The Looming tower: Rencontre avec Tahar Rahim et Jeff Daniels

The Looming tower: Rencontre avec Tahar Rahim et Jeff Daniels

A l’occasion de la promotion de la nouvelle série produite par Legendary: « The Looming Tower », nous avons rencontré les 2 acteurs principaux, Jeff Daniels et Tahar Rahim pour une série de questions/réponses. Le premier, immense acteur (Seul sur Mars, Steve Jobs, Dumb&Dumber) a déjà été récompensé par un Emmy Award dans la série « The Newsroom« , et le second, double lauréat du César pour un même film (Un prophète) dont la carrière internationale est déjà impressionnante pour son âge.

The Looming Tower: adaptation éponyme d’un best seller centrée sur une histoire vraie

Dans cette série, les 2 comédiens interprètent des personnages majeurs d’évènements qui se sont produits à la fin des années 90, et qui ont inspiré le livre de Lawrence Wright qui remporta le prix Pulitzer en 2007. Ces évènements relatent les enquêtes de la cellule anti-terroriste de New-York du FBI contre la menace grandissante d’Al-Qaïda. Le directeur de la cellule John O’Neill (Jeff Daniels) recrute alors un jeune agent de confession Musulmane en la personne d’Ali Soufan (Tahar Rahim). Problème: la CIA ne leur délivre aucune information, et ils doivent redoubler d’efforts pour éviter le pire alors qu’un attentat se prépare dans une ambassade américaine.

Voici un retour sue les questions/réponses:

Question: Tahar, comment êtes-vous arrivé sur cette série?

Tahar Rahim: C’était d’abord une proposition reçue via mon agent américain qui m’explique de quoi ça parle et je pensais que ça serait encore un rôle de terroriste donc je lui dis que ce n’est pas la peine. Après qu’il ait insisté, je lis les 2 premiers épisodes (NDLR: Qui nous ont été projetés lors de cette soirée) car le reste n’avait pas encore été écrit. Après une rencontre sur Skype avec les producteurs, je leur dis que je vais réfléchir et que je parlerais à Ali, qui est le prénom de mon agent américain. Eux pensent qu’il s’agit d’Ali Soufan (la personne dont il interprète le rôle) et me disent qu’ils peuvent organiser un appel. Mais moi je leur dit que j’ai déjà son numéro à Ali,(Rires).
C’est en m’entretenant avec lui qu’il a terminé le travail car il m’a convaincu en m’expliquant ce qui allait se passer. Je conseille d’ailleurs de lire le livre car il est très enrichissant et on comprend beaucoup mieux d’où part toute cette histoire.

Question à Jeff Daniels: Jeff, votre personnage est très charismatique et coureur de jupons dans la série. Mais c’est aussi un personnage très complexe et différent de ce que vous avez déjà joué. Comment avez vous abordé le rôle? comment vous êtes-vous inspiré?

Jeff Daniels: J’ai décidé de prendre ce rôle car je n’avais jamais joué ce type de personnage avant. Je me suis demandé si j’en serais capable après 40 ans de carrière et ça m’a rendu plus intéressé. Pour l’inspiration, je ne savais rien du livre, ni de John O’Neill. Je devais donc tout étudier sur lui (NDLR: John O’Neill est décédé dans les tours du WTC lors de l’attentat du 11 septembre 2001), beaucoup parler avec à Ali Soufan et leurs collaborateurs au FBI qui ont été à leurs côtés pendant des décennies. J’avais donc une bonne idée de celui qu’il était.

Q: Tahar, dans le scénario et pendant le tournage, qu’avez vous découvert sur les renseignements américains et tout ce qu’on fantasme autour de ça grâce aux films?

TR: Il y a beaucoup de fantasmes c’est sûr. Quand je rencontre Ali Soufan et ses amis, je vois une bande de potes, mais quand il s’agit de travailler, ils sont totalement dévoués. Et quand on veut poser des questions un peu plus confidentielles, on n’a pas de réponse. Exemple: je lui demande si quand ils font des interrogatoires, ça devient un peu plus musclé. Je voulais avoir des détails pour nourrir mon personnage et lui me répond qu’on ne fait pas la guerre avec des bisous (rires). Rien de plus, mais au moins ça a le mérite d’être très clair. 

Q: Jeff, Comment votre expérience du 11 septembre a t-elle influencé votre décision de jouer dans cette série?

JD: J’étais à des milliers de kilomètres lors des attentats. Ensuite, Cela a engendré tous les problèmes de traffic aérien que l’on sait. Je pensais savoir l’histoire sur le 11 septembre, mais quand on lit le livre de Lawrence Right, on découvre qu’on ne sait rien, on ne connait pas la véritable histoire, et c’est pourquoi j’ai accepté le rôle.

Q: On dénote une part d’humour dans certaines répliques qui contraste avec les évènements tragiques. Etait-ce pour vous important dans le script?

TR: Des moments d’humour, heureusement qu’il y en a, sinon, on s’enterre à la fin de la série. C’est comme dans la vie, on a besoin de ce sas, et on l’a tous vécu à un moment dans notre vie. Sinon, la vie serait trop difficile. C’est ce qui fait aussi la force de l’écriture du scénario.

JD: Déjà, dans l’histoire, le personnage ne sait pas encore ce qui va se passer. Le spectateur le sait mais pas les protagonistes, qui espèrent qu’ils vont réussir leur mission. Ensuite, si vous avez déjà été à un enterrement, il y a toujours quelqu’un qui va dire quelque chose de drôle pour casser cette atmosphère triste. C’est dans la nature humaine et ceux qui écrivent les histoires savent cela. L’humour est un bon outil pour un écrivain. Il ne faut pas hésiter à l’utiliser car ça peut aider à capter l’attention du spectateur dans les premières minutes.

Q: Tahar, Avez-vous senti une différence avec la méthode américaine pour appréhender ce rôle?  Une différence entre vous et les acteurs américains sur les tournages, ou si c’est un fantasme de journalisme? 

TR: J’avais ce fantasme également en tant que spectateur, et en tant qu’acteur. Mais je me rends compte en avançant que chaque film nous impose une méthode et je n’ai jamais senti, ni subi cette méthode, si elle existe. C’est ce qui témoigne aussi peut-être de leur grand professionnalisme. 

Q: Quelle a été le moment de tournage sur toute la série qui vous a le plus marqué?

TR: Pour moi, il s’agit d’une scène de la fin de la série donc je ne peux pas la dévoiler totalement. Mais il y a une scène où Ali Soufan se retrouve face à l’ancien chef de la sécurité de Ben Laden. C’est un face à face entre un homme qui connaît très bien sa religion en face d’un mec qui se dit musulman mais qui ne la connaît finalement pas. Tout au long de cet interrogatoire, Ali va lui donner une leçon de théologie. Cette scène est magistrale car elle explique en 10 minutes ce qu’on s’efforce d’essayer d’expliquer pendant des heures et des heures. Et c’est pour ça que je la trouve extrêmement bien écrite.

 

La série The Looming Tower sort le 9 mars sur Amazon Prime video, à raison d’un épisode par semaine.

Bande-annonce:

 

2 Comments on this Post

  1. Merci pour la précision du « un épisode par semaine » car c’est écrit nul part sur le site d’Amazon 😉

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