Critique « Terrorism Close Calls » (Netflix) : sensationnalisme de mauvais goût

Critique « Terrorism Close Calls » (Netflix) : sensationnalisme de mauvais goût

Critique « Terrorism Close Calls » (Netflix) : sensationnalisme de mauvais goût

Réalisation

Montage

Photographie

Chronologie

Ambiance

Summary:
"Terrorism Close Calls" reprend tous les clichés du documentaire sensationnaliste et rate sa tentative de parler objectivement du terrorisme.

38%

Très décevant

Netflix continue de produire des séries et des films sur le terrorisme. Après des séries comme Manhunt Unabomber ou encore Bodyguard, c’est au tour de Terrorism Close Calls d’être diffusé sur le site de streaming.

Pour ce docu-série, on quitte la sphère fictionnelle pour entrer dans le réel. Les dix épisodes racontent des attaques terroristes qui ont été déjouées par les autorités. Toutes les histoires sont indépendantes les unes des autres et n’ont aucun lien chronologique, ce qui rend la compréhension parfois difficile car il est compliqué de se situer dans le temps.

Chaque épisode est composé relativement de la même façon. On retrouve une description de l’enquête par des agents du FBI. Ils passent une grande partie de l’épisode à décrire les antécédents et l’histoire des terroristes. La seconde partie de l’épisode est consacrée aux méthodes utilisées pour résoudre l’enquête.

Le terrorisme domestique mis de côté

La série perd de son intérêt quand on se rencontre que tous les épisodes se ressemblent. Plus de la moitié des histoires est consacrée à des tentatives provenant d’Al-Qaïda et donc à l’extrémisme islamiste. Il n’y pas vraiment de variétés dans les cas traités et tous les épisodes finissent par se ressembler, car ils sont racontés de la même façon.

Terrorism Close Calls

Terrorism Close Calls s’enferme dans des clichés avec des images d’illustration mal réalisées ou réutilisées dans pratiquement tous les épisodes. Le montage est également composé de transitions avec un « effet glitch », utilisé à outrance, qui rend difficile l’appréciation du documentaire.

On a l’impression que dès le début le but est de faire peur avec une voix off terrifiante, des images avec beaucoup d’explosion, ainsi que des références constantes au 11 septembre 2001 et à l’attentat de Boston. Les experts du FBI passent leur temps à utiliser des mots très compliqués, sans explication. Le déroulement des épisodes suit une trame étrange et chaque histoire entre dans le vif du sujet, sans réelle introduction.

Une dramatisation qui gâche le documentaire

Le documentaire perd de son objectivité quand on voit que c’est la mise en avant du sensationnalisme qui compte, plutôt que les faits et le récit pur. Il faut attendre le 6e épisode pour voir un sujet sur les suprémacistes blancs et une tentative d’attentat durant le Martin Luther King Day. Ce sera malheureusement le seul à apporter un peu de variété, car tous les autres sont réservés à Al-Qaïda.

La série choisit comme angle le terrorisme international et évacue presque complètement le terrorisme domestique, comme s’il n’existait pas. On passe tout de suite dans une vision plus subjective, car l’ensemble du sujet n’est pas traité à part égale. La réalisation s’éparpille même en s’intéressant à des cas en Australie, Allemagne ou Angleterre alors qu’à la base, elle se concentre sur les Etats-Unis.

Le problème de cette série est que les épisodes restent en surface et le réalisateur ne semble pas vouloir approfondir son propos pour en faire un véritable documentaire qui débat d’un problème. Le seul but ici est la dramatisation et la mise en avant des participants à l’enquête. Cet aspect pousse la série dans un nationalisme très exagéré qui rend les épisodes encore plus lourd à regarder. On en vient presque à voir une parodie de film d’agent secret plutôt qu’un reportage sur le terrorisme.

Netflix montre ici une image plutôt négative du documentaire sensationnaliste et exagère tous les clichés. Le service de vidéos a su produire des séries-docus bien meilleures comme Making a MurdererThe Keepers ou encore The Confession Tapes. Terrorism Close Calls s’en éloigne totalement par son manque de profondeur et son choix de dramatisation. Avec la quantité de documentaires disponible sur Netflix, celui-ci ne fait clairement pas partie des incontournables.

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