Fakear aux Solidays 2015

Fakear aux Solidays 2015

C’est dans la douce chaleur du dimanche après-midi que nous avons rencontré Fakear au Solidays 2015. Un jeune homme charmant, plutôt à l’aise et d’une modestie qui fait plaisir à voir et entendre. Confidence à l’ombre de l’espace presse, de l’étoile montante de l’électro française.

Souriant, sous une tignasse en bataille et un air un peu candide, Fakear fait preuve d’une belle maturité !

Propulsé depuis l’année dernière dans les premiers rangs de l’électro française, ce jeune homme a su garder la tête sur les épaules et savoure son premier Solidays. Nous avons eu l’opportunité d’échanger avec lui lors d’une conférence de presse détendue.

Tout d’abord, il s’exprime sur la chance qu’il a de pouvoir participer à un tel événement et d’être porteur à son tour d’une cause importante. C’est un honneur pour lui de se retrouver auprès d’artistes incroyables pour passer un message d’espoir auprès des malades du virus du SIDA. Il souhaite que cette édition apporte suffisamment de fonds pour trouver des solutions à la maladie et que la sensibilisation soit importante.

Fakear nous raconte ensuite comment il est passé d’une année 2014 en solitaire, assez difficile et qui a entraîné pas mal de questions, à un début de tournée en 2015 entouré par des musiciens rencontrés au fil du temps. Moins seul, l’ambiance est désormais plus agréable sur la route et lui procure moins de pression. La composition se fait aussi dans ce cadre avec plus de feeling et une dimension plus humaine qu’il lui manquait. Il explique sa volonté de faire un concert un peu moins électro et on comprend pourquoi des instruments acoustiques et électriques sont venus se greffer sur son nouveau show.

Habitué à des Djset très spontané avec une setlist parfois aléatoire, au grand désarrois des équipes techniques, il favorise désormais un programme plus cadré qui arrange tout le monde. Cette nouvelle contrainte vient aussi de l’ajout des musiciens. Il veut leur laisser une part d’expression au sein de ses concerts et, techniquement, cela demande un peu plus de préparation.

Il travail toujours sur son premier album. Il a passé pas mal de temps à jeter à la poubelle des compositions dont il n’était pas satisfait, ayant des difficultés à trouver le processus de création le mieux adapté pour lui. Il s’était fixé des deadlines qu’il n’a pas respecté. Aujourd’hui l’album est presque prêt. Il reste la partie de mixage ô combien importante et qui va être retardée cet été par sa participation aux festivals.

Pendant la conférence, la cérémonie du Patchwork des Noms a lieu sur la scène Paris et on entend au loin une bande son passant David Bowie – Space Oddity… Fakear se déconcentre… il aime cette chanson et les autres qui suivront, soulignant que le choix des musiques est vraiment super !

Il revient sur la composition de son album qu’il a réfléchi sur plusieurs axes. Au départ il le voulait inspiré par ses lives, puis s’est résigné. En définitive, il veut garder sa spontanéité et faire un premier album sans ambition, plus simple et généreux. On sent en tout cas qu’il est sur la bonne voie.
Il a décidé de faire cet album de bout en bout. C’est son bébé ! On y retrouve pas mal de sample et de son d’inspiration japonaise (comme dans ses derniers EP). Son voyage au pays du soleil levant l’a marqué. Il aime l’esthétique du Less is More et espère l’appliquer au mieux à sa musique.
Aujourd’hui, il estime composer un morceau en 4h avec le moins de pression possible. Il laisse ensuite décanter son travail avant d’y revenir 2 semaines plus tard. Là, il finalise les petits détails. Il se rend compte qu’il devient plus perfectionniste au fil de la composition.
Pour le choix de ces sons, il va parfois piocher dans les cd de musique new age ou de relaxations, ceux qu’on trouve chez Nature & Découverte par exemple. Il les décortique, les décompose, parfois les déconstruits et leur donne une nouvelle identité avant de les utiliser.

On sait qu’il y a eu des collaborations, notamment avec Thylacine et on se demande si elles pourraient aboutir à quelque chose, mais Fakear confesse qu’aucun d’entre eux n’a le temps et qu’ils gèrent tant bien que mal leurs projets perso en premier lieu. Ils ont la chance de se croiser parfois, mais n’envisage pas encore de prolonger ces projets communs, même si l’idée est plus que séduisante !

Difficile se de projeter pour l’année 2016. Fakear sait qu’il va falloir porter son album. Mais pour l’instant, il savoure. Tant que le présent va bien, il ne s’inquiète pas trop pour l’avenir. Mais il reste attentif.

Il prépare des surprises pour l’Olympia mais ne veut pas en dire plus.

Lorsqu’on lui demande sa playlist du moment, il nous cite des sons de l’été : Subtrack, Major Lazer, Chet Faker… et surtout Bonobo qui ne quitte jamais sa playlist et dont il est fan. Un de ses plus beaux souvenirs est d’ailleurs d’avoir pu faire leur première partie en solo et d’avoir été félicité à la fin de son DJset. Il tente de rester en contact depuis.

Aujourd’hui il essaye de ne pas angoisser. Il y a pas mal de dates à venir mais c’est rassurant de revoir des visages souriant et accueillant sur sa route. Il a plus de repères aussi que l’année précédente.

Lorsqu’on lui demande s’il y a des projet avec le cinéma à venir, il ne veut pas trop en dévoiler parce que ce sont des informations secrètes. Il annonce simplement qu’il a été sollicité, qu’il a eu de vrais coups de cœur pour des projets auxquels il espère participer (si le temps le lui permet), que certains de ces morceaux pourraient être utilisés et qu’il pourrait même composer dans ce cadre. Par ailleurs il a aussi eu des propositions de collaboration à Londres notamment avec des apparitions flash lors de soirées confidentielles. Mais pas un nom ne sortira : Motus et bouche cousue !

Ce soir, il annonce que le show sera beau, avec de nouvelles lumières. Qu’il a malgré tout un peu la pression parce que l’enjeu est de taille (assurer un festival de cette taille !!!). Il finit par un petit message pour le public de Solidays :

Et ce fut le cas. Il y avait du monde sous le dôme et l’ambiance était démentielle. Beaucoup d’engouement et une vrai participation de la part du public. Comme quoi, la simplicité paye et la modestie de Fakear a su toucher tous les cœurs. On lui souhaite de garder cette belle âme généreuse et spontanée…

Et surtout plein de réussite pour la suite !

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