F(l)ammes, quand 10 jeunes femmes de banlieue prennent la parole !

Avec F(l)ammes, l’auteur et metteur en scène Ahmed Madani propose un portrait sensible et fougueux  de 10 jeunes femmes issues de quartiers sensibles. Après leur série de représentations à la Maison des Métallos, elles joueront du 16 novembre au 17 décembre au Théâtre de la Tempête à la Cartoucherie.


F(l)ammes
, ou le théâtre documentaire selon Ahmed Madani

En 2013, Ahmed Madani proposait une pièce poignante sur des jeunes hommes du Val Fourré. Fort du succès d’Illumination(s), premier volet d’une trilogie de théâtre documentaire, F(l)ammes donne la parole à des jeunes femmes issues de l’immigration. Pendant 1h45, ces dix étincelles nous livrent avec générosité et sincérité leurs récits de vie.

Pendant deux ans, le metteur en scène a recueilli la parole de ces femmes. On entend d’ailleurs des bouts d’enregistrements à plusieurs moments de la pièce. Chacune a sa trajectoire personnelle, ses déboires intimes et ses propres rêves. Leur point commun : de par leurs origines familiales, elles sont liées de force ou de gré à la grande Histoire de l’immigration. Leurs parents viennent des Caraïbes, d’Algérie ou encore de Guinée.

Contrairement à Illumination(s) qui avait pris la forme d’une pièce de théâtre avec des scènes inspirées de la réalité, F(l)ammes penche du côté de la docu-fiction. Les témoignages des jeunes femmes se succèdent, laissant place à une émotion tout en retenue mais qui circule parfaitement de la scène à la salle.

La rencontre de deux France

A travers des anecdotes précises et personnelles, le public apprend à les connaitre. Et découvre peut-être une partie de la population française qu’il côtoie sans le savoir, avec laquelle il a peu d’échanges quotidiens effectifs. Pourtant, on les croise, dans la rue, les transports en commun. Pourtant, on en entend parler, dans les faits divers, les discussions politiques, les films.

Comme dans A Vif, de Kery James, ou Stadium, de Mohamed El Khatib, ce sont ici deux France qui se rencontrent le temps d’un spectacle. Le public de théâtre et une population de banlieue. Précisons d’ailleurs que, dans la salle conquise des Métallos (ces 10 flammes lumineuses ont eu le droit à une standing-ovation), les spectateurs représentaient particulièrement la diversité de la France.

« Nous sommes avant tout des femmes, françaises, des êtres humains ! »

Et sans doute, encore plus important, il arrive qu’au long du spectacle, les histoires de ces femmes brisent les frontières des origines. On se retrouve à s’identifier à l’une ou l’autre. Car elles sont avant tout, et elles le clament, des êtres humains, et des êtres singuliers avec des préoccupations universelles. Certains se retrouveront dans les relations parents-enfants, d’autres dans cette histoire d’amour raté, d’aucuns encore dans cette intimité particulière avec une grand-mère sur le point de mourir.

Au-delà de leur affection clamée pour la France, leur pays, F(l)ammes est donc également un hymne à la vie, à leur passé, à leur présent et à leur futur que ces 10 énergies pétillantes nous livrent avec fougue et espoir !   

 

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