Skunk Anansie survit au Bataclan et enflamme le Trianon

Skunk Anansie survit au Bataclan et enflamme le Trianon

Skunk Anansie était de retour au Trianon hier soir pour un concert explosif. L’occasion de découvrir Anarchytecture, leur dernier album et de prendre conscience qu’après 22 ans de carrière ils n’ont pas pris une ride !

Si le retour de Skunk Anansie avait été un grand pari en 2010, il est maintenant évident que le groupe n’a pas fini de se renouveler et de nous étonner. On avait déjà pu entendre quelques titres d’ Anarchytecture et on pouvait se demandait s’ils passeraient tout aussi bien que les anciens et se mêlerait avec évidence dans un set de concert. Et bien la réponse est OUI. Skin et sa bande ont encore réussi à nous toucher, nous secouer et nous retourner le cerveau pendant cette soirée inoubliable.

Une délicieuse première partie : Bones !

Un groupe londonien composé de deux sacrées nénettes (et un batteur plus discret) pleines de peps, de fun et qui n’ont pas leurs langues dans leur poche… comme avec cette chanson sur le fait de parfois grossir et qu’on y peut rien : Fat !

Ou celle-ci écrite pour répondre à un type qui leur avait fait un commentaire désobligeant à la fin d’un concert :

Du rock Garage pas dégueulasse du tout qui flirt avec l’electro, des sonorités rappelant vaguement les années 80 avec une efficacité saisissante. C’est sombre avec des riffs marquant et puissant, relevé par la voix cash et franche de la chanteuse. Une belle entrée en matière pour cette soirée définitivement féminine et Rock. Les Bones n’ont pas mis longtemps à convaincre les fans de Skunk Anansie qui leur ont réservé un accueil chaleureux.

Surpris par cet enthousiasme, (le groupe n’en revenait pas) la chanteuse a incité le public à les rejoindre sur les réseaux sociaux pour suivre leurs aventures. Pour l’instant, Les Bones n’ont à leur actif qu’un CD 3 titres fait maison qu’ils vendent à l’arrache sur le merchandising des concerts. Objet complètement artisanal (chaque pochette est faire à la main avec du papier, du scotch et gribouillé au stylo), chaque CD devient du coup unique et collector (car en plus ils sont super cool et facile d’accès, ils proposent de dédicacer). A suivre donc !

Skunk Anansie très attendus

Après quelques minutes d’attente supplémentaire, Skunk Anansie arrive enfin sur scène. Skin, en tenue qu’on pourrait qualifier « de boxe », Cass avec ses dreadlocks et son éternel chapeau, Ace et Mark. En forme et surexcitée, Skin commence le set très fort avec un enchaînement de Tear the Place Up, I Believed in You et That Sinking Feeling. A peine 5 min et le public est à fond, les balcons sont debout et tout le monde est prêt à se défouler. On saute dans la fosse, on crie et on chante à tous les étages. Skin salue Paris et remercie avant de continuer sur Because of You. Belle mise en lumière qui donne un côté complètement surréaliste et spatial à la chanson, une belle émotion.

Hommage au Bataclan

Car comment ne pas en parler…
Le groupe devait initialement jouer dans la salle parisienne victime des attentats de novembre dernier. Très touchée par les événements, Skin dédicace la chanson suivante à ceux qui croient en Dieu et qui pensent que ça leur donne tous les droits, à ceux qui ne sont plus là pour profiter du show, à ceux qui sont toujours debout et affrontent leur peur et les tensions pour venir à des concerts, à ceux qui sont dans le Trianon ce soir et dont la seule présence est une résistance : God Loves Only You !

Et pour la saint Valentin ?

Petit clin d’oeil sûrement… La chanson suivante, Skin la dédicace à ceux qui ont déjà été amoureux… et qui se sont fait avoir récemment. Death To The Lovers est une façon de dire : « Fuck You » je continue d’avancer.

Anarchytecture

Le concert se poursuit et Skin mélangera des titres anciens et récents. Parmi ceux du nouvel album, en plus de Death To The Lovers, on pourra entendre Bullets, le fameux Love Someone Else, In The Black Room, Without You. Skin dédicacera Beauty is your curse aux très jolies filles… mais qui n’ont rien dans le crâne. Elle ne manque décidément pas d’humour et a toujours cette nonchalance et ce dynamisme qui la rend tellement sympathique.
Skunk Anansie est vraiment un groupe à part et cet album le démontre encore une fois. Ils ont su évoluer et se renouveler, proposer un son toujours rock, un style issu des années 90, mais avec de nouvelles influences (électro notamment) sans pour autant se fondre dans les conventions actuelles. Leur réputation n’est plus a faire et le public présent est clairement acquis depuis longtemps. Fans de la première heure, il n’y a peut être pas beaucoup de moins de 25 ans dans la salle, mais l’ambiance est bonne enfant et Skunk n’a jamais eu besoin de se conformer pour exister. Ils voulaient que les nouveaux morceaux soient aussi forts et important que les anciens et apportent cette même émotion pure et sincère : c’est une réussite.

Skin expliquait le process de création et d’écriture de cet album lors d’une interview sur Oui.fm.

Skin spectaculaire !

Une des raisons pour lesquelles on adore Skunk Anansie, c’est aussi cette faculté qu’à la chanteuse, Skin, à faire péter un plomb au public en moins de 2 chansons. Mais le public est aussi son émulateur et elle a le don de réaliser aussi, pour notre plus grand bonheur, des coups de folies qui rendent ses concerts uniques.
Sur scène, elle saute et danse, occupe l’espace au maximum, plaisante avec le Trianon, mais aussi se moque et taquine les gars de la sécurité… Elle se jettera dans la fosse en slam à plusieurs reprises, mais la plus étonnante fut son escalade jusqu’au premier balcon sur le titre Twisted et son saut dans le public, prêt à l’accueillir à bras ouvert.

Sans oublier son fameux « walk on water » (qui consiste en fait à marche sur la foule) sur Weak cette fois-ci :

Shaka Ponk en guest

Oui parce que nous étions loin de nous douter qu’en plus, Frah des Shaka Ponk déciderait de faire un petit tour par le Trianon ce soir pour saluer les 22 ans de carrière de Skunk Anansie. L’occasion d’interpréter avec le groupe leur titre Spit You Out, de faire un « walk on water » et de se laisser porter par le public avant de finir en gros câlin sur la scène. Un moment qu’on partage avec eux avec plaisir !

Une fin en apothéose

Parmi les titres les plus attendus et désirés par le public, on retrouvera My Ugly Boy, I Can Dream, Charlie Big Potato, qui marquera la fin du concert… avant rappel (bien entendu). C’est avec plaisir qu’on écoutera 100 Ways to be a Good Girll’incontournable Hedonism. Le concert s’achèvera sur Little Baby Swastikkka qui sera l’occasion pour Skin de faire monter la température encore d’un cran avant de partir heureuse de ce show exceptionnel, le meilleur depuis le début de la tournée, et de rappeler aux parisiens de continuer d’exister et de sortir : Fuck them !

On aurait espéré un petit hommage à Bowie, Skin avait chanté Space Oddity en session acoustique sur Oui.fm lors de son passage à Paris le 14 janvier dernier.

Mais finalement, on salue bien bas cette performance scénique formidable (presque 2h de concert et plus de 20 titres chantés). Skin, elle-même a eu du mal à s’en remettre en sortant de scène et l’exprime sur les réseaux sociaux :

 

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