The Punisher : retour sur les précédentes adaptations du personnage

The Punisher : retour sur les précédentes adaptations du personnage

Ce vendredi sort sur Netflix la première saison de la série The Punisher. Portée par Jon Bernthal, le personnage a été introduit dans la saison 2 de Daredevil. Alors que les premières images annoncent une série violente, rythmée aux douces notes de Metallica, faisons un petit retour sur les autres adaptations de l’anti-héros Marvel.

 

Le Punisher créé par Gerry Conway, Ross Andru et John Romita, Sr. (1974) 

Le personnage apparaît pour la première fois en 1974 dans un comics Spider-Man mais il faut attendre 1978 pour son arrivée en France. Frank Castle est d’abord policier ; à la mort de sa famille, tuée dans un parc par des mafieux, il sort de ses gonds et devient un véritable anti-héros, tueur de tueurs. En 2000, le personnage est relancé à travers les mini-séries de Garth Ennis. Le personnage se débarrasse de ses gadgets et son côté James Bond, pour devenir l’anti-héros froid et déséquilibré aujourd’hui célèbre. Il réapparait ensuite en 2006 à l’occasion du cross-over Civil War, où il rejoint le camp de Captain America. Puis il rejoint l’équipe des Thunderbolts, équipe d’anti-héros douteux, dirigée par Red Hulk, alias Ross Thunderbolt, le général qui a poursuivi Hulk pendant toute son existence. Cette équipe a notamment été composée de membres tels que Deadpool, Ghost Rider, Venom ou Elektra. Le Punisher a ensuite trouvé la mort, tué par Daken, le fils de Wolverine, avant de revenir sous la forme de Frankencastle, un Punisher mixé avec le monstre de Frankenstein. Une idée douteuse qui n’a heureusement pas durée.

 

Punisher réalisé par Mark Goldblatt (1989)

Il s’agit de la première adaptation du Punisher au cinéma. Cette version, d’origine australienne, reste relativement fidèle au personnage. Frank Castle a perdu sa famille et a décidé d’appliquer la loi de l’autre côté de la ligne. En devenant hors-la-loi, il venge les opprimés et condamne les coupables. Dolph Lungren, super star des films d’action des années 1990, récemment dans la grande équipe Expendable, porte le costume de tête de mort. Il offre une prestation évasive, presque fade, malgré un physique convaincant. C’est un peu le problème reproché récemment à Henry Cavill (Superman) et Gal Gadot (Wonder Woman), qui sont physiquement irréprochables, beaux, charismatiques et imposants, mais ne traduisent aucun jeu. C’est pareil ici pour Dolph Lungren. L’acteur est musclé, beau, charismatique mais son jeu est totalement absent. Il n’y a pas d’opposition entre l’avant et l’après du meurtre de sa famille. Ainsi, le cinéaste décide de ne pas montrer Franck Castle, mais uniquement le Punisher. Il n’y a pas l’opposition entre les deux versions du personnage, donc l’évolution entre les deux statuts n’apparaît pas. Les enjeux qui animent le personnage, ses peurs, ses motivations ne sont donc pas mises en avant. Toute l’identité du personnage est travestie, amputée de sa genèse. 

Au delà, cette adaptation du Punisher sent clairement le sapin. Tout est en carton pâte. Les personnages sont caricaturaux, les méchants sont ridicules, les dialogues totalement vides, les situations sont attendues et pas franchement passionnantes, et les acteurs cabotinent autant qu’ils le peuvent. Le film, totalement rectiligne, n’est animé par aucune conviction, seul reste un goût acre et fade dans la bouche. Les combats ne sont pas transcendants, s’enchaînent pour meubler un film sans histoire, à la violence épurée.

 

The Punisher réalisé par Jonathan Hensleigh (2004) 

Jonathan Hensleigh, surtout scénariste, notamment sur Armaggedon et Jumanji, a également réalisé Irish Gangster. Avec The Punisher, il offre certainement son rôle le plus culte à Thomas Jane (Ne t’endors pas), qui endosse le rôle de Frank Castle. Cette fois, le film choisit de montrer l’avant Punisher, où Frank Castle était encore policier. Un parti prix évident qui permet de voir l’évolution du personnage, sa lente descente aux enfers et sa rédemption par la justice, ou plutôt la punition. Le personnage est relativement bien écrit, en tout cas suffisamment pour que le spectateur s’attache à lui. Davantage fidèle au personnage, The Punisher sonne comme un film d’action des années 1980, en retard sur son temps. Une certaine nostalgie ressort de cette œuvre obsolète dès sa sortie, qui s’est totalement trompée d’époque. La musique, les personnages, les situations et même les combats, tout respire les années 1980. 

Le personnage manque de folie, de démons, et apparaît davantage comme un bad guy façon John McClane. Thomas Jane, belle gueule, signe une prestation fade, sans expression. Censée être froide et distante, l’acteur tombe plus dans une forme de style ténébreux et taciturne, qui ne permet pas de faire ressortir la folie du personnage. Reste quelques belles séquences, notamment le combat au corps à corps dans la maison du héros, un méchant interprété par John Travolta, et quelques séquences d’action bien réalisées. Pour autant, face à des personnages secondaires insipides, une histoire classique de vengeance face à des méchants clichés et par un manque cruel de violence, le film de Jonathan Hensleigh ne parvient toujours pas à rendre honneur au Punisher. 

 

The Punisher – Zone de Guerre réalisé par Lexi Alexander (2008)

Cette fois-ci, le personnage est porté par Ray Stevenson (Volstagg dans la saga Thor), un autre bad guy du cinéma d’action. Cette version est réalisée par la réalisatrice Lexi Alexander, un détail à souligner dans le monde très masculin d’Hollywood. Cette jeune cinéaste allemande a tenté de se faire une place à Hollywood en signant quelques épisodes de séries : Taken, Arrow, Supergirl et Limitless. Mais son meilleur film reste Hooligans. Cette dernière adaptation cinématographique du Punisher offre également l’apparition d’un véritable super vilain, avec Jigsaw, ou le Puzzle en français. Jigsaw n’a pas de super-pouvoirs. Il est toutefois un bon tireur, et un combattant expérimenté, égalant même le Punisher dans ce domaine. Au fil de ses années dans la pègre, il a acquis une vaste expérience dans les domaines des techniques de combat de rue et de l’utilisation d’armes à feu et d’arme blanche. Dans cette version, le vrai nom de Jigsaw a été légèrement modifié pour Billy « The Beaut » Russoti. Alors qu’il assistait à une réunion, le Punisher attaque et tue une famille de la mafia. Billy s’échappe et est poursuivi par le Punisher. Plus tard, Billy tombe accidentellement dans un broyeur de verre, et le Punisher enclenche la machine. Russoti ne meurt pas mais son visage est horriblement défiguré. 

Plus moderne, le film souffre encore d’une histoire plate, d’un scénario ultra classique, mais les scènes de combats sont plus rythmées et plus impressionnantes. Ray Stevenson ne parvient pas à rehausser sa vision du personnage, et signe une prestation assez fade. Aucun acteur n’est réellement parvenu à transcender cet anti-héros culte de l’univers Marvel. De même aucun des films n’a su synthétiser la violence du personnage, ne parvenant pas à créer un univers fidèle et ultra-violent, en application de la vision des comics. 

 

Daredevil, saison 2 de Drew Goddard (2016)

Après une première saison très réussie, qui met en scène un Daredevil impliqué, utopique, loyal et performant, les showrunners ont décidé de l’opposer au puissant Punisher. Finalement, la série Daredevil signera l’adaptation la plus fidèle du personnage porté par Jon Bernthal (The Walking Dead, Baby Driver). L’acteur est le plus habité par son rôle, véritablement investi dans son personnage. L’acteur signe la prestation la plus fidèle du personnage grâce à une écriture qui démontre pleinement la folie qui l’anime. Le personnage est opposé à ses démons, à ses hantises, le réalisateur démontre ce qui l’anime. Il est totalement cinglé, déchiré à jamais d’avoir perdu sa famille, son seul remède ? La Punition. Le Punisher est ambigu, à la fois rebutant et attachant, animé par des volontés paradoxales de faire le bien via des méthodes horribles. Seulement, le personnage reste secondaire, et manque de développement. De plus, puisqu’il s’agit d’une série, la violence est totalement épurée, totalement diluée, et ne magnifie pas ce personnage ultra violent. 

 

La nouvelle série The Punisher sort donc ce vendredi 17 novembre sur Netflix. D’après les premières images, le show va retracer les origines du personnages. Mais recette Netflix oblige, nous pouvons craindre que cette série manque de violence, de ténèbres, de folie. D’autres adaptations de comics Marvel, Iron Fist et The Defenders, n’ont pas totalement convaincu à leur sortie, dû à un conformisme paresseux et un manque cruel d’ambition. The Punisher mériterait pourquoi pas une nouvelle adaptation cinématographique pour mettre en scène un Punisher violent et désespéré, pour rendre hommage comme il se doit au personnage papier. 

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