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      Ovation à la Cigale pour le retour de the Kills

      Le 3 mai avait lieu la première date en France de The Kills, annoncé par la sortie de deux clips en mars, qui augure Ash & Ice, leur troisième album qui sortira le 3 juin.

      Cinq ans d’attente

      Depuis l’annonce de leur rentrée en studio fin 2015, le duo anglo-américain était attendu au tournant par les amateurs de rock garage. Leur apparition au milieu des années 2000 fut explosive avec Keep on your Mean Side, no Wow puis en 2008 Midnight Boom l’album qui concentrait un rock garage pointu avec des sons cradingues sortis d’une guitare et d’une boite à rythmes, portés par la voix claire de Mosshart. Aux nues avec Blood Pressures en 2011, le duo a réussi à se faire une place parmi les grands, sans jamais décevoir. Malgré les collaborations extérieures des deux membres du groupe (Dead Weather avec Jack White entre autres), le son inimitable de The Kills se reconnait entre mille, la ligne musicale est soignée à travers les décennies. L’attente a été interminable depuis 2011, suite à l’accident de Jamie Hince qui a failli perdre l’usage d’une main. De retour pour un opus qui a déjà fait ses preuves avec deux premiers singles, Ash & Ice se veut être l’album du retour. Dans une interview, Hince raconte qu’il a trouvé l’origine du titre en éteignant sa cigarette dans un verre de glaçons.  Belle image pour illustrer la dualité du groupe.

      Une date unique

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      La salle est déjà bouillante avant l’arrivée de la première partie, Baby in Vain, qui contient la Cigale avec des riffs prometteurs. C’est une clameur foudroyante qui invite The Kills à monter sur scène, sous les ovations. En effet, leur dernier passage à Paris était en novembre 2011. S’ensuit un tour de chauffe notamment avec No Wow, hymne martelant, qui ouvre les festivités. Les premiers morceaux joués sont issus des albums précédents et le public ne connait que trop bien ces tubes, dans l’essence pure du rock : U.R.A. Fever, Heart is a Beating Drum et Kissy Kissy.

      Puis certains titres de l’album à venir s’invitent dans le set : la recette est la même, riffs rugueux, voix offensive et sensuelle, le tout soutenu par des rythmes énergiques. S’enchaînent Heart of a Dog, clip ayant été dévoilé il y a une semaine et déjà adopté par le public français.

      « I wish I was French »

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      Le rock est ici porté à son apothéose : sueur et chaleur, riffs puissants, rythmes ensorcelants et un son garage sale permettent à la masse postée dans la fosse de la Cigale de ne former qu’un corps. Mosshart ne tient pas en place et tourne sur la scène comme un lion en cage tandis que Hince joue avec le public et balance sa guitare comme un sceptre étincelant en ultime provocation. En s’adressant à la Cigale pleine à craquer, Hince apostrophe le public en disant  « You, more than anybody else know how important it is to go to gigs. If you know what I mean. (…) I love you forever. I wish I was French. »

      Black Balloon résonne sous la coupole dorée de la Cigale, les mains clappent à l’unisson, reste incandescent de l’album Midnight Boom. Les guitares étincellent et Doing it to Death revigore le public qui n’est pas en reste de la performance du duo jusque-là. La salle reprend la mélodie  tandis que Mosshart lance des jets vocaux, crachés avec aplomb.

      Doing it to Death, le clip du retour pour the Kills

      Baby Says prend le relais avec un riff reconnaissable d’entre tous, puis Pots and Pans fait briller la guitare de Hince alternant entre une basse profonde et une mélodie hypnotique. Monkey 23 calme le jeu et transforme la scène en grand’messe rock. Enfin, Hince utilise la perche du micro en le faisant glisser sur le manche de sa guitare, pour un rendu blues rock.

      Un duo qui ne fait qu’un

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      C’est un triomphe qui récompense le duo, qui revient pour le rappel avec Tape Song au refrain explosif courbant la fosse, et Fried My Little Brains achève la reconquête du duo sur le rock des années 2010. Sour Cherry clôt en beauté la prestation avec un son sauvage inimitable, le refrain « Go home, it’s over » annonçant la fin du concert.

      Le son garage de The Kills est une locomotive lancée à pleine vitesse. La guitare enfonce des riffs efficaces et habiles. La voix n’est jamais chancelante, toujours assurée et sincère. Parfois entremêlées, chacun se retrouve dans l’autre, une complicité affichée, qui font du duo un seul hydre virtuose. On ne peut pas louper la chimie qui existe entre ces deux-là depuis les années 2000. Seize ans plus tard, rien n’a changé.

      Dans une interview donnée il y a quelques jours, Jamie Hince compare leur relation avec celle que décrivait les membres de Led Zeppelin : « Ils disaient que lorsqu’ils jouaient ensemble, ils se regardaient et ils savaient qu’il y avait une chance sur un million. (…) Et après avoir lu ça, j’ai su que c’était la même chose avec Alison. »

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      Dernier né du laboratoire de the Kills, il n’augure que du bon pour l’album Ash & Ice qui sortira dans un mois, les premiers singles annonçant un opus plus élégant que les autres, tout en gardant cette patte garage.

      Il a fait très chaud à la Cigale : bestial, sauvage, sensuel et insolent, les adjectifs rivalisent pour témoigner du grand retour du groupe. Pointu et travaillé, c’est un duo étincelant qui s’affiche à la Cigale. The Kills fait définitivement partie des grands du rock.

      Revivez le concert en intégralité ici

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