[Interview] LITTLE BIG : le rose est une couleur trash

[Interview] LITTLE BIG : le rose est une couleur trash

Frange rose, tatouages, chibres roses fluorescents projetés sur scène, Little Big déclare dans son micro « We are Little Big, we are coming from mother Russia, you know what I mean ». Et si on ne le sait pas, on ne tarde pas à l’apprendre. Souvent comparé au groupe sud-africain Die Antwoord, Little Big a su se former une identité forte dans le milieu musical en exploitant l’imagerie russe traditionnelle, et en s’amusant comme des fous. 

Partis de Russie le jour même pour gagner la Fête du Bruit dans Landerneau et ses foules françaises, le groupe le plus trash du festival a parlé de sa musique en toute simplicité. Little Big a clôturé la deuxième nuit de la Fête du Bruit, en évoquant le sexe, les bombes, le punk, et le sexe dans leurs chansons. On a discuté avec le groupe le plus connu de la scène rave russe, de leur musique et de leur pays.

« On ne fait pas de provocation »

Bonsoir Little Big (il est plus de 23 h).

Ilya Prusikin (fait mine de balancer les fleurs posées sur la table devant lui) : Ah, je peux pas vous voir.

Commençons par la musique ! Quelles sont vos influences ?

Ilya Prusikin : Pro DJ, Nirvana, Radiohead… Presque que de la musique classique ! [rires] On écoute de la musique hollandaise aussi.

D’accord, et comment vous avez choper ce son assez unique ? 

[Le manageur du groupe traduisait aux membres du groupe qui répondaient en russe. Les réponses aux questions sont une synthèse des réponses de Ilya Prusikin, Sergey Makarov, Sophia Tayurskaya, Anton Lissov et du manageur, à droite sur la photo]

Le « son unique » est venu de lui-même, on ne sait pas trop comment. 

Vous réalisez vos morceaux suivant une réelle démarche artistique, ou pour provoquer ?

On ne fait pas ça pour provoquer. Ce qu’on sort, c’est ce qu’on veut faire. Ça semble plus compliqué que ça en à l’air. On a pas de but spécial.

Même Lollybomb ?

Lollybomb, c’est juste une histoire pour s’amuser il n’y a pas de contexte politique aux paroles et au clip. On avait besoin de raconter une histoire, et Kim Jung Hun était le personnage qui correspondait, alors c’est lui qu’on a mis en scène.

Quel est le clip que vous avez préféré tourner ? 

Faradenza.

« C’est bien plus compliqué de faire de la musique librement aux Etats-Unis qu’en Russie »

Quel est votre pire souvenir de tournée ?

Une fois, on a fait un concert en République Tchèque. Le nom de la ville où on jouait, en russe, ça veut dire « fuck ». Et tu sais quoi ? 5 personnes sont venues. Le concert était horrible.

Un meilleur souvenir de tournée peut-être, pour équilibrer la balance ?

Le manager : Je dirais une belle journée passée au bord de mer, à Marseille. On faisait un pique-nique, juste après le concert, on a vu le soleil se lever. On a de bons amis là-bas. D’ailleurs on a perdu le contact, alors si grâce à cette interview ils peuvent nous joindre sur Facebook ou par d’autres moyens… 

Nos meilleurs souvenirs sont en France. C’est dans votre pays qu’on fait le plus de concerts, après la Russie.

On parle souvent de la censure en Russie… Vous sentez-vous libres de vous exprimer avec votre musique ?

La scène underground russe est une des plus puissantes au monde. Mais elle exploite principalement le langage russe. En Russie, depuis 3 ans, ça devient plus facile de faire ce qu’on veut dans le domaine de la musique. Aux Etats-Unis par exemple, c’est bien plus compliqué, car il y a plus de contrôle.

Il n’y a pas de gros labels en Russie. 53 % du marché russe est indépendant, ce qui doit sembler assez dingue pour des européens.

Effectivement, c’est un chiffre conséquent… Little Big en trois mots ?

Fou ! Avec une âme. Et… Russe !

Découvrez le clip de Faradenza !

Little Big a sorti la première partie de l’album Antipositive ce printemps. La seconde partie est prévue pour le mois d’octobre. 

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