[Review] Amir, le premier album plein de grâce de Tamino

[Review] Amir, le premier album plein de grâce de Tamino

Chanteur belge aux origines égyptiennes, Tamino sort son très attendu premier album, Amir. Une sublime perle à savourer les yeux fermés et bientôt en concert à la Maroquinerie !

Nous l’avions découvert au printemps dernier avant de fondre complètement lors de son premier concert parisien dans l’intimité de la Maroquinerie. Subjugué, comment ne pas adhérer à cette musique hypnotique et fascinante… Comment ne pas succomber au charme presque vampirique de Tamino !

Depuis la sortie de son premier Ep Habibi, qui a mis toute la critique d’accord, on attendait avec impatience la sortie de son premier album. On y retrouve les titres de l’Ep, accompagnés ceux avec lesquels il nous tient en haleine depuis cet été. A ce set déjà très complet, s’ajoutent quelques nouveautés savoureuses.

L’album s’ouvre sur le merveilleux Habibi qui nous a fait découvrir Tamino. Mélancolie profonde et envolée en fin de chanson… le frisson. Ce titre incontournable et tellement révélateur du talent du chanteur reste la meilleure entrée en matière.

Titre tout aussi connu puisqu’il figure sur son premier Ep, on retrouve avec plaisir Sun May Shine. Accent orientaux, rythme électro, ce morceau complètement énigmatique et sombre prend aux tripes et ne vous lâche pas. On peut se dire qu’il est facile de commencer son premier album avec ce qui marche le mieux, mais c’est d’une telle évidence et c’est tellement beau ! On a envie de pousser l’exploration plus avant.

Ballade tendre et mélodiquement plus lumineuse (tout comme le clip qui l’accompagne) Tummy parle pourtant d’une histoire d’amour étrange… de romantisme noir. La guitare nous rappelle les groupes de rock des années 90.

Chambers, se rapproche beaucoup de la musique de Archive. Plus expérimentale au niveau de sonorité et des effets, avec une rythmique répétitive qui vient animer le titre. On aime aussi sa voix planante comme un fantôme qui vient hâter en fond.

Introduction orientale, le ton est donné pour So It Goes. On plonge dans un univers où les origines de Tamino resurgissent avec majesté. C’est un vrai voyage qui laisse vagabonder notre esprit. Entre sa voix et les cordes, les percutions… Enivrant !

Nous avions complètement craqué sur ce titre en live lorsque nous l’avions vu en concert en juin dernier : Indigo Night, une ballade mélancolique, tout comme Habibi. Encore une fois la voix de Tamino, à la fois profonde et vibrante, chaude et claire, plane au dessus d’une mélodie à faire fondre. C’est sensuel et beau !

En écoutant Cigar, nous découvrons aussi le clip qui l’accompagne, sorti en juin, à côté duquel nous étions complètement passé. Inspiré par un tableau de Van Gogh, Tamino propose ici sa propre version des vanités. Troublant et captivant. Le jeune se met d’ailleurs en scène à travers plusieurs personnages : à vous de le retrouver !

Encore très marqué par une rythmique orientale, Each Time nous rappelle curieusement une autre influence : un petit côté Dead Can Dance sur ce morceau mais avec la force émotionnelle de Tamino, plus puissante que la voix monocorde de Brendan Perry.

Verses est la touche plus folk de l’album. Légère, cristalline, telle une berceuse, elle vient enchanter nos cœurs. Elle est d’une tendresse à frémir et d’une douceur incroyable.

Un peu plus électro, W.O.T.H. s’approche dangereusement du Shoegaze et on aime ça ! Le titre monte en intensité… Bouleversant. Sûrement un de nos titres préférés parmi les nouveaux.

On ne se lasse pas de cette faculté incroyable qu’à Tamino pour jouer sur les changements de tonalités avec subtilité et grâce, rendant ses chansons complètement singulières et personnelles. Cette touche orientale encore une fois mais qui prend une dimension pop rock et sombre. Intervals est une belle synthèse de ce qu’il offre à travers sa musique !

L’album s’achève sur Persephone, un single qui avait été dévoilé au mois d’août en dehors de l’Ep. Une histoire d’amour empoisonnée. Le chanteur conclue son premier opus en se drapant de nouveau dans une obscurité qui lui va si bien.

Comment définir la musique de Tamino… ? Rock définitivement, mais de l’alternative rock, filant parfois dans l’ombre du progressif, flirtant avec la folk et la musique orientale de façon venimeuse. Sa musique est un doux poison, une drogue qu’on laisse couler dans nos oreilles sans modération.

Tamino sera en concert le 19 novembre prochain au Café de la Danse  [COMPLET]

Rattrapage le 6 mars 2019 à la Cigale

Photo Ramy Moharam Fouad

Laissez votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.