Hozier, le premier album d’Hozier

Hozier, le premier album d’Hozier

Nous avons beaucoup évoqué cet artiste sur Just Focus cette année et il semble s’imposer de plus en plus comme une des révélations de l’année 2014. Un jeune homme simple avec une sensibilité brute et touchante qui ne nous a pas laissé indifférent. Après un EP plus que prometteur, Hozier s’apprête à sortir son premier album, d’abord en Irlande le 19 septembre et, on l’espère, en France le 22 septembre. En voici un avant-goût.

Cet opus est définitivement blues, avec des nuances de Gospel, de soul et de folk. Il a été en parti produit par Rob Kirwan (PJ Harvey, U2).

PLAYLIST

1. Take Me To Church
2. Angel Of Small Death And The Codeine Scene
3. Jackie And Wilson
4. Someone New
5. To Be Alone
6. From Eden
7. In A Week (feat. Karen Cowley)
8. Sedated
9. Work Song
10. Like Real People Do
11. It Will Come Back
12. Foreigner’s God
13. Cherry Wine

Il s’ouvre sur le titre qui a fait connaître le jeune Andrew Hozier Byrne sur la toile et lors des festivals cet été : Take Me to Church. Cette chanson a été illustrée par un magnifique clip en noir et blanc sur l’homosexualité. Elle parle d’amour en utilisant à contre-emploi le thème religieux. C’est une très bonne entrée en matière, une chanson qui prend vite et dont l’élan lyrique du refrain donne des frissons. C’est à la foi le côté grandiose d’une messe et l’intimité d’une confession.

Angel of Small Death & The Codeine Scene est très animée. On est en plein gospel : ça groove, on a envie de frapper dans ses mains et de danser. Le solo de guitare est efficace, prenant ; la voix d’Hozier nous transporte. Et nous ne sommes qu’au deuxième titre.

Dans la chanson Jackie et Wilson, on est sur un blues aux sonorités plus rock. Ça accroche, avec cette guitare qui vient nous chatouiller, mais il y a toujours ses chœurs planants qui permettent de donner plus d’amplitude à la voix d’Hozier. On se laisse porter par ce rythme souple et joyeux.

Avec Someone New, on est plus dans de la soul. Ça coule simplement et on appréciera les changements de tonalités,  les variations rythmiques qui apportent une vibration particulière à cette ballade sans prétention.

To be Alone est certainement ma chanson préférée de l’album. Je l’avais découverte en acoustique sur Youtube, puis avait frissonné lorsque je l’avais entendue  en live en juin dernier au Nouveau Casino. La version proposée sur l’album est plus instrumentée, puisqu’une batterie accompagne la guitare et la voix d’Hozier. J’étais sceptique aux premiers coups de percussion, mais très rapidement, une image m’est venue en tête : l’origine du blues, les esclaves dans les champs de coton. Cet ajout donne une nouvelle intensité dramatique à cette chanson.

From Eden est le nom de l’EP d’Hozier que vous pouvez toujours acquérir en attendant la sortie de l’album. Un titre gai dont les paroles sont pourtant bien tourmentées. Hozier joue d’ailleurs beaucoup sur ce contraste et cette façon de composer et d’écrire fonctionne plutôt bien.

In a Week  est la première chanson en duo. Il l’interprète avec Karen Cowley. Leurs voix se mêlent avec harmonie et douceur. Il avait interprété cette chanson avec Alana Henderson lors de son concert à Paris. Elle parle des corps de deux amants suicidés. Les paroles sont très dures, mais la mélodie est sublime et empreinte d’une douce mélancolie.

Sedated est un des titres les plus récents et qui m’a le plus surpris : un vrai coup de cœur lorsque le clip est apparu sur la toile cet été. Il marche terriblement bien et m’a beaucoup touchée. Ce morceau est un peu plus pop folk, mais la musique est très entraînante et sa voix a toujours cette belle intensité même sur un registre musical plus simple.

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Work Song nous ramène de nouveau vers un chant gospel plus lent. Cette chanson pleine de lyrisme et son air caressant dégage beaucoup de sensualité. Une chanson d’amour douce et une déclaration empreinte d’un réalisme fort.

Dans Like Real People Do, Hozier flirt avec l’Appalachian folk. Il y a du son traditionnel là-dedans et cette ritournelle entêtante ressemble presque à une comptine ou une berceuse. Elle est ponctuée par ce chant de sirène lointain, cette voix si particulière d’Hozier lorsqu’il monte dans les aiguës.

It Will Come Back est un autre retour aux sources du Blues. Dès les premiers accords, on sent la complainte et le chant d’Hozier s’y accorde parfaitement. C’est le genre de morceau qui fait du bien, malgré la tonalité mineure. C’est pénétrant et presque aussi lancinant que du psyché rock. Les variations rythmiques rendent ce morceau particulièrement attrayant.

La chanson Foreigner’s God fait aussi partie des nouveautés. Un cri qui vient ponctuer l’album comme un nouveau souffle.

Sur fond de chant d’oiseau, Cherry Wine, conclue l’album en douceur, avec une chanson folk en acoustique. Guitare et voix, simplicité et grâce.

La version Deluxe de l’album aura 4 titres supplémentaires, qu’on pouvait écouter, pour certains, sur l’EP :

1. In The Woods Somewhere
2. Run
3. Arsonist’s Lullaby
4. My Love Will Never Die

Ce jeune romantique à la voix captivante a réussi à nous enchanter et ce premier album est une réussite. Il démontre aussi bien ses qualités indéniables de storyteller que de chanteur de blues moderne. On sent aussi la forte influence de ses origines dans ses choix de thématique, sa façon de chanter et ses arrangements. Un nuage d’Irlande dans le blues.

Hozier partira en tournée aux Etats Unis dès le mois d’octobre et une première date en France vient d’être annoncée : il se produira à Paris au Trabendo le 29 novembre prochain.

1 Comment on this Post

  1. Les articles donnent toujours autant envie de découvrir les artistes présentés et celui ci particulièrement

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