Izia au Trianon

Izia au Trianon

Izia a fait son retour au Trianon le 5 mai à Paris. Un virage musical à 90 degrés avec son dernier album, La Vague, mais un véritable succès en live.

4 ans après So Much Trouble, plus de 2 ans après son dernier son concert, Izia est enfin de retour sur scène. Un moment très attendu quand on connaît le phénomène. J’ai surmonté ma curiosité et réussi à ne pas écouter une note de La Vague, sorti le 13 avril 2015, avant le concert du Trianon. Car Izia, c’est le type de chanteuse qu’on a un plaisir fou à écouter en live.

Et quelle ne fut pas ma surprise d’entrée de jeu.

Ambiance tamisée, presque intimiste ou expérimentale pour commencer, mais définitivement électronique et des paroles… en français !? Ma première impression est confuse.
Que s’est-il passé ? Où est la Janis Joplin française ? Où sont les distorsions et le rock ? Ce son proche du Garage qu’on aime tant chez la fille d’Higelin ? A-t-elle voulu un son un peu trop dans la tendance, voir dans la « norme » du moment ? J’avais le souvenir d’une jeune femme un peu à contre courant, décalée et positivement en marge. Son chant semble au premier abord, moins assuré en français qu’en anglais, curieusement plus hésitant… mais peut être est-ce du à une certaine émotion et une appréhension à l’idée de retrouver Paris et le Trianon qui semble l’impressionner, elle le confesse rapidement.

Je suis perplexe donc, mais rapidement rassurée, car dès le deuxième morceau, la température prend quelques degrés : Izia reste cette pile électrique complètement disjonctée qui occupe l’espace scénique à merveille. Elle a toujours cette voix énervée et ce grain si particulier. L’ambiance monte d’un cran sur des morceaux comme Reptiles ou encore Hey. Elle joue majoritairement des morceaux de son dernier album, y mêlant des anciens titres parfois réarrangés pour l’occasion (comme So Much Trouble ou Lola qui vire presque au Trip Hop) afin qu’ils s’accordent parfaitement à la setlist.

Elle embarque rapidement le public, l’interpellant comme à son habitude entre deux morceaux. Celui-ci devient une grande bande de potes venu la voir (sa meilleure amie est d’ailleurs dans la salle et elles se charrient à tour de rôle). Intimidée, mais très touchante et délirante, elle s’exprime avec beaucoup d’authenticité et parfois avec cette petite nonchalance maladroite qui la rend unique et si proche de nous. Et plus le concert avance, plus elle gagne en assurance. Paris ou le Trianon – c’est ainsi qu’elle appelle le public – lui est acquis. Elle le taquine, le provoque et lui, n’hésite pas à rentrer dans son jeu, faisant grimper l’excitation. En nage, essoufflée, Izia continue pourtant de courir, de tourbillonner, de danser et de se trémousser.

Musicalement on a perdu en rock et le public en réclamera à plusieurs reprise, mais ça n’empêchera pas le sol de vibrer sous les sauts frénétique de la fosse. Sur scène, il y a de la connivence entre les musiciens et Izia, de la complicité et de superbe light avec un jeu de néon colorés qui reprennent son nom comme sur la pochette de son dernier opus. La chanteuse bénéficie de sa propre machine qui lui permet d’envoyer quelques samples vocaux ou de percussion.

On redécouvre avec joie Twenty Times A Day ou Peniciline qui a toujours cet esprit rock progressif qui me parle beaucoup.

Elle décide de recommencer le morceau Reptile avec de plates excuses parce qu’elle a l’impression de s’être plantée et qu’elle ne veut pas partir en vacances avec cette erreur sur le cœur. Elle salue au passage la production et son manager avec un petit sourire à la fois gênée et ironique qui fera rire le public. C’est ce côté décontracté, décomplexé qu’on apprécie chez elle. Cette faculté à prendre les choses simplement, parfois pas trop au sérieux, avec une légèreté déconcertante. Izia partage sa musique avec un plaisir non dissimulé et une sincérité qui fait qu’on lui pardonne tout et qu’on en redemande. Du coup Reptile est encore plus fun et plus dynamique au deuxième essai. Elle poursuit brillamment avec Disco Ball et tout le monde se déchaîne.

Puis vient l’heure du rappel qui ne se fait pas attendre. Après quelques échanges avec ses potes dans le public, Izia repart sur une chanson plus douce, Silence Radio, plutôt planante et un morceau au piano-voix, You, qui ne tarde pas à prendre un peu de vitesse. Elle interpelle de nouveau le public et demande si Orelsan est dans le coin ? Est-ce qu’il traîne au bar ? Elle lui demande de la rejoindre sur scène pour chanter Les Ennuis avec elle. Le chanteur arrive et même s’ils ne sont pas très au point, c’est une surprise de les entendre en duo.

Elle ne partira pas sans un petit Let me Alone tant attendu que tout le monde accueillera avec des hurlements d’enthousiasme et reprendra en chœur avec elle.

C’est un virage musical très électro que nous propose Izia mais avec un dérapage contrôlé juste au bord de la scène pour ne pas tomber. Un pur moment de folie en live, un gros délire qu’on partage entre potes.

Izia sera présente sur de nombreux festivals dont celui des Papillons de Nuit et aux Solidays ! Donc pas d’excuses, vous pourrez largement vous rattraper. Et pour ceux qui préfèrent l’ambiance des salles de concert, elle sera au Casino de Paris les 13 et 14 octobre.

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