[Review] Birthplace – le premier album humaniste de Novo Amor

[Review] Birthplace – le premier album humaniste de Novo Amor

Aujourd’hui, sort Birthplace, le tout premier album de Novo Amor, le projet musical du chanteur galois Ali John Meredith-Lacey. Justfocus s’est laissé émerveiller par cette folk unique et riche.

Birthplace fait parti de ces rares albums qu’on écoute comme on regarde un film. On ferme les yeux et plein d’images nous envahissent, peuplent notre pensée. On frémit, on soupire, on se laisse emporter mais au final, on vit ! Parce que c’est de cela qu’il s’agit. De la vie dans toute sa splendeur et sa majesté, celle qui nous ronge et nous secoue, nous berce et nous fait danser. Cruelle ou tendre, elle passe sur nous et reste irrévocable. 

Le folk tourmenté de Novo Amor

C’est ce qu’à tenter d’exprimer Ali John Meredith-Lacey , l’incroyable et talentueux chanteur à l’origine du projet Novo Amor.  D’une histoire d’amour, il est passé à un amour pour la musique : c’est comme ça qu’est né Novo Amor. Inspiré par sa propre histoire, par le cadre enchanteur qui lui a permis de composer Woodgate, son premier Ep, un lac non loin de New York qui l’a profondément marqué.

Découvrez qui est Novo Amor

Comment décrire cet album d’une douceur et d’une bienveillance sans pareil ? On y retrouve souvent un schéma crescendo. Birthplace est l’album de la montée en intensité, de la subtilité, de l’ornementation, du petit détail qui vient faire frémir la composition. Les effets sont ménagés et spontanés. C’est de la musique de film sans en être… c’est la bande originale de l’humanité qui se développe dans vos oreilles pour éveiller, pour émerveiller vos journées . A écouter lors de vos trajets pour rendre le quotidien plus lumineux !

Birthplace, la folk réinventée

L’album s’ouvre sur la douceur de Emigrate. Les guitares viennent chatouiller nos sens alors que les cordes nous ouvre les yeux sur l’univers sonore de Novo Amor. Les percussions apparaissent pour faire accorder les battements de votre cœur à la musique. Créer de l’émotion : ici c’est le maître mot ! On calme le jeux, on murmure, on crée une sorte de tension pour lâcher une envolée. Si on tend l’oreille, on perçoit des petits effets : basse, bois, cuivres, guitare, percussions… tous les instruments ont une place importante dans le morceau. Les cuivres viennent illuminer la fin du titre.  C’est le début d’un voyage !

Avec un sentiment d’urgence, les cordes frottées sont comme le tic-tac d’une horloge alors que le piano semble vouloir nous rassurer et nous tranquilliser. Et puis il y a ces passage plus posés où on a l’impression de flotter, englouti par des percutions fortes qui nous donne aussi un sentiment de puissante. On se sent maître de quelque chose qu’on ne maîtrise pas finalement. C’est tout ce qui est mis en scène dans Birthplace et qu’illustre à la perfection le clip qui l’accompagne.

Utican commence comme une course et le clip le confirme aussi. C’est comme une suite de pensée qui s’enchaînerait dans sa tête alors qu’on court vers l’infini. On arrive parfois à faire abstraction et à rentrer à l’intérieur de soi pour ne plus percevoir l’extérieur. Et puis on trébuche et on reprend conscience du monde qui nous entoure et auquel on on aimerait échapper… A cette réalité qui parfois nous étouffe. On cherche de l’aide, on supplie pour un ailleurs meilleur, espérant qu’en rouvrant les yeux, le monde aura changé.

Seneca raconte l’histoire d’une ville au Nebraska qui se déchire à cause d’un débat sur le nombre de chevaux qu’il est possible de garder dans un jardin. Douce et évanescente, il y a de la nostalgie dans ce titre. Comme si tout avait perdu du sens, une sorte de lassitude prend de l’ampleur. On a un sentiment désabusé à l’écoute de ses notes qui s’étirent. La musique cesse  devient lamentation lointaine et revient avec plus d’intensité, jouant la carte du mélodramatique. 

Si on pouvait inventer la folk progressive, alors Novo Amors en fait la démonstration. Il y a quelque chose, au delà de l’expérimentation et du storytelling maîtrisé : Anniversary en est l’exemple ! 

Lorsqu’on essaye d’en apprendre plus sur la façon dont l’album a été enregistré, on découvre que le studio de Novo Amor, situé à Cardiff, fait parti intégrante de l’album. Sur le titre 13494, on a l’impression que le chanteur a voulu intégrer à l’album le studio comme un membre du groupe, comme un instrument à part entière. On a aussi ce ressenti sur d’autres titres, où il semblerait que le moindre grincement, le moindre son extérieur, lié à l’environnement du studio participe à l’enregistrement et s’incruste sur la bande son qu’est Birthplace. 

Étrange chanson que State Lines. On ne sait s’il s’agit d’une histoire d’amour, de rupture, peut être de perte de mémoire… Mais la chute de cette chanson est véritablement poignante.  Fatalité ? Les percussions viennent porter un coup alors que les cuivres semblent vouloir ressuscité quelque chose à l’agonie.

Encore une fois, Novo Amor sait nous surprendre là où on s’y attend le moins. Sleepless, est une belle chanson tendre. L’émotion de ce « slow » vient nous saisir au cœur. On est sur une composition plus traditionnelle, avec des sons de synthé en fond, plus 80’s / 90’s et pourtant rien de cliché, rien dans ta tendance actuelle. On est tellement loin de tout ce qui se fait aujourd’hui. 

Un petit piano-voix qui enchaîne merveilleusement bien avec le morceau précédent. Dans Repeat Until Death on entend tout plein de ces petites imperfections qui viennent donner de la vie à la musique. On dirait qu’ici on nous invite à faire le bilan ; on imagine très bien un huis clos avec soi même, une demande de lâcher prise, de résilience ? Regardant par la fenêtre, les yeux perdus dans le lointain, mais l’âme en détresse, cherchant à tout pris un nouveau souffle. Cette tourmente est d’une beauté incroyable ; touchante et déchirante.

Dépouillé de toute la multitude d’instruments dont Novo Amor a enrichit enrichi l’album, Oh Round Lake se trouve mis à nu : plus de cuivres, de cordes, de percussions. Juste une quelques guitares, un peu de banjo pour les derniers accords. Simple, retour à de la folk pure que nous proposait son premier Ep Woodgate.

Au royaume des ballades et de la lumière intérieur, Novo Amor est roi. Birthplace est ce qui manquait au paysage de la folk contemporaine. Par sa richesse instrumentale, l’artiste Galois a réussi à trouver la frontière fine et tant rechercher où la musique peut nous raconter nos propres vie et nous faire creuser vers qui nous sommes vraiment. 

Novo Amor sera à la Maroquinerie le 24 octobre prochain pour dévoiler tous ses titres sur scène. Un moment qu’on imagine déjà grandiose et émouvant.
Ce concert sera encore plus fort grâce à la présence d’Anna Leone en première partie. Immanquable !

Event facebook du concert de Novo Amor et Anna Leone à la Maroquinerie

Laissez votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.