Double illusion des œuvres sidérantes de Véronique Barrillot

Double illusion des œuvres sidérantes de Véronique Barrillot

Il est des rencontres artistiques qui fascinent et surprennent. Après de nombreuses années dans les cercles de l’Art, cela devient hélas de plus en plus rare. Pourtant, les œuvres de Véronique Barrillot ont ce pouvoir de surprendre et de faire retomber dans l’émerveillement de l’enfance en rappelant que l’art n’est qu’illusion, avec cette dose de magie qui vous transporte dans un ailleurs habituellement inaccessible.


Peintre totalement autodidacte, Véronique Barrillot a débuté dans la réalisation de fresques de grandes dimensions. Puis un jour, à la demande d’un client, elle passe au format châssis. C’est lors de cette transition qu’elle découvre la superposition en peinture, c’est-à-dire la juxtaposition de deux sujets indépendants sur une même toile qui se dévoilent tour à tour en fonction de la manière dont on les regarde, telle une illusion d’optique en 3D.
S’affranchissant de l’art optique et des illusions d’optiques, si chères à Dali ou encore à Vasarely, qui se manifestent sur le même plan visuel (on ne parle pas ici de la profondeur de plan dans la toile), dans les toiles de Véroniques Barrillot, il y a bien deux plans picturaux distincts. Ce n’est pas non plus une anamorphose, c’est encore différent et inédit. Visuellement, on oscille entre pop art et surréalisme dans un déferlement de couleurs et de références iconiques.


Si la technique mise patiemment au point depuis deux ans est bluffante, elle n’en est pas moins fastidieuse. Ainsi, chaque œuvre nécessite pas moins d’un mois de travail pour la superposition couche après couche de peinture, ce qui explique la production encore restreinte. Il est a noter que la technique est, pour le moment, totalement empirique et non théorisée.


Mais revenons aux œuvres. Le cerveau, est mystifié. Comme devant un tour de magie, l’on sent qu’il y a un truc, mais quoi ? Cette innovation picturale n’a d’ailleurs pas échappé aux professionnels puisque Véronique Barrillot vient de recevoir le prestigieux Trophée Jean-Charles Hachet : le Grand Prix européen d’Art Contemporain 2017 couronnant déjà sa jeune carrière. « Ce prix récompense un artiste contemporain pour la qualité et l’originalité de son œuvre. Un jury composé de responsables d’expositions, de critiques d’art ou encore de collectionneurs examine les œuvres pour ensuite récompenser un artiste. »


Il y a tout de même quelque chose d’assez frustrant dans ces œuvres, il est impossible de les photographier sans casser la magie. Aussi, si vous passez par Dijon, faites un détour par l’atelier de l’artiste, vous aurez très probablement la chance de la voir au travail et de pouvoir discuter avec elle.

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