l’histoire du genre dans le cinéma et les divers pays de la bd que dans l’après-guerre le western était plus populaire que les super-héros. De plus, contrairement à de nombreuses bd, le récit ne montre pas des grands espaces mais Artyom Trakhanov crée une mise en page et des cases sans décors, des pages étouffantes en lien avec l’ambiance poisseuse et sombre du récit.

      7 Deadly Sins une série de TKO chez Panini Comics

      Parti d’une attaque de ferme, 7 Deadly Sins devient l’épopée de marginaux qui se révèlent bien plus solidaires et humains que la société locale. La violence frappe le lecteur jusqu’à la bataille finale sanglante. Plus que le dessin gore, c’est le destin complexe de ce groupe d’anti-héros qui laissera une marque (rouge sang forcément) dans votre esprit.

      Vous pouvez lire d’autres chroniques sur le western comme Red Clay Chronicles ou Marshall Bass.

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