Static Observer, les O.V.N.I de l’electro psychédélique

Static Observer, les O.V.N.I de l’electro psychédélique

Static Observer, c’est une alliance perturbante de styles qu’on n’aurait jamais vu se côtoyer. Un voyage méditatif et contemplatif à vivre les yeux fermés.

En mai 2015 sortait le premier EP de Static Observer. 5 titres étonnants que l’on retrouve sur leur premier album, Rabbit’s Run. Derrière ce disque se dissimule un duo parisien singulier, originaire de Bordeaux (Julien et Jean-Baptiste) qui diffuse une musique étrange et enivrante, comme un venin, dans vos écouteurs. Au premier abord, on se demande bien sur quoi on a pu tomber cette fois-ci, mais l’expérience vaut le détour !

Ici, pas de classification réelle ; c’est l’atmosphère qu’on recherche avant tout. On est à la croisée des mondes entre le Shoegaze, l’électro, la pop, le rock alternatif, le psyché expérimentale, le classique revisité à l’aide de sonorités venues d’ailleurs. Et pourtant ça sonne, ce n’est pas juste un cocktail étrange de fond de bouteilles. On parvient à discerner des influences : on se surprend à y trouver du Radiohead, du Sigur Rós, du Portishead, du Massive Attack… parfois ça dérive sur du Air, puis ça revient vers des sonorités plus proches de AaRON, ça pourrait se transformer en électro classique avec un piano arrangé en fond. On frôlerait presque le jazz sur quelques changements rythmiques impromptus. A vous de chercher les vôtres, vous en trouverez sûrement.

Au delà de la pure découverte musicale, ce groupe nous apporte des sensations nouvelles. Une mélancolie qu’on a l’impression de reconnaître, mais qui n’est pas dépressive, quelque chose de sombre mais de maîtrisé, qui devient soudain scintillant dans l’obscurité. Ici, on s’observe de l’intérieur, on contemple son moi profond, on le touche du bout des doigts et on lui dit des mots doux dans une langue qu’on envisage à peine. Il y a une poésie et une tendresse caressante. La voix, traînante et suave, parfois vibrante sur les fins de phrases, nous fait l’effet d’une brise automnale. Parfois elle s’envole et on peut y associer une touche de lyrisme et quelques battements d’ailes pour accompagner le tout.

Certains titres font l’effet d’une tourmente dans ce paysage brumeux. A partir de Faulkner’s, le ton change, quelque chose se trouble soudain, comme un mauvais rêve, et la voix murmure au loin. On la perçoit à peine. Elle est ce subconscient agité et omniprésent. Sur le titre Clank, il y a une montée en puissance, progressive et presque épique. La voix s’est tue ; elle se devine, devient une sonorité modifiée et réapparaît pour se confondre dans le paysage auditif que nous propose le groupe. On sombre dans une douce folie, quelque chose de perturbant mais de tellement hypnotique à la fois. L’album coule ensuite sur des titres qui deviennent comme des soubresauts de vie sur un électro cardiogramme. Progressivement le rythme retombe sur une torpeur clinique.

Hugger – Mugger :

Coup de cœur pour les titres Missfit ou When qui nous plongent dans un état de transe respiratoire. Mais aussi pour Elderly Parano ou encore Rabbit’s Run, tellement surprenant et atypique ; ou encore Nauseated qui pourrait presque nous rappeler une BO de Eric Serra.

Le 24 novembre dernier, Static Observer proposait une performance sonore et vidéo pour le cycle [Entre Deux] au Palais de Tokyo.

« Un live vidéo interactif, un dispositif de capteurs de mouvement créé pour l’occasion permettant au groupe de faire corps avec la musique »

Voici un extrait qui vous permettra aussi de mieux saisir leur univers :

Bref vous l’aurez compris, Static Observer est un O.V.N.I. dans la musique d’aujourd’hui, mais pas inaccessible pour autant pour un public curieux qui a vraiment envie de découvrir autre chose et de vivre la musique profondément.
Oserez-vous tenter l’expérience ?

Page Facebook de Static Observer

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