Critique « Traqués » sur TF1 : Jenifer touche en plein cœur

Critique « Traqués » sur TF1 : Jenifer touche en plein cœur

Critique « Traqués » sur TF1 : Jenifer touche en plein cœur

Réalisation

Casting

Scénario

Summary:
Traqués manie scènes de tendresse et de drame, et dégage un scénario joliment ficelé grâce à des comédiens justement choisis. Jenifer et Félix Bossuet crèvent indéniablement l'écran.

77%

Très bon

User Rating: 4.4 (4 votes)

On la connaissait davantage sur les grands planchers, le micro empoigné ; c’est désormais devant la caméra que Jenifer Bartoli s’impose. Elle fait peau neuve et se dévoile dans Traqués, la fiction télévisée créée par TF1, diffusée le 14 mai 2018.

Esthétiquement admirable 

Jenifer et le septième art, c’est déjà une jeune mais belle histoire d’amour. La chanteuse et actrice française s’était révélée sur grand écran dans la comédie Les Francis (Fabrice Begotti), ainsi que dans Faut Pas Lui Dire (Solange Cicurel), aux côtés de Camille Chamoux. Elle s’accorde désormais un nouvel élan d’aventure en s’acclimatant d’une toute autre nuance cinématographique pour elle : le thriller. Avec Traqués, réalisé par Ludovic Colbeau-Justin, Jenifer ajoute ainsi une nouvelle corde à son arc bien garni de diversité.

Dans cette fiction, elle campe Sarah Muñoz, une jeune femme au paraître froid, heurtée par un passé aux cicatrices douloureuses, qui découvre dans son coffre de voiture, un pré-adolescent nommé Léo, caché par son père tué peu de temps après. Ciblés par les assaillants, Sarah et Léo cavalent le sud camarguais pour tenter de fuir et nouent ainsi une complicité attachante. Même si l’originalité ne jaillit pas à la lecture du script de par la base scénaristique qu’est la traque, il s’avoue bien heureusement intriguant et alléchant.

Esthétiquement la mini-série suscite l’admiration, notamment grâce aux acteurs qui la polissent, à commencer par l’incontournable Jenifer, qui a de quoi garder la tête haute. A bas les hauts talons vernis, le noir sur les yeux et autres paillettes : quand Jenifer enfile le costume de Sarah, la chanteuse est oubliée. Une seule réplique donnée, et l’on comprend qu’elle est multi-talents. Sarah, le personnage que Jenifer incarne, cache des déchirures sous ses tatouages, que la néo-actrice traduit avec une assurance supra poignante, à en recevoir un uppercut. Pour cela, Jenifer est allée « puiser dans ses propres plaies recousues ». Si ces douleurs ont forgé le caractère de Sarah, elles n’enferment pas pour autant cette luminosité qui éclot au fil des minutes, et qui transparaît parfaitement grâce à la justesse de l’interprétation. Dans l’autre rôle du tandem (Léo), Félix Bossuet, connu pour son rôle dans la trilogie Belle et Sébastien, a tout d’un grand. Même conclusion pour Joffrey Platel, l’acteur de Demain nous appartient, qui crève l’écran. 

Un déploiement d’images prenantes 

La fiction coud ainsi la joliesse d’un lien affectif entre une femme et un enfant, au rythme plus accentué et mouvementé de leur fuite. Un métissage qui délivre un résultat surprenant de beauté, même si de légères incohérences ne sont pas exclues. On note d’abord l’enquête policière trop effacée pour une course poursuite qui aurait dû la classer en premier champ. Certaines scènes suscitent l’interrogation, à commencer par celle de l’aire d’autoroute, où le jeune homme, faussement grimé en petite fille, est difficilement crédible. On ajoutera également une fin plus ou moins attendue, dont le dénouement est lancé trop subitement, la faute à un montage précipité.

Mais si certaines failles dans la réalisation ont traversé le tamis, le film peut tout de même prétendre à être listé dans les belles réussites de l’année.

Dotée d’une vague de charme immense et de séquences supra émotionnelles voire grinçantes, cette fiction, loin d’être linéaire, invite suspens, mais aussi lueur de bienveillance sur la balance. Le lien noué entre les deux protagonistes se décuple et s’impose comme étant l’atout tendresse de ce film. Les chansons entonnées par Sarah et Léo dans la camionnette qui pointent l’évasion en est une belle illustration. Outre la traque haletante et captivante qui conduit la quasi-totalité de ce téléfilm, Ludovic Colbeau-Justin calque dans certains recoins de jolis messages sur l’entraide, l’amour, l’adoption, ou évoque des noirceurs de la vie, qui font de ce film un déploiement d’images prenantes. Chapeau !

Traqués manie scènes d’affection délicate et de drame, et dégage une histoire joliment ficelée grâce à des comédiens justement choisis. Si la mini-série aurait mérité d’être étendue sur davantage d’épisodes pour un ajout de détails, on y espère une suite très prochainement. 

 

Bande-annonce de Traqués, le 14 mai sur TF1.

Laissez votre commentaire