Critique S2 « Dear White People » (Netflix) : la lutte continue

Critique S2 « Dear White People » (Netflix) : la lutte continue

Critique S2 « Dear White People » (Netflix) : la lutte continue

Rythme

Justesse

Photographie

Histoire

Summary:
Quel dommage que Dear White People perde son esprit rebelle ! Quelques intrigues nous tiennent encore en halène mais on ne retrouve pas totalement l'essence de la série. En espérant que la suite nous réservera de bonnes surprise ! On attend la saison 3 au tournant...

63%

Frustrant

Les étudiants de Winchester font leur grand retour après les récents événements qui ont marqué le premier semestre. Sortie le 4 mai dernier, voyons ce que la deuxième saison de Dear White People peut bien nous dévoiler concernant les trépidantes aventures des élèves d’Armstrong-Parker…

Black Face Party, menaces par arme à feu, micro-agressions, insultes et scandale sur fond de corruption : bienvenue à Winchester University ! Pour ceux qui s’aventureraient par mégarde sur cet article alors qu’ils n’auraient pas vu la première saison, on vous invite à binge watcher les premiers épisodes, sous peine de vous faire méchamment spoiler !

Bon, on va pas se mentir, c’était pas la joie à la fin de la saison 1. « TroyBama » se la joue rebelle en détruisant (aussi bien littéralement que métaphoriquement) le petit empire de son père, le beau Gabe largue la redoutable Sam en pleine protestation, Lionel extermine son propre journal… Bref, ce beau petit monde part carrément en cacahuète.

On avait donc hâte de retrouver les élèves de Winchester et de savoir ce qu’ils allaient bien pouvoir devenir, mais aussi d’en apprendre plus sur les mécanismes du racisme et autres discriminations en tout genre. Si la série se focalise toujours sur les mêmes problématiques sociales, s’en servant comme fil conducteur, elle se s’intéresse beaucoup plus à la vie quotidienne des personnages principaux. Un tout nouveau monde s’ouvre à Lionel depuis qu’il a compris qu’il était gay, Sam se fait harceler via les réseaux sociaux par un mystérieux troll, Troy cherche qui il est réellement après la révolte du semestre dernier, l’ambitieuse Coco doit prendre une décision qui pourrait bien remettre tout son plan de vie en question… On est plus dans la série campus classique qui tourne autour des amourettes estudiantines, que dans la dénonciation d’un système raciste. Et franchement, c’est dommage.

 

Même si Dear White People essaie de garder la même trame, on regrette un peu ce qui avait fait le charme de la première saison. Tout n’est pas à jeter cependant. On aborde de nouvelles problématiques « très 21ème siècle » liées au racisme. Avec le cyber bullying (cyber harcèlement) notamment, ou le lancement d’une nouvelle émission de radio s’intitulant « Dear Right People » (comprendre : « chers amis de droite »), qui fait clairement référence aux débats actuels opposant démocrates et conservateurs aux États-Unis. D’ailleurs, pas mal d’événements font référence à l’actualité américaine. On pense principalement à l’introduction d’une nouvelle personnalité : une femme politique noire et conservatrice, clairement engagée contre le mouvement Black Lives Matter. Nul doute que cette femme est directement inspirée de Candace Owens, nouvelle protégée de Donald Trump et Kanye West.

Heureusement, la série se penche toujours sur les agressions et micro-agressions dont sont victimes les étudiants de A-P. On rencontre également de nouveaux personnages afro-américains qui ont une toute autre conception de la lutte. Un sujet qui n’avait pas encore été abordé jusque là.

Pour faire court, si on s’est attaché aux personnages jusqu’ici, la série se laisse agréablement regarder. En revanche, si vous vous attendez à une grosse révolte sociale comme le laissait croire la saison 1, vous risquez d’être déçu. Heureusement, les scénaristes nous ont réservé une petite bombe en fin de saison qui pourrait bien redonner un peu d’espoir pour la poursuite de la lutte…

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