Cassandra: Un seul en scène très plaisant

Cassandra: Un seul en scène très plaisant

cassandraCe 28 mars, nous avons eu l’occasion de nous rendre à la première de Cassandra, un seul en scène de Rodolphe Corrion porté par la comédienne Dorothée Girot au théâtre de l’Epopée à Levallois.

« À peine s’est-elle aperçue qu’elle était dotée d’un pouvoir de divination que Théodora décroche le rôle de Cassandra dans un populaire soap opéra à l’américaine. Le succès est au rendez-vous, tant est si bien qu’elle est pressentie pour prendre les rênes du pouvoir politique. Et plus elle prévoit des catastrophes pour le pays, plus les gens veulent voter pour elle ! Nouvelle Cassandre, Théodora sent le malheur mais ne peut résister à l’appel du peuple. Une fable drolatique où la mythologie rencontre la culture télé. »

La fable, composée d’instants du quotidien dans lesquels chacun pourrait trouver un écho, fait évidemment référence au mythe de Cassandre, mais a aussi des fragrances du philosophe sorti de la caverne de Platon. Les états d’âme de Théodora rappellent avec justesse ceux de toute une génération en proie au chômage et à la culture d’une « réussite » sanctionnée par la popularité et l’audimat tandis que la qualité devient un paramètre secondaire. L’épiphanie de milieu de pièce, le choc qui va tout changer dans la vie du personnage, est à la fois violente et salvatrice ; et Théodora de se précipiter dans la caverne pour en faire sortir le peuple et lui faire détacher le regard des ombres qui dansent sur sa paroi en lui faisant découvrir la lumière du soleil. Mais elle est aussi Cassandre, celle qui parle vrai mais n’est dotée d’aucun pouvoir de persuasion, et le doute la prend : n’est-elle pas trop petite ? Connaître l’Histoire à venir permet-il de la changer ? Et n’y a-t-il pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ?

Si la pièce porte sans les dire des implications philosophiques évidentes, elle n’en est pas moins divertissante. La mise en scène de Rodolphe Corrion dose habilement le sérieux du propos avec la légèreté de ton, et Dorothée Girot, qui interprète un personnage à fleur de peau mais impudique dans ses fragilités, livre pendant une heure dix une performance drôle et intime.

Du mardi 28 mars au samedi 1 avril à 20h30
Dimanche 2 avril à 16h

 

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