re:menber – la dernière expérimentation d’Òlafur Arnalds

re:menber – la dernière expérimentation d’Òlafur Arnalds

Sorti à la fin du mois d’août, re:member est le dernier chef d’oeuvre du compositeur islandais de génie Òlafur Arnalds. Un voyage intérieur et expérimental !

Nous l’avions découvert tardivement lors de son Chopin Project … depuis il est devenu un de nos artistes préférés. 

Òlafur Arnalds, c’est la douceur et la sensibilité de l’Islande en un seul être. C’est cette émotion qui ne vous lâche pas et vient vous hanter dans chaque note. Et ce que nous savions déjà de lui n’a cessé de ce confirmer au fil de ses projets. Le 24 août dernier, sortait enfin re:member, son dernier album, après l’apparition sur la toile de 3 titres : deux clips mystérieux semblant se suivre et raconter la même histoire ; et un dernier, simple live à l’improviste chez un marchand de piano.

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Entre enchantement et curiosité, re:member laisse une impression de moment en suspens, de récit inachevé

Il s’ouvre sur les 3 morceaux que l’on connaît déjà, comme pour ne par perdre de temps avec les présentations, avant de nous plonger dans une fine poussière d’étoiles. Comme si nous traversions le voile du temps, tout semble de se dissoudre et nous voilà projeter au cœur de ce projet. brot, où chaque coup d’archer nous amène à descendre un peu plus en nous même.

L’album propose un voyage où le néo-classique va s’allier à des rythmes plus pop pour rythmer ce périple. Accompagné de ses pianos robots, Òlafur Arnalds s’amuse à décorer chacun de ses titres, à leur donner ce scintillement, cette intensité. Il ajoute des bois, lance les cordes de façon lyrique, adoucit le tout, revient au calme, va cherche la beauté au fond de chaque accord et mélodie. 

On a la sensation que parfois s’établi un dialogue entre les instruments, comme dans they sink : le violoncelle répond au piano et aux échos de ses robots. Le violon vient chatouiller cet échange… Ou undir, véritable bavardage, brouhaha soutenu par une rythmique à la fois lente et empressée. 

Dans le morceau ypsilon, viennent s’ajouter des sons plus électro, une sorte de balade sonore qui se termine par une transition grinçante vers partial. Dans ce titre, inquiétant et hypnotique, se dégage une ambiance à la fois sombre et profonde qui nous permet d’explorer des sensations et des sentiments contrastés et forts. Une émergence, une sorte de renaissance. Le crescendo de fin donne des frissons.

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On redescend dans la tendresse mélancolique avec laquelle Òlafur Arnalds est si familier. Il excelle à créer des moments de grâce où la simplicité des touches d’un piano deviennent d’une puissance émotionnel incomparable.

re:member joue beaucoup sur les superpositions de rythmes, aléatoires ou maîtrisés, l’accumulation de mélodies et de variations sur un même thème… mais avec des instruments différents : l’un prenant le pas sur les autres, puis laissant la place au suivant. Il y a une monté, une tension musicale intense et subtile à la fois.

L’album se conclu sur nyepi. Encore une fois un sublime titre au piano, caressant et touchant, que vient conclure les murmures de ses pianos algorithmiques et le souffle des violons.

Si l’écoute de l’album nous donne déjà la chaire de poule, sachez qu’un concert d’Òlafur Arnalds est un moment privilégié. Ce musicien, timide en apparence, est d’une incroyable générosité. Il ne manquera pas de profiter de ce moment presque intime pour évoquer son travail, sa démarche avant de vous plonger au cœur de sa musique pour vous l’offrir corps et âme.

Il sera en concert le 24 octobre à la salle Pleyel !

Ólafur Arnalds – La douceur venue d’Islande à Pleyel

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