[Report] Le retour éblouissant de Ayo au Théâtre des Bouffes du Nord

[Report] Le retour éblouissant de Ayo au Théâtre des Bouffes du Nord

La chanteuse Ayo a fait un retour éblouissant sur les planches parisiennes du Théâtre des Bouffes du Nord après une absence bien trop longue. Un moment de partage fort !

Quatre ans d’absence ! Presque une éternité pour un public qui avait hâte de la retrouver. Pendant tout ce temps, Ayo est partie à Brooklyn où sa famille s’est agrandie ; elle a fait une pause musicale et nous revient avec un album éponyme, Ayo, frais et très personnel !

On peut dire que le choix du Théâtre des Bouffes du Nord pour son retour était un excellent choix pour poser ses valises du 24 au 28 octobre. Un lieu ancien, sur lequel le temps a fait son oeuvre, mais refait tout en gardant son charme passé. Une authenticité et une majesté impressionnante sans pour autant être écrasante. Simple et fort à la fois !

Un début de concert timide et inquiet

Les lumières s’éteignent et, telle une étincelle, Ayo apparaît seule avec sa guitare sur la scène. Comme intimidée, elle s’approche doucement et se met à chantée, progressivement rejointe par ses musiciens. On sent de l’appréhension et de l’excitation naissante, dès le deuxième morceau. Un sourire de plus en plus large couvre son visage et la magie opère. La connexion se fait avec son public et durera pendant tout cet instant que nous allons partager avec elle.

Elle dit alors à quel point elle est heureuse d’être de retour après autant de temps loin de la scène. Elle s’est éloignée de ses obligation de mère pour profiter de ce moment avec Paris qu’elle affectionne tant. Le stress l’a rendu peu présentable (elle fait une réaction allergique à quelque chose ?) et elle a un peu honte de se présenter à nous ainsi. Elle aurait aimé être parfaite.

Le public la rassure et l’encourage : You’re beautiful !

Elle restait anxieuse, mais elle espère que ça va aller et elle nous rassure en nous disant qu’elle se rapprochera de nous plus tard. En effet, le théâtre a une scène complètement ouverte sur le public et on sent que cet espace qui nous sépare d’Ayo ne sera pas longtemps vide et se rempli déjà d’énergie.

Ayo, un retour éblouissant

Le concert commence vraiment à ce moment précis, après ce premier échange déjà tendre et touchant. Elle entonne alors Who (Ticket To The World) et fait chanter le public. Et là voilà parti : elle sort de la scène s’avance dans la salle. Progressivement une chaleur enveloppe l’assistance. On se laisse balancer sur Forever and beyond un des titres de son nouvel album.

Soudain, elle marque une pause : il faut qu’elle change la setlist. Elle explique qu’elle essaie d’être professionnelle et de coller à ce qui a été décidé au départ, mais que chaque concert est différent. Celui-ci est différent de celui d’hier pas seulement à cause de son allergie (rires) mais parce que l’énergie aussi est différentes.
Cela fait longtemps qu’elle n’a pas fait de concert, elle avait vraiment peur de pas être à la hauteur. Elle considère que rien n’est acquis. C’est une chance de pouvoir être là, et pouvoir partager encore. Elle explique que les gens n’achètent plus de CD, que tout devient virtuel, avec le streaming… mais elle espèrait sincèrement que les gens continuent d’aller à des concerts, qu’ils restent dans le réel. Le constat est là : la salle est comble !

Elle décide de faire un show plus acoustique. Cajòn, guitare, voix… Elle va interpréter d’avantage de chanson de son nouvel chanson : Why … Les lumières sont magnifiques, superbe travail de mise en scène qui donne encore plus de profondeur au concert d’Ayo. Le cadre du théâtre lui va à merveille !
I’m a fool, piano / voix, avec le cajòn qui vient s’ajouter comme un cœur qui bat…

Le show repart de plus bel avec reprise de Sweet Dreams façon reggae qui se transforme en If Love Is a Killer. Il y a une super complicité entre les musiciens et la chanteuse. C’est communicatif !

Une entrevue collective

« On me demande souvent pourquoi j’ai quitté Paris ? …
Je suis nomade mais Paris est mon histoire d’amour »

Elle raconte : elle avait 20 ans quand la Warner en Allemagne lui propose de signer pour devenir cette jeune fille reggae qui fait des covers commerciales. Elle a suivi, est allé à Londres, a commencé à enregistrer… Et s’est rapidement rendu compte qu’elle ne pouvait pas juste faire ce qu’on attendait d’elle. Elle avait commencé à écrire en Allemagne, elle avait un univers à développer et une personnalité musicale à explorer. Elle a tout plaqué en prétextant que cette carrière n’était pas pour elle.
Mais ce n’était  que pour prendre l’argent dont elle avait besoin pour réaliser son rêve. Arrivée à Paris, elle a acheté une guitare et elle a commencé à jouer dans la rue, avec ce que cela apporte de pression et joie. Bien sûr c’était dur, elle squattait chez des potes. Et puis il y a eu des rencontres : un mec qui lui a proposé de jouer dans des bars, des restaurants. Elle s’est mis à jouer fort pour qu’on l’entende, puis finalement doucement pour qu’on l’écoute et c’est la première fois qu’elle a eut toute l’attention d’un public… Ici à Paris !

Sa voix devient tremblante, l’émotion la submerge et elle pleure… Mais ce sont des larmes de joie. Toute la salle est profondément émue. On a envie de la prendre dans nos bras.
Elle poursuit : « On ne parle pas tous le même langage mais le sentiment et la musique… avec tu peux te connecter… La musique c’est spirituel, comme peut l’être une religion : elle connecte les gens. C’est une énergie qui connecte les gens. » Paris c’est le premier endroit où elle a senti les bonne vibes et l’amour. Elle remercie le public pour l’avoir écoutée ; elle se sent tellement reconnaissante. Elle rit en disant qu’elle promet de jouer maintenant et arrête de parler ! Elle chante Paname issue de son dernier album sorti le 6 octobre.

Un concert engagé

Le concert prend ensuite un autre tournant. Ayo va interpréter des titres plus engagés :comme Complain, Help is coming, Boom boom. Le rythme aussi s’accélère avec Slow, slow (Run run) ; elle invite tout le monde à taper dans main. L’ambiance monte encore encore d’un cran avec Life is real. Ayo danse et s’éclate avec le batteur, encouragé par le public qui renvoie un enthousiasme palpable vers le groupe. Ces musiciens sont véritablement géniaux et dans la salle tout le monde se lève pour danser. Ayo sort de scène et va à la rencontre du public. L’amour se diffuse alors : embrassades, remerciements, hurlements de la salle surchauffée !

Un rappel plein d’amour

Elle quitte la scène mais est très vite rappelée. Un technicien lui ramène son micro qu’elle avait oublié en coulisse.

« I love you » dit-elle.
« We love you more » répond quelqu’un du public
« Impossible ! » sourit-elle. 

Elle terminera son concert avec Letter by letter en version acoustique guitare/voix (qui est d’ailleurs tellement sublime ainsi), Love And Hate et l’indispensable Down on my knees qui achèvera ce concert.

On se souviendra longtemps de ce moment unique, complice et humainement parfait passé en la compagnie de cette merveilleuse chanteuse. Ayo est une belle personne comme on aimerait en croiser plus souvent. Merci !

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